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Le Kitáb-i-Aqdas

1

LE TRÈS-SAINT-LIVRE AU NOM DE CELUI QUI EST LE MAÎTRE SUPRÊME DE TOUT CE QUI A ÉTÉ ET DE TOUT CE QUI SERA.

Le premier devoir que Dieu prescrit à ses serviteurs est de reconnaître celui qui est l’Aurore de sa révélation, la Fontaine de ses lois, et qui représente la Divinité à la fois dans le royaume de sa cause et dans le monde de la création. Quiconque accomplit ce devoir atteint au bien souverain et quiconque s’en prive s’égare, même s’il accomplit toutes les bonnes actions possibles. Il convient à tous ceux qui atteignent ce rang sublime, cette cime de gloire transcendante, d’observer chaque ordonnance de celui qui est le Désir du monde. Ces devoirs jumeaux sont inséparables. L’un est inacceptable sans l’autre. Ainsi en décide celui qui est la Source de l’inspiration divine.

2

Ceux que Dieu a dotés de discernement reconnaîtront volontiers que les préceptes qu’il a établis constituent les moyens suprêmes pour maintenir l’ordre dans le monde et assurer la sécurité des peuples. Celui qui s’en détourne est compté parmi les êtres misérables, les insensés. En vérité, nous vous commandons de ne pas céder aux impulsions de vos passions mauvaises, de vos désirs corrompus et de ne pas dépasser les limites fixées par la Plume du Très-Haut, car elles sont le souffle de vie pour toutes choses créées. Les océans de la sagesse et de la parole divines s’agitent sous le souffle de la brise du Très-Miséricordieux. Hâtez-vous d’étancher votre soif, ô hommes d’entendement. Ceux qui rompent l’alliance de Dieu en violant ses commandements et qui tournent les talons se trompent gravement aux yeux de Dieu, le Possesseur de toutes choses, le Sublime.

3

Ô peuples du monde, sachez avec certitude que mes commandements sont les lampes de ma sollicitude parmi mes serviteurs, les clés de ma miséricorde pour mes créatures. Ainsi vous sont-ils envoyés du ciel de la volonté de votre Seigneur, le Seigneur de la révélation. Si un homme goûtait à la douceur des paroles que les lèvres du Très-Miséricordieux décident de prononcer, il renoncerait à tous les trésors de la terre, s’il les possédait, pour pouvoir défendre la vérité d’un seul de ses commandements qui brillent à l’orient de sa généreuse sollicitude et de sa tendre bonté.

4

Dis : De mes lois, s’élève le doux parfum de mon vêtement et, grâce à elles, les étendards de la victoire seront plantés sur les cimes les plus élevées. Du ciel de ma gloire omnipotente, la Langue de mon pouvoir adresse ces paroles à ma création : « Observez mes commandements pour l’amour de ma beauté ». Heureux l’amant qui respire le divin parfum de son Bien-Aimé dans ces paroles imprégnées de l’arôme d’une grâce qu’aucune langue ne peut décrire. Par ma vie ! celui qui boit le vin choisi de l’équité, offert des mains de ma généreuse faveur, gravitera autour de mes commandements qui brillent à l’aurore de ma création.

5

Ne croyez pas que nous vous révélons un simple code de lois. Nous décachetons plutôt, avec les doigts du pouvoir, le vin de choix. De ceci porte témoignage ce que dévoile la Plume de la révélation. Méditez cela, ô hommes perspicaces.

6

Nous vous enjoignons de réciter une prière prescrite, accompagnée de neuf rak‘at, et de l’offrir à Dieu, le Révélateur des versets, le midi ainsi que le matin et le soir. Nous vous en dispensons d’un plus grand nombre comme l’ordonne le Livre de Dieu. Il est, en vérité, l’Ordonnateur, l’Omnipotent, l’Indépendant. Lorsque vous voulez faire cette prière, tournez-vous vers la Cour de ma très sainte présence, ce Lieu sacré dont Dieu fait le centre autour duquel circule l’Assemblée céleste et qu’il décrète être le Point d’adoration pour les habitants des cités de l’éternité, la Source du commandement pour tous ceux qui sont au ciel et sur la terre. Et lorsque le Soleil de vérité et de la parole se couchera, tournez vos visages vers ce Lieu que nous établissons pour vous. Il est, en vérité, le Tout-Puissant et l’Omniscient.

7

Tout ce qui est, existe par son décret irrésistible. Toutes les fois que mes lois apparaissent au ciel de ma parole, tel le soleil, elles doivent être fidèlement obéies de tous, même si mon décret devait fendre le ciel de toutes les religions. Il fait ce qu’il lui plaît. Il choisit, et nul ne peut discuter son choix. En vérité est aimé tout ce que lui, le Bien-Aimé, ordonne. Le Seigneur de toute la création en témoigne. Quiconque respire le parfum suave du TrèsMiséricordieux et reconnaît la source de cette parole, verra arriver avec joie les flèches de l’ennemi afin d’établir la vérité des lois de Dieu parmi les hommes. Heureux qui se tourne vers elles et comprend le sens de son décret péremptoire.

8

Nous avons exposé les détails de la prière prescrite dans une autre tablette. Heureux qui observe ce que lui ordonne celui qui règne sur toute l’humanité. Dans la prière pour les défunts, Dieu, le Révélateur des versets, a envoyé six invocations précises. Que celui qui sait lire récite ce qui est révélé pour précéder ces invocations ; quant à celui qui en est incapable, Dieu le dispense de cette exigence. Il est, en vérité, le Puissant, l’Indulgent.

9

La fourrure n’invalide pas votre prière, ni rien de ce que l’esprit a quitté, comme les os par exemple. Vous êtes libres de porter de la fourrure de zibeline, comme vous porteriez celle de castor, d’écureuil et d’autres animaux. La prohibition de son usage ne vient pas du Coran mais d’une idée fausse des religieux. Il est, en vérité, le TrèsGlorieux, l’Omniscient.

10

Nous vous ordonnons de prier et de jeûner dès le début de la maturité ; c’est un ordre de Dieu, votre Seigneur et le Seigneur de vos ancêtres. Par la grâce de sa présence, il en exempte les personnes qui sont affaiblies par la maladie ou par l’âge. Il est l’Indulgent, le Généreux. Dieu vous laisse libres de vous prosterner sur toute surface propre, car nous avons supprimé les limites fixées à ce sujet dans le Livre. Certes, Dieu sait ce dont vous ne savez rien. Que celui qui ne trouve pas d’eau pour les ablutions répète cinq fois les mots « Au nom de Dieu, le Très-Pur, le Très-Pur », et qu’ensuite il se livre à ses dévotions. Tel est l’ordre du Seigneur de tous les mondes. Dans les régions où les jours et les nuits s’allongent, que l’heure de la prière soit déterminée par les horloges ou par d’autres instruments qui marquent le passage des heures. Il est, en vérité, l’Interprète, le Sage.

11

Nous vous dispensons de l’exigence d’accomplir la prière des signes. En cas d’événements naturels effrayants, pensez à la puissance et à la majesté de votre Seigneur, celui qui entend et qui voit tout, et dites : « La souveraineté est à Dieu, le Seigneur du visible et de l’invisible, le Seigneur de la création. »

12

Il est ordonné que chacun individuellement accomplisse la prière prescrite. À l’exception de la prière pour les défunts, la pratique collective de la prière est abrogée. Il est, en vérité, Celui qui ordonne, le Très-Sage.

13

Dieu exempte les femmes qui ont leurs règles de la prière prescrite et du jeûne. Qu’elles louent plutôt Dieu après leurs ablutions, en répétant quatre-vingt-quinze fois entre le midi d’un jour et le suivant : « Glorifié soit Dieu, le Seigneur de splendeur et de beauté ». Ainsi en est-il décrété dans le Livre, si vous êtes de ceux qui comprennent.

14

Lorsqu’en voyage, vous vous arrêtez et vous vous reposez en quelque lieu sûr, prosternez-vous, hommes ou femmes, une seule fois pour chaque prière prescrite omise et dites en vous prosternant : « Glorifié soit Dieu, le Seigneur de puissance et de majesté, de grâce et de bonté ». Si vous ne pouvez le faire, dites seulement : « Glorifié soit Dieu » ; assurément cela vous suffira. Il est, en vérité, Celui qui suffit, l’Éternel, Celui qui pardonne, le Compatissant. Après vous être prosternés asseyez-vous en tailleur, hommes ou femmes, et répétez dix-huit fois : « Glorifié soit Dieu, le Seigneur des royaumes de la terre et du ciel ». Ainsi le Seigneur rend évidentes les voies de la vérité, les voies à suivre qui conduisent à une seule voie qui est ce sentier droit. Remerciez Dieu pour cette très gracieuse faveur ; offrez-lui vos louanges pour cette générosité qui embrasse les cieux et la terre, exaltez-le pour sa compassion qui pénètre toute la création.

15

Dis : Dieu a fait de mon amour caché la clé du Trésor, si vous pouviez le percevoir ! Sans cette clé, le Trésor resterait à jamais caché, si vous pouviez le croire ! Dis : Voici la Source de la révélation, l’Orient de la splendeur, dont l’éclat illumine les horizons du monde. Si vous pouviez le comprendre ! C’est, en vérité, ce décret immuable par lequel chaque décret irrévocable est établi.

16

Ô Plume du Très-Haut ! Dis : Ô peuple du monde, nous vous prescrivons de jeûner durant une brève période à l’issue de laquelle nous avons conçu pour vous la fête du Naw-Rúz. Ainsi le Soleil de la parole brille au-dessus de l’horizon du Livre comme le décrète le Seigneur du commencement et de la fin. Que les jours en surplus des mois soient placés avant le mois du jeûne. Nous décrétons que, de tous les jours et de toutes les nuits, ils sont les manifestations de la lettre Há, et c’est ainsi qu’ils ne sont pas comptés dans l’année et ses mois. Au cours de ces journées, il incombe au peuple de Bahá de faire bonne chère ; qu’ils partagent avec leur famille et, plus largement, avec les pauvres et les indigents, puis invoquent et glorifient leur Seigneur, chantent ses louanges et magnifient son nom dans la joie et l’allégresse. Et lorsque finissent ces jours de générosité qui précèdent la période d’abstinence, que pour eux commence le jeûne. Ainsi l’ordonne le Seigneur de toute l’humanité. Le voyageur, le malade, la femme enceinte ou qui allaite, ne sont pas tenus de jeûner ; Dieu les en dispense en signe de sa grâce. Il est, en vérité, le Tout-Puissant, le Très-Généreux.

17

Telles sont les ordonnances de Dieu inscrites par sa Plume très exaltée dans les Livres et les Tablettes. Attachezvous fermement à ses lois et à ses commandements, et ne soyez pas de ceux qui, en suivant leurs idées futiles et leurs vaines imaginations, s’accrochent aux règles qu’ils se sont eux-mêmes fixées, rejetant celles établies par Dieu. Abstenez-vous de nourriture et de boisson du lever au coucher du soleil et prenez garde à ce que le désir ne vous prive de cette grâce qui est prescrite dans le Livre.

18

Il est ordonné à chaque croyant en Dieu, le Seigneur du jugement, de répéter chaque jour quatre-vingt-quinze fois Alláh-u-Abhá en se tournant vers lui et en s’asseyant après s’être lavé les mains, puis le visage. Tel fut le décret du Créateur des cieux lorsqu’il s’installa, en majesté et puissance, sur le trône de ses noms. Faites les mêmes ablutions pour la prière prescrite, c’est le commandement de Dieu, l’Incomparable, l’Indépendant.

19

Il vous est interdit de commettre le meurtre ou l’adultère, de vous livrer à la médisance ou à la calomnie. Fuyez donc ce qui est prohibé dans les Tablettes et les Livres saints.

20

Nous avons divisé l’héritage en sept catégories : aux enfants, nous avons alloué neuf lots comprenant cinq cent quarante parts ; à l’épouse, huit lots comprenant quatre cent quatre-vingts parts ; au père, sept lots comprenant quatre cent vingt parts ; à la mère, six lots comprenant trois cent soixante parts ; aux frères, cinq lots, soit trois cents parts ; aux sœurs, quatre lots, soit deux cent quarante parts ; et aux éducateurs, trois lots, soit cent quatrevingts parts. Tel était le décret de mon précurseur, qui loue mon nom au cœur de la nuit et au lever du jour. Lorsque nous entendîmes les cris des enfants à naître, nous doublâmes leur part, diminuant celles des autres. En vérité, il a pouvoir d’ordonner ce qu’il désire et fait ce qui lui plaît en vertu de son pouvoir souverain.

21

Si le défunt ne laisse pas de descendants, leurs parts reviendront à la maison de justice pour que les mandataires du Très-Miséricordieux les consacrent aux orphelins, aux veuves et à tout ce qui bénéficiera à l’ensemble des gens. Que tous ainsi remercient leur Seigneur, le Très-Clément, Celui qui pardonne !

22

Si le défunt laisse des descendants, mais aucune autre catégorie d’héritiers mentionnée dans le Livre, ils recevront deux tiers de l’héritage, et le tiers restant reviendra à la maison de justice. Ainsi l’ordonne, avec majesté et gloire, le Possesseur de toutes choses, le Très-Haut.

23

Si le défunt ne laisse aucun des héritiers spécifiés, mais compte parmi ses parents des neveux et des nièces, que ce soit du côté de son frère ou de sa sœur, ceux-ci recevront deux tiers de l’héritage ; ou, à défaut, ses oncles et ses tantes, paternels ou maternels et après eux, leurs fils et leurs filles. Le tiers restant de l’héritage reviendra dans tous les cas au siège de justice. Voilà ce qui est inscrit dans le Livre par celui qui règne sur tous les hommes.

24

Si aucun de ceux dont le nom fut inscrit par la Plume du Très-Haut ne survit au défunt, ses biens reviendront, en totalité, au siège mentionné ci-dessus afin qu’ils soient dépensés pour ce que Dieu a prescrit. Il est, en vérité, Celui qui ordonne, l’Omnipotent.

25

Nous attribuons la résidence et les vêtements personnels du défunt à la descendance masculine, et non à la descendance féminine ou aux autres héritiers. Il est, en vérité, le Munificent, le Très-Généreux.

26

Dans le cas où le fils du défunt décède du vivant de son père et laisse des enfants, ceux-ci héritent de la part de leur père, comme prescrit dans le Livre de Dieu. Que cette part soit divisée entre eux en toute justice. Ainsi s’enflent les flots de l’océan de la parole libérant les perles des lois décrétées par le Seigneur de toute l’humanité.

27

Si le défunt laisse des enfants mineurs, leur part d’héritage doit être confiée à un mandataire sûr, ou à une société, afin qu’elle soit investie en leur nom dans le commerce et les affaires jusqu’à leur majorité. En paiement de cette tâche, le mandataire devra recevoir la juste part du profit résultant de cet investissement.

28

Le partage des biens ne devrait s’effectuer qu’après avoir payé le h∂uqúqu’lláh, remboursé toutes les dettes, couvert les frais des funérailles et d’inhumation, et constitué une provision pour que le défunt puisse être conduit à son lieu de repos avec honneur et dignité. Ainsi l’ordonne celui qui est le Seigneur du commencement et de la fin.

29

Dis : Ceci est le savoir caché qui ne changera jamais, car il commence par le chiffre neuf, symbole qui représente le nom caché et manifeste, inviolable et incommensurablement exalté. Quant à ce que nous accordons aux enfants, c’est une faveur que leur confère Dieu afin qu’ils puissent remercier leur Seigneur, le Compatissant, le Clément. Ce sont, en vérité, les lois de Dieu ; ne les transgressez pas en suivant vos désirs égoïstes et vils. Suivez les injonctions que vous impose celui qui est l’Orient de la parole. Ceux qui parmi ses serviteurs sont sincères, considéreront les préceptes énoncés par Dieu comme l’eau de la vie pour les fidèles de toutes les croyances, et la lampe de sagesse et d’affectueuse providence pour tous les habitants de la terre et du ciel.

30

Le Seigneur ordonne qu’en chaque ville soit établie une maison de justice où se réuniront des conseillers au nombre de Bahá, et peu importe que ce nombre soit dépassé. Ils devraient avoir le sentiment d’entrer en la cour de la présence de Dieu, le Suprême, le Très-Haut, et de contempler celui qui est l’Invisible. Il leur incombe d’être les gens de confiance du Miséricordieux parmi les hommes et de se considérer comme les protecteurs désignés par Dieu de tous ceux qui demeurent sur la terre. Ils sont tenus de se consulter et de prendre soin, par amour pour Lui, des intérêts des serviteurs de Dieu, comme ils le font pour leurs propres intérêts, et de faire les choix appropriés et convenables. C’est ainsi que vous l’ordonne le Seigneur, votre Dieu. Prenez garde de vous écarter de ce qui est clairement révélé dans sa Tablette. Craignez Dieu, ô vous qui comprenez.

31

Ô peuple du monde ! édifiez dans tous les pays des maisons d’adoration au nom de celui qui est le Seigneur de toutes les religions. Faites-les aussi parfaites qu’il est possible ici-bas et ornez-les de ce qui leur convient, sans image ni effigie. Puis, d’une joie radieuse, célébrez-y les louanges de votre Seigneur, le Très-Compatissant. En vérité, son souvenir réjouit les yeux et illumine le cœur.

32

Le Seigneur ordonne à ceux qui le peuvent, de se rendre en pèlerinage à la Maison sacrée. Dans sa miséricorde, il en a exempté les femmes. Il est vraiment le Très-Bienfaisant, le Très-Généreux.

33

Ô peuple de Bahá ! il incombe à chacun de vous de s’engager dans une occupation telle que l’artisanat, le commerce ou toute autre activité. Nous élevons votre engagement dans un tel travail au rang de l’adoration du seul vrai Dieu. Réfléchissez, ô peuple, à la grâce et aux bénédictions de votre Seigneur, et remerciez-le soir et matin. Ne gaspillez pas vos heures dans l’oisiveté et la paresse, mais consacrez-vous à ce qui vous profitera, à vous et aux autres. C’est ce qui est décrété dans cette Tablette à l’horizon de laquelle brille le soleil de la sagesse et de la parole. Aux yeux de Dieu, les hommes les plus méprisables sont ceux qui s’assoient pour mendier. Tenez-vous fermement à la corde des ressources et placez votre confiance en Dieu, celui qui pourvoit à tout.

34

Baiser la main est interdit dans le Livre. Cette pratique est prohibée par Dieu, le Seigneur de gloire et de commandement. Il n’est permis à personne de chercher l’absolution auprès d’un autre. Que le repentir soit entre vous-même et Dieu ! En vérité, il est Celui qui pardonne, le Bienfaisant, le Clément, celui qui absout le repentant.

35

Ô serviteurs du Miséricordieux ! Levez-vous pour servir la cause de Dieu, en sorte que les soucis et les chagrins causés par ceux qui n’ont pas cru en l’Aurore des signes de Dieu ne vous affligent. Au temps où la promesse fut accomplie et le Promis rendu manifeste, des différends s’élevèrent au sein des phratries de la terre, et chaque peuple suivit sa fantaisie et ses vaines imaginations.

36

Parmi les hommes, il y a celui qui s’assied près de la porte, au milieu des sandales, alors qu’en son cœur, il convoite la place d’honneur. Dis : Quelle sorte d’homme es-tu, être vain et inconscient qui veut paraître différent de ce que tu es ? Et parmi les hommes, il y a celui qui prétend à la connaissance intérieure, et même à une connaissance plus profonde cachée dans celle-ci. Dis : Tu mens ! Par Dieu, tu ne possèdes que les restes que nous t’avons laissés, comme on abandonne des os aux chiens. Par la justice du seul vrai Dieu ! s’il se trouvait quelqu’un pour laver les pieds de tous les hommes, pour adorer Dieu dans les forêts et les vallées, sur les collines, les montagnes et les pics élevés, prenant à témoin de son adoration les rochers, les arbres, les mottes de terre, et si, malgré cela, cette personne n’exhalait point les parfums de mon bon plaisir, ses œuvres ne seraient jamais acceptables aux yeux de Dieu. Ainsi en décrète celui qui est le Seigneur de tous. Combien d’hommes vivent reclus dans les régions de l’Inde, se refusant les choses que Dieu a décrétées licites, s’imposant austérités et mortifications, et dont Dieu, le Révélateur des versets, ne se souvient point ? Ne faites pas de vos actes des nasses pour piéger l’objet de votre aspiration et ne vous privez pas de cet objectif ultime qui est toujours le désir de tous ceux qui s’approchent de Dieu. Dis : L’existence même de tout acte est mon bon plaisir et tout dépend de mon acceptation. Lisez les Tablettes afin de connaître les intentions que traduisent les Livres de Dieu, le TrèsGlorieux, l’éternel Bienfaisant. Celui qui gagne mon amour méritera un trône d’or et s’y assoira en majesté, dominant le monde entier ; quant à celui qui en est privé, même s’il s’assied dans la poussière, c’est la poussière qui cherchera refuge en Dieu, le Seigneur de toutes les religions.

37

Quiconque prétend à une révélation directe de Dieu avant l’expiration de mille ans révolus est, assurément, un imposteur et un menteur. Nous prions Dieu de l’aider par sa grâce à se rétracter et à désavouer pareille prétention. S’il se repent, Dieu lui pardonnera sans nul doute. Si toutefois il s’obstine dans son erreur, Dieu enverra certainement celui qui le traitera sans miséricorde. Certes, Dieu est terrible dans son châtiment. Quiconque donne à ce verset une signification autre que celle qu’il offre de toute évidence est privé de l’Esprit de Dieu et de sa miséricorde qui embrasse toutes choses créées. Craignez Dieu et ne suivez pas vos vaines imaginations. Suivez plutôt le commandement de votre Seigneur, le Tout-Puissant, le Très-Sage. Avant longtemps s’élèveront de partout des clameurs. Évitez-les, ô mon peuple, et ne suivez ni les iniques ni les malveillants. C’est de cela que nous vous avions averti, lorsque nous résidions en Irak puis, plus tard, lorsque nous étions en Terre du mystère et maintenant depuis ce lieu resplendissant.

38

Ô peuples du monde ! ne soyez pas désemparés quand se couchera l’Astre de ma beauté et que le ciel de mon tabernacle se dérobera à vos yeux. Levez-vous pour faire avancer ma cause et pour exalter ma parole parmi les hommes. Nous sommes en tout temps avec vous et nous vous fortifierons par le pouvoir de la vérité. Nous sommes, en vérité, tout puissant. Quiconque m’a reconnu se lèvera et me servira avec une telle résolution que les forces de la terre et du ciel seront incapables de faire échouer son dessein.

39

Les peuples du monde sont profondément endormis. S’ils sortaient de leur léthargie, ils s’empresseraient avec ardeur vers Dieu, l’Omniscient, le Très-Sage. Ils rejetteraient tout ce qu’ils possèdent, fut-ce même tous les trésors de la terre, afin que leur Seigneur se souvienne d’eux au point de leur adresser ne serait-ce qu’un mot. Tel est le conseil que vous donne celui qui possède la connaissance des choses cachées dans une tablette que l’œil de la création n’a point vue et qui n’est révélée à personne d’autre qu’à son propre Soi, l’omnipotent Protecteur de tous les mondes. Ils sont si désorientés par l’ivresse de leurs désirs mauvais qu’ils sont impuissants à reconnaître le Seigneur de tout être, dont la voix clame de toutes parts : « Il n’est d’autre Dieu que moi, le Puissant, le TrèsSage ».

40

Dis : Ne vous réjouissez pas des choses que vous possédez. Ce soir, elles sont à vous ; demain, d’autres les posséderont. Ainsi vous en avertit l’Omniscient, celui qui est informé de tout. Dis : Pouvez-vous affirmer que vos possessions sont durables ou en sécurité ? Non ! Par moi-même, le Très-Miséricordieux, vous ne le pouvez, si vous êtes de ceux qui jugent équitablement. Les jours de votre vie s’enfuient comme un souffle de vent, et toute votre pompe et votre gloire seront réduites à néant comme l’ont été la pompe et la gloire de ceux qui vous ont précédés. Réfléchissez, ô peuple ! Qu’est-il advenu de vos jours passés et de vos siècles perdus ? Heureux les jours consacrés au souvenir de Dieu, et bénies les heures passées à louer celui qui est le Très-Sage. Par ma vie ! ni la pompe du puissant ni la fortune du riche ni même l’ascendant pris par l’impie ne dureront. Sur un mot de lui, tous périront. Il est, en vérité, l’Omnipotent, l’Irrésistible, le Tout-Puissant. Quel avantage retirent les hommes des choses terrestres qu’ils possèdent ? Ce qui leur profitera, ils l’ont complètement négligé. D’ici peu, ils sortiront de leur sommeil et se découvriront incapables d’obtenir ce qui leur a échappé aux jours de leur Seigneur, l’Omnipotent, le Magnifié. Si seulement ils le savaient, ils renonceraient à tout leur avoir pour que leurs noms soient mentionnés devant son trône. En vérité, ils sont comptés parmi les morts.

41

Parmi les hommes, il y a celui qui s’enorgueillit de son savoir, ce qui l’a privé de reconnaître mon nom, l’Absolu, et celui qui, entendant le bruit des pas qui le suivent, s’enfle de sa propre estime plus encore que Nemrod. Dis : Ô toi l’éconduit ! Où demeure-t-il maintenant ? Par Dieu, dans le feu des enfers. Dis : Ô assemblée de religieux ! N’entendez-vous point le crissement aigu de ma Plume sublime ? Ne voyez-vous point ce Soleil brillant d’un éclat resplendissant au-dessus du très glorieux horizon ? Jusqu’à quand adorerez-vous les idoles de vos passions mauvaises ? Abandonnez vos vaines imaginations et tournez-vous vers Dieu, votre Seigneur éternel.

42

Les dotations consacrées aux œuvres de bienfaisance reviennent à Dieu, le Révélateur des signes. Nul n’a le droit d’en disposer sans la permission de celui qui est l’Orient de la révélation. Après lui, cette autorité passera aux Aghs∂án et, après eux, à la Maison de Justice – si elle est alors établie dans le monde – afin qu’ils puissent en user au profit des lieux qui sont exaltés dans cette cause, et pour tout ce que leur enjoint celui qui est le Dieu de puissance et de pouvoir. Sinon, les dotations reviendront au peuple de Bahá, ceux qui ne parlent qu’avec sa permission, et qui ne jugent qu’en accord avec ce que Dieu décrète dans cette Tablette – voyez, ils sont les champions de la victoire entre ciel et terre – afin qu’ils en usent de la manière indiquée dans le Livre par Dieu, le Puissant, le Généreux.

43

Ne vous lamentez pas dans vos heures d’épreuves ; ne vous en réjouissez pas non plus. Cherchez le juste milieu, qui est de se souvenir de moi en période d’afflictions et de réfléchir à ce qui peut vous arriver dans l’avenir. Ainsi vous en avertit celui qui est l’Omniscient, Celui qui sait.

44

Ne vous rasez pas la tête ; Dieu l’a ornée de cheveux. En cela il y a des signes du Seigneur de la création pour ceux qui réfléchissent aux exigences de la nature. Il est, en vérité, le Dieu de force et de sagesse. Néanmoins, il n’est pas convenable de laisser les cheveux dépasser la limite des oreilles. Ainsi le décrète le Seigneur de tous les mondes.

45

Exil et emprisonnement sont décrétés pour le voleur et, au troisième délit, placez une marque sur son front afin qu’ainsi identifié, il ne soit admis ni dans les villes ni dans les pays de Dieu. Prenez garde que la compassion ne vous rende négligents dans l’application des dispositions de la religion de Dieu ; faites ce qui vous est commandé par celui qui est compatissant et miséricordieux. Nous vous éduquons par la verge de la sagesse et des lois, comme le père éduque son fils, pour rien d’autre que la protection de votre être propre et l’élévation de votre état. Par ma vie, si vous découvriez ce que nous avons désiré pour vous en révélant nos saintes lois, vous offririez jusqu’à vos âmes pour cette foi sacrée, puissante et très élevée.

46

Qui souhaite se servir de vaisselle d’argent ou d’or est libre de le faire. Gardez-vous, en partageant de la nourriture, de plonger les mains dans les plats. Adoptez les usages les plus raffinés. Il désire vraiment voir en vous les manières des habitants du paradis dans son royaume puissant et sublime. En toutes circonstances, soyez raffinés ; que vos yeux soient préservés de ce qui est répugnant, tant pour vous que pour les habitants du paradis. Si quelqu’un s’en écarte, alors son acte deviendra vain ; pourtant, s’il a de bonnes raisons, Dieu l’excusera. Il est, en vérité, le Clément, le Très-Bienfaisant.

47

Lui qui est l’Orient de la cause de Dieu n’a pas de partenaire dans la Très-Grande-Infaillibilité. C’est lui qui est dans le royaume de la création la manifestation de « Il fait tout ce qu’il veut ». Dieu a réservé cette distinction à son propre Soi, et il a ordonné que personne ne partage un rang si transcendant et si sublime. C’est le décret de Dieu, caché jusqu’ici sous le voile d’impénétrable mystère. Nous le divulguons dans cette révélation, déchirant ainsi les voiles de ceux qui n’ont pas su reconnaître ce qui est écrit dans le Livre de Dieu, et qui sont comptés parmi les négligents.

48

À chaque père, il est enjoint d’instruire son fils et sa fille dans l’art de lire et d’écrire et dans tout ce qui est prescrit en la sainte Tablette. S’il néglige de faire ce qui lui est commandé, les mandataires devront, s’il est riche, lui retirer ce qui est nécessaire à cette instruction et, s’il ne l’est pas, la question reviendra à la maison de justice. En vérité, nous en avons fait un abri pour les pauvres et les indigents. Celui qui élève son fils ou le fils d’un autre, c’est comme s’il avait élevé l’un de mes fils ; sur lui reposent ma gloire, mon affectueuse bonté et ma miséricorde qui enveloppent le monde.

49

Dieu impose à celui ou à celle qui commet l’adultère une amende à payer à la maison de justice : neuf mithqál d’or, à doubler en cas de récidive. Telle est la sanction que celui qui est le Seigneur des noms leur a fixée dans ce monde ; et, dans le monde à venir, il a ordonné pour eux un tourment humiliant. Si quelqu’un est affligé d’un péché, il convient qu’il s’en repente et revienne vers son Seigneur. En vérité, il pardonne à qui il veut, et nul ne peut contester ce qu’il lui plaît d’ordonner. Il est vraiment Celui qui toujours pardonne, le Tout-Puissant, le TrèsLoué.

50

Veillez à ce que les voiles de gloire ne vous empêchent de prendre votre part des eaux cristallines de cette Fontaine vivante. En cet instant de l’aube, saisissez le calice du salut au nom de celui qui fait se lever le jour, et buvez votre content en louant celui qui est le Très-Glorieux, l’Incomparable.

51

Nous rendons licite l’écoute de la musique et du chant. Prenez garde, cependant, que cette écoute ne vous fasse dépasser les limites de la convenance et de la dignité. Que votre joie soit cette joie née de mon Plus-Grand-Nom, un nom qui ravit le cœur et remplit d’extase l’esprit de tous ceux qui se sont approchés de Dieu. En vérité, nous avons fait de la musique une échelle pour votre âme, l’instrument pour l’élever jusqu’au royaume d’en haut. N’en faites pas des ailes pour l’égoïsme et la passion. Vraiment, nous répugnons à vous voir comptés au nombre des sots.

52

Nous décrétons qu’un tiers de toutes les amendes iront au Siège de justice, et nous exhortons ses hommes d’appliquer une pure justice, afin de dépenser ce qui est ainsi accumulé pour les desseins qui leur sont prescrits par celui qui est l’Omniscient, le Très-Sage. Ô vous hommes de justice ! soyez, dans le royaume de Dieu, des bergers pour ses brebis et, comme vous le feriez pour vos propres fils, gardez-les des loups féroces dissimulés sous un déguisement. Ainsi vous exhorte le Conseiller, le Loyal.

53

Si des différends s’élevaient parmi vous, quel qu’en soit le sujet, soumettez-les à Dieu tant que le Soleil brille au-dessus de l’horizon de ce ciel et, lorsqu’il sera couché, référez-vous à ce qu’il a révélé. En vérité, cela suffit aux peuples du monde. Dis : Ô peuple, quand vous sera retirée la gloire de ma présence, quand cessera de s’agiter l’océan de ma parole, que votre cœur ne se trouble point. En ma présence parmi vous il est une sagesse et il en est une autre en mon absence, impénétrables à tout autre qu’à Dieu, l’Incomparable, l’Omniscient. En vérité, nous vous voyons depuis notre royaume de gloire et celui qui se lèvera pour faire triompher notre cause nous l’assisterons des armées de l’Assemblée céleste et d’une milice choisie de nos anges.

54

Ô peuples de la terre ! Dieu, l’éternelle Vérité, m’est témoin qu’une eau fraîche jaillit du rocher et s’épanche à travers la tendresse des paroles de votre Seigneur, l’Indépendant, et cependant vous restez endormis ! Jetez ce que vous possédez, et sur les ailes du détachement, élancez-vous au-delà de toutes choses créées. Ainsi vous l’ordonne le Seigneur de la création qui, par le mouvement de sa plume, révolutionne l’âme des hommes.

55

Soupçonnez-vous les hauteurs d’où votre Seigneur, le Très-Glorieux, vous appelle ? Pensez-vous avoir reconnu la plume avec laquelle votre Seigneur, le Seigneur de tous les noms, vous donne ses ordres ? Non, par ma vie ! si vous le saviez, vous renonceriez au monde et vous vous hâteriez de tout votre cœur d’accéder à la présence du Bien-Aimé. Votre esprit serait saisi d’un tel transport par sa parole que le monde d’en haut en serait ébranlé et combien plus votre misérable petit monde ! Ainsi, du ciel de ma tendre bonté, les pluies de mes bienfaits se déversent en gage de ma générosité, afin que vous soyez de ceux qui rendent grâce.

56

Les peines encourues pour avoir frappé ou blessé quelqu’un, dépendent de la gravité de la blessure ; pour chaque degré, le Seigneur du jugement a prescrit une certaine indemnité. Il est, en vérité, Celui qui ordonne, le Puissant, le Suprême. Si telle est notre volonté, nous indiquerons le juste degré de ces paiements. C’est une promesse de notre part et, en vérité, il tient ses promesses, lui qui sait tout.

57

En vérité, nous vous enjoignons d’offrir une fête une fois par mois, même en ne servant que de l’eau, car Dieu a voulu unir les cœurs tant par des moyens terrestres que célestes.

58

Prenez garde que les désirs charnels et les inclinations corrompues ne créent la discorde entre vous. Soyez comme les doigts d’une main, comme les membres d’un même corps. Ainsi vous conseille la Plume de la révélation, si vous êtes de ceux qui croient.

59

Considérez la miséricorde de Dieu et ses dons. Il ne vous prescrit que ce qui vous est profitable, car lui, il peut bien se passer de toutes ses créatures. Vos mauvaises actions ne peuvent pas plus nous nuire que ne peuvent nous profiter vos bonnes œuvres. Et c’est uniquement pour l’amour de Dieu que nous vous adjurons de la sorte. De cela tout homme éclairé portera témoignage.

60

Si vous devez chasser à l’aide d’animaux ou d’oiseaux de proie, invoquez le nom de Dieu lorsque vous les lancez à la poursuite de leur proie. Ainsi, toute capture vous sera licite, quand bien même la proie serait morte entre-temps. Il est, en vérité, l’Omniscient, l’Informé. Pourtant, prenez garde de chasser à l’excès. Suivez en toute chose la voie de la justice et de l’équité. Ainsi vous commande celui qui est l’Orient de la révélation, si vous pouviez le comprendre.

61

Dieu vous commande de montrer de la bienveillance envers ma parenté, mais il ne lui donne aucun droit sur la propriété d’autrui. Il est, en vérité, celui qui se suffit à lui-même, au-dessus de tous les besoins de ses créatures.

62

Si quelqu’un détruit intentionnellement une maison par le feu, qu’il soit lui-même brûlé ! Si quelqu’un ôte délibérément la vie à un autre, qu’il soit lui-même mis à mort ! Attachez-vous de toute votre force et de tout votre pouvoir aux préceptes de Dieu, et abandonnez les voies de l’ignorant. Si vous condamnez l’incendiaire et le meurtrier à un emprisonnement à vie, les dispositions du Livre le permettent. Il a, en vérité, le pouvoir d’ordonner tout ce qui lui plaît.

63

Dieu vous prescrit le mariage. Prenez garde à ne pas prendre plus de deux épouses. Si un homme se contente d’une seule femme parmi les servantes de Dieu, lui et sa compagne vivront dans la tranquillité. Et celui qui prend une jeune fille à son service peut le faire sans manquer aux convenances. Tel est le commandement qui, avec justice et vérité, est consigné par la Plume de la révélation. Unissez-vous par les liens du mariage, ô peuple, afin de donner naissance à qui me mentionnera parmi mes serviteurs. Ceci est mon commandement à votre intention ; suivez-le, c’est une aide pour vous.

64

Ô peuple du monde ! ne suivez point les incitations de votre ego qui vous invite avec insistance à la méchanceté et à la convoitise. Suivez plutôt celui qui possède toutes choses créées, qui vous ordonne de faire preuve de piété et de manifester la crainte de Dieu. Il est, en vérité, indépendant de toutes ses créatures. Veillez à ne point fomenter la discorde dans un pays où l’ordre a été établi. Quiconque agit ainsi n’est pas de nous, et nous le rejetons. Tel est le commandement qui, par le pouvoir de la vérité, est manifesté du ciel de la révélation.

65

Il est ordonné dans le Bayán que le mariage dépende du consentement des deux parties. Désirant établir l’amour, l’unité et l’harmonie parmi nos serviteurs, nous l’avons conditionné, une fois connu le souhait du couple, à la permission de leurs parents, de peur que ne s’élèvent entre eux l’inimitié et la rancœur. Et, dans ceci, nous avons encore d’autres desseins. Ainsi le prescrit notre commandement.

66

On ne peut contracter mariage sans le paiement d’une dot qui est fixée à dix-neuf mithqál d’or pur pour les citadins, et d’argent pour les villageois. Il est interdit à celui qui souhaiterait augmenter cette somme de dépasser la limite de quatre-vingt-quinze mithqál. Ce commandement est consigné avec majesté et puissance. Cependant, s’il s’en tient au montant le moins élevé selon le Livre, ce sera mieux pour lui. En vérité, Dieu enrichit qui il veut à la fois par des moyens célestes et des moyens terrestres, et il a vraiment le pouvoir sur toutes choses.

67

Dieu décrète que, si l’un de ses serviteurs a l’intention de voyager, il doit fixer pour son épouse un temps pour son retour au foyer. S’il revient dans le temps promis, il aura obéi à l’ordre de son Seigneur et sera compté par la Plume de son commandement parmi les justes ; autrement, s’il a de bonnes raisons d’être en retard, il doit en informer sa femme et faire l’impossible pour revenir auprès d’elle. Si aucune de ces deux conditions n’est remplie, elle doit attendre neuf mois, après quoi, rien ne l’empêche de prendre un autre mari ; mais si elle attend plus longtemps, Dieu, en vérité, aime ces femmes et ces hommes qui font preuve de patience. Obéissez à mes ordres et ne suivez point les impies, ceux qui sont au nombre des pécheurs dans la sainte Tablette de Dieu. Si pendant sa période d’attente, elle recevait des nouvelles de son mari, elle devrait choisir la voie la plus louable. Vraiment, il désire que ses serviteurs et ses servantes vivent en paix les uns avec les autres ; prenez garde de ne rien faire qui engendre l’intransigeance entre vous. Ainsi est fixé le décret et accomplie la promesse. Cependant, si elle apprend le décès ou le meurtre de son mari, et que cette nouvelle est de notoriété publique ou confirmée par deux témoins dignes de foi, il convient qu’elle reste seule ; puis, à l’expiration du nombre de mois fixé, elle est libre d’adopter la voie de son choix. Tel est l’ordre de celui qui est puissant et fort dans son commandement.

68

Si ressentiment ou aversion naissait entre un mari et sa femme, il ne pourrait pas divorcer, mais devrait faire preuve de patience pendant une année entière dans l’espoir que le parfum de l’affection se renouvelle entre eux. Si, à la fin de cette période, leur amour n’est pas revenu le divorce peut avoir lieu. En vérité, la sagesse de Dieu embrasse toutes choses. Dans une épître écrite par la Plume de son commandement, le Seigneur a interdit la pratique à laquelle vous aviez précédemment recours lorsque vous divorciez trois fois d’une femme. C’est une faveur de sa part, afin que vous soyez comptés parmi ceux qui sont reconnaissants. Celui qui a divorcé de sa femme peut, chaque mois révolu, choisir de l’épouser à nouveau s’il y a affection mutuelle et consentement, à moins qu’elle ait pris un autre mari. Dans le cas où elle serait remariée, cette autre union confirmerait leur séparation, et l’affaire serait terminée sauf évidemment si les circonstances changeaient pour elle. Ainsi le décret est-il inscrit avec majesté dans cette glorieuse Tablette par celui qui est l’Orient de la beauté.

69

Si la femme accompagne son mari en voyage, et qu’en chemin des désaccords s’élèvent entre eux, il devra pourvoir à ses dépenses d’une année entière et la renvoyer d’où elle est venue, ou la confier, pourvue du nécessaire au voyage, à une personne sûre pour la raccompagner chez elle. En vérité, ton Seigneur ordonne ce qui lui plaît, en vertu d’une souveraineté qui protège les peuples de la terre.

70

Si l’on divorce d’une femme qui a commis un acte d’infidélité prouvé, elle ne recevra aucune pension alimentaire pendant sa période d’attente. Ainsi brille au firmament de la justice le soleil de notre commandement. En vérité, le Seigneur aime l’union et l’harmonie ; il abhorre la séparation et le divorce. Ô gens, vivez l’un avec l’autre dans une joie radieuse. Par ma vie ! tout sur terre passera, seules dureront les bonnes actions ; Dieu lui-même témoigne de la véracité de mes paroles. Réglez vos différends, ô mes serviteurs ; puis suivez les conseils de notre plume de gloire, et ne suivez pas l’arrogant ou l’entêté.

71

Prenez garde que le monde ne vous séduise comme il séduisit les gens avant vous ! Suivez les lois et les préceptes de votre Seigneur et marchez dans ce chemin qui fut tracé devant vous dans la droiture et la vérité. Ceux qui évitent l’iniquité et l’erreur, qui sont fidèles à la vertu, sont aux yeux du seul vrai Dieu parmi ses créatures favorites. Leurs noms sont célébrés par l’Assemblée des royaumes d’en haut et par ceux qui vivent dans ce Tabernacle élevé au nom de Dieu.

72

Il vous est interdit de faire commerce d’esclaves, hommes ou femmes. Il n’appartient pas à celui qui est luimême un serviteur d’acheter un autre serviteur de Dieu, et cela est prohibé dans sa sainte Tablette. Ainsi, dans sa miséricorde, le commandement est-il consigné par la Plume de justice. Qu’aucun homme ne se place au-dessus d’un autre ; tous ne sont que des esclaves devant le Seigneur et tous illustrent la vérité qu’il n’est pas d’autre Dieu que lui. Il est, en vérité, le Très-Sage, dont la sagesse embrasse toutes choses.

73

Ornez-vous de la parure des bonnes actions. Est assurément du peuple de Bahá, celui dont les actions rencontrent le bon plaisir de Dieu et il est mentionné devant son trône. Aidez le Seigneur de toute la création par des actes vertueux, par la sagesse et la parole aussi. C’est en effet ce que vous a ordonné, dans la plupart de ses épîtres, celui qui est le Très-Miséricordieux. Il sait, en vérité, ce que je dis. Que personne ne se dispute avec un autre et que personne ne mette un autre à mort ; voilà en vérité ce qui vous est interdit dans un Livre caché dans le Tabernacle de gloire. Quoi ! Tueriez-vous celui que Dieu anima et que, d’un souffle, il dota de l’esprit ? Grave serait alors votre offense devant son trône ! Craignez Dieu et ne levez pas la main de l’injustice et de l’oppression pour détruire ce qu’il a lui-même créé ; au contraire, marchez dans le chemin de Dieu, le Vrai. Les armées du vrai savoir étaient à peine apparues, levant haut les étendards de la parole divine, que les peuples des religions furent mis en déroute, à l’exception de ceux qui voulurent boire à la source de la vie éternelle dans un paradis créé par le souffle du Très-Glorieux.

74

En témoignage de sa miséricorde envers ses créatures, Dieu décrète que le sperme n’est pas impur. Rendez grâce à Dieu avec une joie radieuse, et ne suivez pas ceux qui sont éloignés de l’Orient de sa proximité. En toutes circonstances, levez-vous pour rendre service à la Cause, car Dieu vous soutiendra assurément par la puissance de sa souveraineté qui protège tous les mondes. Tenez-vous fermement à la corde du raffinement avec une ténacité telle qu’aucune trace de souillure ne se voie sur vos vêtements. Telle est l’injonction de celui qui transcende tout raffinement. Qui a de bonnes raisons de manquer à cette règle ne sera pas blâmé. Dieu est, en vérité, Celui qui pardonne, le Miséricordieux. À l’aide d’une eau n’ayant subi d’altération dans aucun des trois aspects, lavez tout ce qui est souillé ; prenez garde de ne pas user d’eau altérée par son exposition à l’air ou à d’autres agents. Soyez l’essence même de la propreté parmi les hommes. C’est vraiment ce que désire pour vous votre Seigneur, l’Incomparable, le Très-Sage.

75

De même Dieu, en signe de la grâce émanant de sa présence, abolit le concept d’« impureté », par lequel certaines choses et certaines personnes étaient tenues pour impures. Il est assurément Celui qui toujours pardonne, le Très-Généreux. En vérité, toutes les choses créées furent immergées dans la mer de la purification lorsque, en ce premier jour du Rid∆ván, nous avons répandu sur la création entière les splendeurs de nos noms les plus excellents et de nos attributs les plus exaltés. C’est, en vérité, un témoignage de mon affectueuse providence qui embrasse tous les mondes. Dès lors, fréquentez les disciples de toutes les religions et proclamez la cause de votre Seigneur, le Très-Compatissant ; cet acte est la couronne même de tous les actes, si vous êtes de ceux qui comprennent.

76

Dieu vous enjoint d’observer la plus grande propreté, jusqu’à laver ce que la poussière a sali, sans parler de boue durcie et autres saletés. Craignez-le et soyez de ceux qui sont purs. Que le vêtement de quelqu’un soit visiblement souillé, ses prières ne monteront point vers Dieu, et l’Assemblée céleste se détournera de lui. Utilisez l’eau de rose et des parfums purs ; en vérité, c’est ce que Dieu aime depuis le commencement qui n’a pas de commencement afin que de vous s’exhale ce que désire votre Seigneur, l’Incomparable, le Très-Sage.

77

Dieu vous relève de l’ordonnance qui fut révélée dans le Bayán quant à la destruction des livres. Nous vous permettons d’étudier les sciences qui vous sont profitables, et non celles qui finissent en vaines discussions ; voilà ce qui est mieux pour vous, si vous êtes de ceux qui comprennent.

78

Ô rois de la terre ! celui qui est le souverain Seigneur de tous est venu. Le royaume est à Dieu, le Protecteur omnipotent, l’Absolu. N’adorez que Dieu et, d’un cœur radieux, tournez votre visage vers votre Seigneur, le Seigneur de tous les noms. Rien de ce que vous possédez ne pourra jamais se comparer à cette révélation, puissiez-vous le savoir.

79

Nous vous voyons vous réjouir de ce que vous avez amassé pour d’autres et vous exclure des mondes que seule ma Tablette préservée peut dénombrer. Les trésors que vous entassez vous entraînent fort loin de votre objectif ultime. Cela ne vous convient pas, puissiez-vous le comprendre. Purifiez vos cœurs de toute souillure terrestre et hâtez-vous d’entrer dans le royaume de votre Seigneur, le créateur de la terre et du ciel, qui fait trembler le monde et gémir tous ses peuples, à l’exception de ceux qui renoncent à toutes choses et s’attachent à ce qu’ordonne la Tablette cachée.

80

Voici le jour où celui qui conversait avec Dieu parvient à la lumière de l’Ancien des jours, et boit à longs traits les eaux pures de la réunion dans cette Coupe qui fait s’enfler les mers. Dis : Par le seul vrai Dieu ! le Sinaï gravite autour de l’Aurore de la révélation, pendant que des hauteurs du royaume se fait entendre la voix de l’Esprit de Dieu qui proclame : « Levez-vous, ô superbes de la terre, et hâtez-vous vers lui ! » En ce jour, le Carmel dans l’ardeur de son adoration s’empresse de rejoindre sa cour, tandis que du cœur de Sion jaillit ce cri : « La promesse est accomplie ! Ce qui avait été annoncé dans les saintes Écritures de Dieu, le Suprême, le ToutPuissant, le Bien-Aimé, est rendu manifeste. »

81

Ô rois de la terre ! en cet endroit d’une transcendante splendeur, est révélée la Très-Grande-Loi. Toute chose cachée est mise en lumière par la volonté de l’Ordonnateur suprême, celui qui annonce la dernière heure, par qui la lune est fendue et tout irrévocable décret exposé.

82

Vous n’êtes que des vassaux, ô rois de la terre ! Le Roi des rois est apparu revêtu de sa gloire la plus merveilleuse, il vous appelle à lui, le Secours, l’Absolu. Prenez garde que l’orgueil ne vous empêche de reconnaître la Source de la révélation et que les choses de ce monde ne vous voilent celui qui est le Créateur du ciel. Levez-vous et servez celui qui est le Désir de toutes les nations, celui qui vous a créés d’un mot et vous a désignés pour être en tout temps les emblèmes de sa souveraineté.

83

Par la justice de Dieu ! nous n’avons pas l’intention de mettre la main sur vos royaumes. Nous avons pour mission de conquérir le cœur des hommes. Sur eux est fixé le regard de Bahá. De ceci, le Royaume des noms porte témoignage, puissiez-vous le comprendre. Qui suit son Seigneur renoncera au monde et à tout ce qu’il contient ; et bien plus grand encore doit être le détachement de celui qui occupe un rang si majestueux ! Abandonnez vos palais et hâtez-vous d’obtenir l’accès à son royaume. Ceci, en vérité, vous sera profitable à la fois dans ce monde et dans l’autre. Le Seigneur du royaume des cieux en témoigne, si seulement vous pouviez le savoir.

84

Grande est la félicité réservée au roi qui se lèvera pour servir ma cause en mon royaume et se détachera de tout autre que moi ! Un tel roi sera compté parmi les compagnons de cette arche vermeille, l’arche que Dieu a préparée pour le peuple de Bahá. Tous doivent glorifier son nom, vénérer son rang et l’aider à ouvrir les portes des cités avec les clés de mon nom, l’omnipotent Protecteur de tous les habitants des royaumes visibles et invisibles. Un tel roi est comme la prunelle de l’humanité, la parure lumineuse ornant le front de la création, la source des bénédictions pour le monde entier. Ô peuple de Bahá, faites l’offrande de vos biens, que dis-je ! de vos vies mêmes, pour le soutenir.

85

Ô empereur d’Autriche ! celui qui est l’Aurore de la lumière de Dieu se trouvait dans la prison d’Acre lorsque tu te mis en route pour visiter la mosquée El-Aqs∂á. Tu passas près de lui sans t’enquérir de celui qui exalte toute demeure et ouvre toute porte majestueuse. En vérité, nous en avons fait un lieu vers lequel le monde devrait se tourner afin de pouvoir se souvenir de moi. Et, pourtant, tu repoussas celui qui est l’objet de ce souvenir quand il parut avec le royaume de Dieu, ton Seigneur et le Seigneur des mondes. Nous avons été avec toi à tout instant et nous t’avons vu accroché à la branche mais peu soucieux de la racine. Ton Seigneur est vraiment témoin de ce que je dis. Nous avons été peiné de te voir tourner autour de notre nom tout en ignorant notre présence, et pourtant nous étions devant toi. Ouvre les yeux afin de contempler cette glorieuse vision, de reconnaître celui que tu invoques jour et nuit et de fixer ton regard sur la lumière qui brille au-dessus de cet horizon resplendissant.

86

Dis : Ô roi de Berlin ! prête l’oreille à la voix qui, de ce Temple manifeste, proclame : « En vérité, il n’est d’autre Dieu que moi, l’Éternel, l’Incomparable, l’Ancien des jours. » Prends garde que l’orgueil ne te prive de reconnaître l’Aube de la révélation divine et que les désirs terrestres ne te séparent, comme par un voile, du Seigneur du trône du ciel et de la terre. Ainsi te conseille la Plume du Très-Haut. Il est, en vérité, le TrèsMiséricordieux, le Très-Généreux. Te souviens-tu de celui5 dont la puissance dépassait ta puissance et dont le rang surpassait ton rang ? Où est-il ? Que sont devenus ses biens ? Tiens compte de cet avertissement et ne sois pas de ceux qui sont profondément endormis. C’est lui qui rejeta l’Épître de Dieu lorsque nous lui fîmes savoir ce que les armées de la tyrannie nous avaient fait subir. Alors la disgrâce le frappa de toutes parts et il s’écroula dans la poussière, après avoir tout perdu. Ô roi, pense sérieusement à lui et à ceux qui, comme toi, ont conquis des villes et régné sur les hommes. De leurs palais, le Très-Miséricordieux les fit descendre dans leur tombe. Sois averti, sois de ceux qui réfléchissent.

87

Nous n’attendons rien de vous. En vérité, c’est pour l’amour de Dieu que nous vous exhortons et nous serons patient comme nous l’avons été dans tout ce que nous avons enduré entre vos mains, ô assemblée de rois !

88

Ô dirigeants de l’Amérique et présidents de ses républiques ! écoutez ce que chante la Colombe sur la branche d’éternité : « Il n’est d’autre Dieu que moi, l’Immuable, le Clément, le Très-Généreux. » Parez de la justice et de la crainte de Dieu le temple de l’autorité et couronnez son dôme du souvenir de votre Seigneur, le Créateur des cieux. C’est ce que vous conseille celui qui est l’Aurore des noms, selon l’ordre donné par l’Omniscient, le TrèsSage. Le Promis est apparu dans ce rang glorieux, et toutes les créatures visibles et invisibles s’en réjouissent. Profitez du Jour de Dieu. En vérité, la rencontre du Promis vaut mieux pour vous que tout ce qu’éclaire le soleil, si seulement vous le saviez. Ô assemblée de dirigeants ! prêtez l’oreille à ce que fait entendre la Source de grandeur : « En vérité, il n’est pas d’autre Dieu que moi, le Seigneur de la parole, l’Omniscient. » Des mains de 5 Napoléon III. la justice soignez les êtres brisés, et du sceptre des commandements de votre Seigneur, l’Ordonnateur, le TrèsSage, écrasez l’oppresseur prospère.

89

Las ! ô peuple de Constantinople, nous entendons parmi vous le hululement funeste du hibou. L’ivresse de la passion vous a-t-elle saisis ou êtes-vous plongés dans l’insouciance ? Ô ville située sur les rivages des deux mers ! sur toi, en vérité, fut établi le trône de la tyrannie et en ton sein fut allumée la flamme de la haine au point que l’Assemblée céleste et ceux qui gravitent autour du trône suprême gémissent et se lamentent. En toi nous voyons l’insensé régner sur le sage et l’obscurité se glorifier devant la lumière. Tu es remplie d’un orgueil manifeste. Ton apparente splendeur t’aurait-elle rendu vaine ? Elle périra bientôt, par celui qui est le Seigneur de l’humanité, et tes filles et tes veuves et toutes les familles qui habitent en tes murs se lamenteront. Ainsi t’en informe l’Omniscient, le Très-Sage.

90

Ô rives du Rhin ! Nous vous avons vues couvertes de sang, car les épées du châtiment ont été tirées contre vous. Et cela se reproduira. Et nous entendons les lamentations de Berlin, bien qu’aujourd’hui sa gloire soit évidente.

91

Que rien ne t’attriste, ô terre de ∏á,6 car Dieu t’a choisie pour être la source de joie de toute l’humanité. Si telle est sa volonté, il bénira ton trône en la personne de celui qui gouvernera avec justice et rassemblera le troupeau de Dieu dispersé par les loups. Un tel souverain se tournera dans la joie et l’allégresse vers le peuple de Bahá, et il étendra sur lui ses faveurs. En vérité, il est, aux yeux de Dieu, comme un joyau parmi les hommes. Sur lui reposent à jamais la gloire de Dieu et la gloire de tous ceux qui demeurent dans le royaume de sa révélation.

92

Que la joie t’inonde car Dieu, en faisant naître en tes murs la Manifestation de sa gloire, a fait de toi « l’aube de sa lumière ». Sois heureuse de ce nom qui t’est conféré, un nom par lequel le Soleil de grâce répand sa splendeur, par lequel la terre et le ciel sont illuminés.

93

Avant longtemps, l’état de tes affaires changera et les rênes du pouvoir passeront aux mains du peuple. En vérité, ton Seigneur est l’Omniscient. Son autorité embrasse toutes choses. Sois assurée de la bienveillante faveur de ton Seigneur. L’œil de sa tendre bonté est, pour l’éternité, fixé sur toi. Le jour approche où ton agitation se transformera en paix et en tranquillité. Ainsi en est-il décrété dans le Livre merveilleux.

94

Ô terre de Khá !7 nous entendons s’élever de chez toi la voix des héros qui glorifient ton Seigneur, Celui qui possède tout, le Suprême. Béni est le jour où les étendards des noms divins seront dressés en mon nom, le TrèsGlorieux, dans le royaume de la création. Ce jour-là, les fidèles se réjouiront de la victoire de Dieu et les incroyants se lamenteront.

95

Que nul ne lutte contre ceux qui détiennent l’autorité sur le peuple. Laissez-leur ce qui leur appartient et dirigez votre attention vers le cœur des hommes.

96

Ô très puissant Océan ! répands sur les nations ce dont t’a chargé celui qui est le Souverain de l’éternité, et orne les temples de tous les habitants de la terre du vêtement de ses lois qui réjouiront tous les cœurs et feront briller tous les regards.

97

Si quelqu’un acquiert cent mithqál d’or, dix-neuf appartiennent à Dieu et doivent lui être remis, à lui le Façonneur de la terre et du ciel. Ô peuple ! veillez à ne pas vous priver d’une si grande bonté. Nous vous l’ordonnons bien que nous soyons tout à fait capable de nous passer de vous et de tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre ; en cela il y a des bienfaits et une sagesse qui dépassent l’intelligence de tous sauf de Dieu, le Très-Informé, l’Omniscient. Dites : Par ce moyen, il désire purifier ce que vous possédez et vous rendre capables de vous approcher de ces rangs que nul ne peut comprendre sauf ceux que Dieu a choisis. Il est, en vérité, le Bienfaisant, le Clément, le Généreux. Ô peuple ! ne traitez pas le droit de Dieu déloyalement, et n’en disposez pas sans sa permission. Ainsi fut établi son commandement dans les saintes Tablettes et dans ce Livre exalté. Celui qui agit déloyalement envers Dieu connaîtra, en toute justice, lui aussi la déloyauté ; mais celui qui agit en accord avec les ordres de Dieu recevra une bénédiction du ciel de la générosité de son Seigneur, le Clément, Celui qui donne, le Généreux, l’Ancien des jours. En vérité, il veut pour vous ce qui est encore au-delà de votre entendement, mais que vous connaîtrez lorsque, après cette vie fugitive, vos âmes prendront leur essor vers le ciel et que les atours de vos joies terrestres seront repliés. Ainsi vous avertit celui qui possède la Tablette préservée.

98

De nombreuses requêtes de croyants relatives aux lois de Dieu, le Seigneur du visible et de l’invisible, le 6 Téhéran.

99

Khurásán. Seigneur de tous les mondes, sont parvenues jusqu’à notre trône. En conséquence, nous avons révélé cette sainte Tablette et l’avons revêtue du manteau de sa loi dans l’espoir que le peuple observe les commandements de son Seigneur. Nous avons reçu de telles demandes depuis plusieurs années déjà, mais dans notre sagesse, nous avons retenu notre plume jusqu’à ce que, récemment, des lettres nous parviennent d’un certain nombre d’amis. Nous y répondons par le pouvoir de la vérité et avec ce qui ranimera le cœur des hommes.

100

Dis : Ô chefs religieux, ne pesez pas le Livre de Dieu selon les normes et les connaissances qui ont cours parmi vous, car le Livre est lui-même la balance infaillible établie parmi les hommes. Cette balance parfaite doit peser ce que possèdent tous les peuples et les gens de la terre, tandis que son poids devrait être jaugé d’après son propre étalon, puissiez-vous le savoir.

101

L’œil de ma tendre bonté pleure douloureusement sur vous, car vous n’avez pas su reconnaître celui que vous appeliez jour et nuit, soir et matin. Ô peuple, avancez, le visage blanc comme neige et le cœur radieux, vers le lieu vermeil et béni où le Sadratu’l-Muntahá s’écrie : « En vérité, il n’est pas d’autre Dieu que moi, l’omnipotent Protecteur, l’Absolu ! »

102

Ô chefs religieux, qui parmi vous peut rivaliser avec moi en perspicacité ou en clairvoyance ? Où est celui qui osera se prétendre mon égal en parole ou en sagesse ? Non, par mon Seigneur, le Très-Miséricordieux ! Tout sur terre passera, et voici le visage de votre Seigneur, le Tout-Puissant, le Bien-Aimé.

103

Ô peuple, nous décrétons que la fin suprême et dernière de toute étude est la reconnaissance de celui qui est l’objet de tout savoir ; et pourtant, voyez comme vous avez laissé votre science vous dissimuler, comme par un voile, celui qui est l’Aurore de cette lumière, par qui chaque chose cachée fut révélée. Si seulement vous pouviez découvrir la source d’où se répand la splendeur de cette parole, vous rejetteriez les peuples du monde et tout ce qu’ils possèdent pour vous approcher de ce Siège de gloire suprêmement béni.

104

Dis : Voici en vérité le ciel où le Livre mère est précieusement gardé, si seulement vous pouviez le comprendre. Il est celui qui a incité le Rocher à crier et le Buisson ardent à élever la voix sur le mont dominant la Terre sainte et à proclamer : « Le royaume est à Dieu, le souverain Seigneur de tous, le Tout-Puissant, l’Aimant ! »

105

Nous n’avons fréquenté aucune école ni lu aucun de vos travaux. Prêtez l’oreille aux paroles de celui qui n’est pas érudit, paroles par lesquelles il vous appelle à Dieu, l’Éternel. Cela vaut mieux pour vous que de posséder tous les trésors de la terre, puissiez-vous le comprendre.

106

Quiconque interprète ce qui est envoyé du ciel de la révélation et en altère le sens évident fait, en vérité, partie de ceux qui pervertissent la parole sublime de Dieu et, selon le Livre lumineux, s’égarent.

107

Il vous est enjoint de vous couper les ongles, de vous laver chaque semaine dans une eau qui couvre votre corps et de vous nettoyer avec ce que vous aviez l’habitude d’utiliser. Veillez à ne pas omettre d’observer, par négligence, ce que vous prescrit celui qui est l’Incomparable, le Bienveillant. Plongez-vous dans de l’eau propre. Il ne vous est pas permis de vous laver dans de l’eau qui a déjà servi. Restez à l’écart des bassins publics des bains persans ; quiconque approche de ces bains, même sans y entrer, peut en sentir l’odeur fétide. Évitez-les, ô peuple, et ne soyez pas de ceux qui acceptent ignominieusement de telles abjections. En vérité, ce sont des cloaques infectés et pollués, si vous êtes de ceux qui comprennent. Évitez de même les bassins malodorants dans les cours des maisons persanes, et soyez de ceux qui sont purs et sanctifiés. Nous désirons vraiment vous considérer comme des manifestations du paradis sur terre, afin que de vous s’exhale un parfum tel qu’il réjouira le cœur des favoris de Dieu. Si quelqu’un se lave en se versant l’eau sur le corps plutôt que de s’y plonger complètement, ce sera préférable pour lui et cela le dispensera du besoin de s’immerger. En vérité, le Seigneur désire vous rendre la vie plus facile ; c’est une de ses faveurs afin que vous soyez de ceux qui sont vraiment reconnaissants.

108

Il vous est interdit d’épouser les femmes de votre père. Par pure honte, nous répugnons de traiter du sujet des garçons. Craignez le Miséricordieux, ô peuples du monde ! Ne commettez pas ce qui vous est interdit dans notre sainte Tablette et ne soyez pas de ceux qui errent, distraits, dans le désert de leurs désirs.

109

Il n’est permis à personne de marmonner des versets sacrés aux yeux de tous en déambulant dans la rue ou sur la place du marché. Au contraire, s’il désire louer le Seigneur, qu’il le fasse dans les lieux édifiés à cet effet, ou chez lui. Cela s’accorde mieux à la sincérité et à la piété. Ainsi brille le soleil de notre commandement à l’horizon de notre parole. Bénis soient ceux qui obéissent.

110

Il est enjoint à chacun de rédiger un testament. Le testateur doit orner du Plus-Grand-Nom l’en-tête de ce document, y témoigner de l’unicité de Dieu dans l’Aurore de sa révélation et mentionner, suivant ses souhaits, ce qui est louable, afin que le texte témoigne pour lui dans les royaumes de la révélation et de la création, et soit un trésor auprès de son Seigneur, le Protecteur suprême, le Fidèle.

111

Toutes les fêtes atteignent leur apogée dans les deux plus grandes fêtes et dans les deux autres fêtes qui tombent les jours jumeaux. La première des plus grandes fêtes célèbre ces jours au cours desquels le Très-Miséricordieux répandit sur toute la création la gloire resplendissante de ses noms les plus excellents et de ses attributs les plus exaltés ; la seconde rappelle ce jour où nous avons suscité celui qui annonça à l’humanité la bonne nouvelle de ce nom, par lequel, les morts furent ressuscités et par lequel furent réunis tous ceux qui sont au ciel et sur la terre. Ainsi en est-il décrété par Celui qui ordonne, l’Omniscient.

112

Heureux celui qui aborde le premier jour du mois de Bahá, le jour que Dieu a consacré à ce grand Nom. Et béni celui qui en ce jour manifeste les dons généreux que Dieu lui a conférés. Il est, en vérité, de ceux qui témoignent de leur reconnaissance envers Dieu en agissant selon ce qui convient à la munificence du Seigneur, munificence qui englobe tous les mondes. Dis : ce jour est, en vérité, le couronnement de tous les mois et leur source, le jour où le souffle de vie se répand sur toutes les choses créées. Grande est la bénédiction de celui qui l’accueille avec une joie radieuse. Nous témoignons qu’il est vraiment parmi les bienheureux.

113

Dis : La Très-Grande-Fête est, en effet, la souveraine des fêtes. Souvenez-vous, ô peuple, des dons généreux que Dieu répand sur vous. Vous étiez plongés dans le sommeil et voyez : il vous revivifie par les brises de sa révélation et vous fait connaître sa voie évidente et droite.

114

En cas de maladie, consultez des médecins compétents ; nous ne rejetons pas l’usage des moyens matériels ; au contraire, nous le confirmons par cette Plume dont Dieu a fait l’aurore de sa cause glorieuse et resplendissante.

115

Dans le passé, Dieu avait conféré à chaque croyant le devoir de déposer au pied de notre trône des cadeaux précieux provenant de ses possessions. Maintenant, en signe de notre grâce, nous le relevons de cette obligation. Il est, en vérité, le Très-Généreux, le Munificent.

116

Béni celui qui, à l’aube, dirigeant ses pensées vers Dieu, occupé par son souvenir et suppliant son indulgence, tourne ses pas vers le Mashriqu’l-Adhkár, y entre et s’assied en silence pour écouter les versets de Dieu, le Souverain, le Puissant, le Très-Loué. Dis : tout bâtiment érigé dans une ville ou un village pour célébrer ma louange est un Mashriqu’l-Adhkár. Tel est le nom qui le désigne devant le trône de gloire, si vous êtes de ceux qui comprennent.

117

Ceux qui récitent les versets du Très-Miséricordieux dans les tons les plus mélodieux y percevront ce que la souveraineté de la terre et du ciel ne pourra jamais égaler. Émanant de ces versets, ils humeront la divine fragrance de mes mondes, mondes qu’aujourd’hui nul ne peut discerner à l’exception de ceux que cette sublime révélation dote d’une vue pénétrante. Dis : Ces versets attirent les cœurs purs vers ces mondes spirituels que ne peuvent exprimer les mots ni suggérer les allusions. Bénis ceux qui prêtent l’oreille.

118

Ô mon peuple, soutenez mes serviteurs choisis qui se lèvent pour me mentionner parmi mes créatures et pour exalter ma parole dans tout mon royaume. Ils sont vraiment les étoiles du ciel de ma sollicitude et les lampes de ma providence pour toute l’humanité. Mais n’est pas de moi celui dont les paroles contredisent ce que révèlent mes saintes Écritures. Prenez garde de ne pas suivre n’importe quel impie prétentieux. Ces Écritures sont ornées du sceau de celui qui fait se lever l’aube, qui élève la voix entre ciel et terre. Tenez-vous fermement à cette poignée sûre et à la corde de ma cause puissante et inattaquable.

119

Le Seigneur permet à celui qui le désire d’apprendre diverses langues du monde afin de délivrer le message de la cause de Dieu en Orient et en Occident, et de le mentionner parmi toutes les phratries et tous les peuples du monde, pour que les cœurs soient ranimés, et revivifiés les os tombant en poussière.

120

Il est inadmissible que l’homme, qui fut doté de raison, consomme ce qui la lui dérobe. Au contraire, il lui convient de se comporter d’une manière digne de sa condition d’homme et non de suivre les errements des insouciants et des négligents.

121

Ornez votre tête des lauriers de l’honnêteté et de la fidélité, votre cœur de la parure de la crainte de Dieu, votre langue de la sincérité absolue et votre corps du vêtement de la courtoisie. En vérité, ce sont les ornements qui siéent au temple humain, si vous êtes de ceux qui réfléchissent. Ô peuple de Bahá, tenez fermement la corde de la soumission à Dieu, le Vrai ; ainsi dans la Tablette préservée, votre condition sera évidente, votre nom inscrit et conservé, votre rang élevé et votre mémoire exaltée. Prenez garde que les habitants de la terre ne vous empêchent d’atteindre ce rang glorieux et exalté. C’est ainsi que nous vous exhortons dans la plupart de nos épîtres, comme nous le faisons dans celle-ci, notre sainte Tablette sur laquelle rayonne le soleil des lois du Seigneur votre Dieu, le Puissant, le Très-Sage.

122

Quand l’océan de ma présence aura reflué et que le Livre de ma révélation sera achevé, tournez votre visage vers celui qui est le Dessein de Dieu, celui qui est la Branche issue de cette antique Racine.

123

Considérez l’étroitesse d’esprit des hommes. Ils demandent ce qui leur est nuisible et rejettent ce qui leur est profitable. Ils sont vraiment de ceux qui s’égarent. Nous en trouvons quelques-uns qui désirent la liberté et s’en font gloire. De tels hommes sont plongés dans les abîmes de l’ignorance.

124

La liberté conduit inéluctablement à la sédition dont nul ne peut étouffer les flammes. Ainsi vous prévient le Juge, l’Omniscient. Sachez que l’animal est l’incarnation et le symbole de la liberté. Ce qui convient à l’homme, c’est de se soumettre à ces contraintes qui le protégeront de sa propre ignorance et le garderont du mal causé par les semeurs de discorde. La liberté pousse l’homme à dépasser les limites de la bienséance et à porter atteinte à la dignité de sa condition. Elle l’abaisse au dernier degré de la dépravation et de la méchanceté.

125

Considérez les hommes comme un troupeau de brebis qui a besoin d’un berger pour le protéger. Voilà la vérité, l’indubitable vérité. Nous approuvons la liberté dans certaines circonstances ; dans d’autres, nous refusons de l’approuver. Nous sommes, en vérité, l’Omniscient.

126

Dis : La vraie liberté pour l’homme consiste à se soumettre à mes commandements, pour peu que vous le sachiez. Si les hommes observaient ce que nous leur avons envoyé du ciel de la révélation, ils atteindraient certainement à la liberté parfaite. Heureux l’homme qui a compris le dessein de Dieu dans tout ce qu’il a révélé du ciel de sa volonté, laquelle imprègne toutes choses créées. Dis : La liberté qui vous est profitable ne se trouve nulle part, si ce n’est dans la sujétion complète envers Dieu, l’éternelle Vérité. Quiconque a goûté à sa douceur refusera de l’échanger pour tout l’empire de la terre et du ciel.

127

Dans le Bayán, il vous était interdit de nous poser des questions. Le Seigneur lève maintenant cette interdiction afin que vous soyez libres de poser les questions que vous jugez nécessaires, mais pas ces questions futiles sur lesquelles les hommes du passé avaient l’habitude de s’étendre. Craignez Dieu et soyez de ceux qui sont vertueux ! Demandez ce qui vous profitera dans la cause de Dieu et son empire, car les portes de sa tendre compassion ont été ouvertes à tous ceux qui habitent au ciel et sur terre.

128

Le nombre de mois dans une année est fixé à dix-neuf dans le Livre de Dieu. Le premier d’entre eux est orné de ce nom qui domine toute la création.

129

Le Seigneur décrète que les défunts soient enterrés dans des cercueils de cristal, de pierre dure et résistante ou de bois durable et de qualité, et qu’une bague gravée soit passée à leur doigt. Il est, en vérité, l’Ordonnateur suprême, Celui qui est informé de tout.

130

L’inscription sur cette bague disait, pour les hommes : « À Dieu appartient tout ce qui est au ciel et sur la terre, et tout ce qui est entre les deux. Dieu, en vérité, connaît toutes choses », et pour les femmes : « À Dieu appartient l’empire sur les cieux et la terre et sur tout ce qui est entre les deux. Dieu, en vérité, a pouvoir sur toutes choses ». Ces versets avaient été révélés dans le passé, mais voici que le Point du Bayán s’exclame à voix haute : « Ô Bien-Aimé des mondes ! révèle à leur place les mots qui répandront le parfum de tes faveurs bienveillantes sur toute l’humanité. Nous annonçons à tous qu’un seul mot de toi surpasse tout ce qui est révélé dans le Bayán. Tu as en effet le pouvoir de faire ce qui te plaît. Ne prive pas tes serviteurs des inépuisables faveurs de l’océan de ta miséricorde ! Tu es vraiment celui dont la grâce est infinie. » Voyez ! Nous avons entendu son appel et nous réalisons maintenant son vœu. Il est, en vérité, le Bien-Aimé, Celui qui répond aux prières. Il est préférable pour les hommes et les femmes que l’on grave sur leur bague funéraire ce verset que Dieu révèle à l’instant. Assurément nous sommes l’Ordonnateur suprême : « Je suis venu(e) de Dieu et je retourne à lui, détaché(e) de tout sauf de lui, me tenant fermement à son nom, le Miséricordieux, le Compatissant. » Ainsi le Seigneur choisit qui il veut pour lui accorder un bienfait venant de sa présence. Il est, en vérité, le Dieu de puissance et de pouvoir.

131

De plus, le Seigneur décrète que le défunt doit être enveloppé dans cinq pièces de soie ou de coton. Pour ceux dont les moyens sont limités, une seule pièce d’une de ces matières suffira. Ainsi l’ordonne celui qui est l’Omniscient, l’Informé. Il vous est interdit de transporter le corps du défunt à une distance de plus d’une heure de trajet de la cité. Il faut plutôt être enterré, avec une sérénité rayonnante dans un lieu proche.

132

Dieu lève les restrictions sur les voyages imposées par le Bayán. Il est, en vérité, l’Indépendant. Il fait comme il lui plaît et il ordonne ce qu’il veut.

133

Ô peuples du monde ! Prêtez l’oreille à l’appel du Seigneur des noms, qui vous proclame depuis son séjour dans la Très-Grande-Prison : « En vérité, il n’est de Dieu que moi, le Puissant, le Fort, le Conquérant, le Suprême, l’Omniscient, le Très-Sage. » En vérité, il n’est de Dieu que lui, l’omnipotent Souverain des mondes. Si telle était sa volonté, d’un seul mot procédant de sa présence, il prendrait possession de toute l’humanité. Prenez garde ! acceptez sans hésiter cette Cause, une Cause devant laquelle s’inclinent l’Assemblée céleste et les habitants des Cités des noms. Craignez Dieu et ne soyez pas de ceux qui en sont séparés comme par un voile. Brûlez ces voiles par le feu de mon amour et dissipez les brumes des vaines imaginations grâce au pouvoir de ce nom par lequel nous avons soumis la création tout entière.

134

Magnifiez et exaltez les deux maisons dans les lieux jumeaux sacrés, ainsi que les autres sites où le trône de votre Seigneur, le Très-Miséricordieux, fut établi. Ainsi vous commande le Seigneur de tout cœur éclairé.

135

Veillez à ce que les soucis et les préoccupations de ce monde ne vous empêchent pas d’observer ce que vous enjoint celui qui est le Puissant, le Fidèle. Soyez parmi les hommes la personnification d’une fermeté telle que les doutes de ceux qui n'ont pas cru en lui lorsqu'il s'est manifesté investi d'une puissance souveraine ne vous détournent pas de Dieu. Prenez garde que rien dans le Livre ne vous empêche d’écouter le Livre vivant qui proclame cette vérité : « Certes, il n’est de Dieu que moi, l’infiniment Parfait, le Très-Loué. » Considérez d’un œil équitable celui qui est descendu du ciel de la volonté et du pouvoir divins, et ne soyez pas de ceux qui agissent injustement.

136

Ensuite, souvenez-vous des paroles qui jaillirent de la plume de celui qui fut mon héraut, en hommage à cette révélation, et considérez ce que les mains des oppresseurs ont perpétré tout au long de mes jours. Certes, ils sont comptés parmi les égarés. Il a dit : « Si vous parveniez en présence de celui que nous rendrons manifeste, suppliez que Dieu vous accorde, en sa bonté, qu’il daigne s’asseoir parmi vous, car ce seul acte suffirait à vous conférer un honneur incomparable et sans pareil. S’il buvait une coupe d’eau chez vous, cela aurait pour vous des conséquences plus grandes que si vous aviez offert à toute âme, que dis-je, à toute chose créée, l’eau de sa propre vie. Sachez-le, ô vous, mes serviteurs ! »

137

C’est avec de telles paroles que mon précurseur célébra mon Être, si vous pouviez le comprendre. Quiconque réfléchit à ces versets et découvre les perles cachées qui y sont enchâssées pourra y sentir, par la vertu de Dieu, la fragrance du Très-Miséricordieux s’élevant de cette prison. De tout son cœur, il se hâtera vers lui avec un désir si ardent que les armées de la terre et du ciel seraient incapables de l’en empêcher. Dis : Voici une révélation autour de laquelle tournent toutes les preuves et tous les témoignages. Ainsi vous le révèle votre Seigneur, le Dieu de miséricorde, si vous êtes de ceux qui jugent bien. Dis : C’est l’essence même de toutes les Écritures insufflée dans la Plume du Très-Haut, provoquant la stupeur de tous les êtres créés à l’exception de ceux qui sont envoûtés par les douces brises de ma miséricorde et les saveurs délicates de mes bienfaits, qui ont imprégné toute la création.

138

Ô peuple du Bayán ! craignez l’infiniment Miséricordieux et considérez ce qu’il révéla dans un autre passage. Il a dit : « La Qiblih est, en vérité, Celui-que-Dieu-rendra-manifeste ; quand il se déplace, la Qiblih se déplace jusqu’à ce qu’il repose. » Ainsi en décida l’Ordonnateur suprême lorsqu’il voulut mentionner cette très grande Beauté. Méditez sur ceci, ô peuple, et ne soyez pas de ceux qui errent égarés dans le désert de l’erreur. Si vous le rejetez, aveuglés par vos chimères, où est donc la Qiblih vers laquelle vous vous tournerez, ô assemblée de négligents ? Méditez ce verset et, devant Dieu, jugez avec équité afin de pouvoir glaner les perles des mystères de l’océan qui s’enfle en mon nom, le Très-Glorieux, le Très-Haut.

139

Que personne en ce jour ne s’en tienne à autre chose qu’à ce qui est manifesté dans cette révélation. Tel est, depuis toujours et à jamais, le décret de Dieu, un décret qui ornait déjà les Écritures des messagers du passé. Tel est, depuis toujours et à jamais, l’avertissement du Seigneur, avertissement qui embellit le préambule du Livre de la vie, si seulement vous pouviez le comprendre. Tel est, depuis toujours et à jamais, le commandement du Seigneur. Veillez à ne pas lui préférer le parti de l’ignominie et de l’avilissement. Rien en ce jour ne peut vous être utile si ce n’est Dieu, et il n’y a aucun refuge vers lequel fuir si ce n’est lui, l’Omniscient, le Très-Sage. Quiconque me connaît, connaît le but de tout désir, et quiconque se tourne vers moi, se tourne vers l’objet de toute adoration. Voilà ce qui est inscrit dans le Livre, et voilà ce qui est décrété par Dieu, le Seigneur de tous les mondes. Il est préférable de lire ne fut-ce qu’un seul verset de ma révélation plutôt que de lire les écritures des générations d’hier et d’autrefois. Voici la parole du Très-Miséricordieux, si seulement vous aviez des oreilles pour entendre ! Dis : Voici l’essence de la connaissance, si seulement vous pouviez le comprendre.

140

Et maintenant, considérez ce qui fut révélé dans un autre passage encore dans l’espoir que vous abandonniez vos propres idées et vous tourniez vers Dieu, le Seigneur de l’existence. Il8 dit : « Épouser quelqu’un qui ne croit pas au Bayán est illégitime. Dans un mariage, si l’un des époux embrasse cette Cause, ses possessions deviennent illicites pour l’autre partenaire, jusqu’à ce que celui-ci se convertisse. Cette loi, pourtant, ne prendra effet qu’après l’apparition de la cause de celui qu’en vérité nous rendrons manifeste, ou de ce qui a déjà été révélé en toute justice. En attendant, vous êtes libres d’épouser qui vous voulez en espérant que, par ce moyen, vous puissiez exalter la cause de Dieu. » Ainsi le Rossignol chanta une mélodie suave sur la branche céleste en louange de son Seigneur, le Très-Miséricordieux. Heureux ceux qui écoutent.

141

Ô peuple du Bayán ! je vous adjure par votre Seigneur, le Dieu de miséricorde, de considérer d’un œil équitable cette parole qui fut envoyée par le pouvoir de vérité, et de ne pas être de ceux qui voient le témoignage de Dieu et pourtant le nient et le rejettent. Ils sont de ceux qui périront assurément. Dans ce verset, le Point du Bayán indique clairement que ma cause sera élevée au-dessus de la sienne ; tout esprit juste et perspicace en témoignera. Comme vous pouvez le certifier en ce jour, son élévation est telle qu’elle est indéniable, sauf pour ceux dont les yeux sont enivrés par cette vie mortelle et qu’un châtiment humiliant attend dans la vie à venir.

142

Dis : Par la justice de Dieu ! je9 suis en vérité son Bien-Aimé et, en cet instant, il écoute ces versets qui descendent du ciel de la révélation et déplore les injustices que vous avez commises en ces jours. Craignez Dieu et ne rejoignez pas l’agresseur. Dis : Ô peuple, si vous deviez choisir de ne pas croire en lui,10 abstenez-vous au moins de vous dresser contre lui. Par Dieu ! suffisent les armées de la tyrannie qui se liguent contre lui !

143

En vérité, il11 révéla certaines lois afin qu’en cette dispensation, la Plume du Très-Haut n’ait à se mouvoir que pour glorifier son propre rang transcendant et sa beauté la plus resplendissante. Mais puisque nous avons désiré vous témoigner notre bienveillance, nous avons, par le pouvoir de vérité, présenté ces lois avec clarté, et nous avons tempéré ce que nous désirons vous voir observer. Il est, en vérité, le Munificent, le Généreux.

144

Il12 vous a fait connaître auparavant ce qui serait prononcé par cette Aurore de la sagesse divine. Il dit, et sa parole est vérité : Il13 est celui qui proclame en toutes circonstances : « En vérité, il n’est d’autre Dieu que moi, l’Unique, l’Incomparable, l’Omniscient, l’Informé. » C’est un rang que Dieu assigne exclusivement à cette sublime, cette unique et merveilleuse révélation. C’est un gage de sa faveur généreuse, si vous êtes de ceux qui comprennent, et un signe de son décret irrésistible. C’est son nom le plus grand, sa parole la plus exaltée et l’aurore de ses titres les plus excellents, si vous pouviez le comprendre. Plus encore, par lui toutes les sources, tous les orients de la providence divine sont rendus manifestes. Réfléchissez, ô peuple, à ce qui a été révélé en toute vérité; méditez sur cela et ne soyez pas des transgresseurs.

145

Fréquentez toutes les religions dans l’amitié et la concorde afin qu’elles hument les doux effluves de Dieu venant de vous. Prenez garde que ne vous subjugue la flamme de l’ignorance stupide qui règne parmi les hommes. Tout procède de Dieu et tout à lui retourne. Il est la source de toute chose et en lui finit toute chose.

146

Veillez à ne pas entrer dans une maison en l’absence de son propriétaire, sauf avec sa permission. Comportezvous avec bienséance en toutes circonstances et ne soyez pas comptés parmi les égarés.

147

Il vous a été enjoint de purifier vos moyens d’existence et autres choses semblables par le paiement de la zakát. Celui qui révèle des versets la prescrit dans cette Tablette exaltée. Si c’est la volonté et le dessein de Dieu, nous dévoilerons sous peu son taux d’imposition. En vérité, il explique ce qu’il désire en vertu de ce qu’il sait. Il est vraiment l’Omniscient et le Très-Sage.

148

Il est illicite de mendier et il est interdit de donner au mendiant. Il est enjoint à tous de gagner sa vie, et, quant à ceux qui en sont incapables, il incombe aux mandataires de Dieu et aux riches de prendre des mesures adéquates à leur égard. Observez les lois et les commandements de Dieu, et même, protégez-les comme la prunelle de vos 8 Le Báb. 9 Le Báb.

149

Bahá’u’lláh. 11 Le Báb. 12 Le Báb. 13 Bahá’u’lláh. yeux et ne soyez pas de ceux qui subissent une perte cruelle.

150

Il vous est interdit dans le Livre de Dieu de vous impliquer dans des conflits et des disputes, de frapper quelqu’un, ou de commettre tout autre acte qui attriste le cœur et l’âme. Précédemment, le Seigneur de l’humanité avait prescrit une amende de dix-neuf mithqál d’or à quiconque avait causé de la peine à autrui. Mais dans cette dispensation, il vous en affranchit et vous exhorte à faire preuve de droiture et de piété. Tel est l’ordre qu’il vous donne dans cette Tablette resplendissante. Ne souhaitez pas aux autres ce que vous ne souhaitez pas à vous-mêmes. Craignez Dieu et ne soyez pas gonflés d’orgueil. Vous êtes tous créés d’eau et à la poussière vous retournerez. Méditez sur la fin qui vous attend et n’empruntez pas les voies de l’oppresseur. Prêtez l’oreille aux versets de Dieu que vous récite celui qui est l’Arbre sacré. Ils sont assurément la balance infaillible établie par Dieu, le Seigneur de ce monde et de l’autre. Par eux, l’âme de l’homme prend son envol vers l’Aurore de la révélation, et le cœur de chaque vrai croyant est inondé de lumière. Telles sont les lois que Dieu vous enjoint de suivre, tels sont les commandements qui vous sont prescrits dans sa sainte Tablette. Obéissez-leur dans la joie et l’allégresse, c’est ce qui est le mieux pour vous, si seulement vous le saviez.

151

Récitez les versets de Dieu chaque matin et chaque soir. Quiconque omet de les réciter n’est fidèle ni à l’alliance de Dieu ni à son pacte et quiconque, en ce jour, se détourne de ces versets sacrés est de ceux qui se sont détournés de Dieu de toute éternité. Craignez Dieu, ô mes serviteurs, tous sans exception. Ne vous enorgueillissez pas de longues lectures de versets, ou d’une multitude d’actes pieux de jour ou de nuit ; car mieux vaut pour un homme de lire un seul verset avec une joie radieuse que de lire avec lassitude tous les Livres saints de Dieu, le Secours, l’Absolu. Lisez les versets sacrés dans la mesure où vous ne succombez pas à la langueur et à l’abattement. N’imposez pas à votre âme ce qui l’ennuiera et l’accablera, mais plutôt ce qui l’éclairera et l’élèvera, afin qu’elle s’envole sur les ailes des versets divins vers l’Orient de ses signes évidents ; cela vous rapprochera de Dieu, si seulement vous le compreniez.

152

Enseignez à vos enfants les versets révélés du ciel de majesté et de pouvoir, afin qu’ils récitent les Tablettes du Très-Miséricordieux, avec les intonations les plus mélodieuses, dans les salles des Mashriqu’l-Adhkárs. Quiconque est transporté par le ravissement né de l’adoration de mon Nom, le Très-Compatissant, récitera les versets de Dieu de telle sorte qu’il captivera le cœur de ceux qui sont encore plongés dans le sommeil. Heureux celui qui boit à longs traits le vin mystique de la vie éternelle dans les paroles de son Seigneur miséricordieux en mon Nom – un Nom qui réduisit en poussière les montagnes hautes et majestueuses.

153

Il vous est enjoint de renouveler le mobilier de votre maison après chaque période de dix-neuf ans ; ainsi vous l’ordonne l’Omniscient, le Perspicace. Il désire vraiment le raffinement, à la fois pour vous-mêmes et pour tout ce que vous possédez. Ne vous départissez pas de la crainte de Dieu et ne soyez pas comptés parmi les négligents. Si quelqu’un trouve que ses moyens sont insuffisants pour le faire, Dieu l’en excuse. Il est le Magnanime, le Très-Généreux.

154

Lavez-vous les pieds chaque jour en été et tous les trois jours en hiver.

155

Si quelqu’un se met en colère contre vous, répondez-lui avec gentillesse, et si quelqu’un vous fait des reproches, abstenez-vous de les lui retourner, mais laissez-le face à lui-même et placez votre confiance en Dieu, le Vengeur omnipotent, le Seigneur de puissance et de justice.

156

L’usage des chaires vous est interdit. Si quelqu’un désire vous réciter des versets de son Seigneur, qu’il s’assoie sur une chaise placée sur une estrade et mentionne Dieu, son Seigneur, et le Seigneur de toute l’humanité. Il plaît à Dieu que vous soyez assis sur des chaises et des bancs pour témoigner dignement de l’amour que vous lui portez et que vous portez à la Manifestation de sa cause glorieuse et resplendissante.

157

Les jeux d’argent et l’usage de l’opium vous sont interdits. Abstenez-vous des deux, ô peuple ! et ne soyez pas des transgresseurs. Gardez-vous d’utiliser toute substance qui produit sur le temple humain apathie et torpeur et qui nuit au corps. En vérité, nous ne désirons pour vous que ce qui vous profitera. Toutes les choses créées en témoignent, si seulement vous aviez des oreilles pour entendre.

158

Chaque fois que vous êtes invités à un banquet ou à une fête, répondez avec joie et plaisir, et quiconque tient sa promesse sera exempt de reproche. Voici le jour où chacun des sages décrets de Dieu est expliqué.

159

Voyez, le « mystère du grand renversement dans le signe du Souverain » est maintenant rendu manifeste. Heureux celui que Dieu aide à reconnaître le « Six » suscité du fait de cet « Alif droit ». Il est, en vérité, de ceux dont la foi est véritable. Combien de gens apparemment pieux se sont détournés, et combien d’égarés se sont rapprochés en s’exclamant : « Toute louange soit à toi, ô toi, le Désir des mondes ! » En vérité, c’est à Dieu de donner ce qu’il veut à qui il veut, et de retirer ce qui lui plaît à qui il lui plaît. Il connaît les secrets intimes des cœurs et le sens caché dans le clin d’œil d’un moqueur. Combien d’incarnations de l’insouciance qui vinrent à nous le cœur pur avons-nous établies sur le siège de notre acceptation, et combien de représentants de la sagesse avons-nous, en toute justice, livrés au feu ! C’est à nous, véritablement, de juger. Il est la manifestation de « Dieu fait ce qui lui plaît » et réside sur le trône de « Il ordonne ce qu’il choisit ».

160

Heureux qui découvre le parfum des sens cachés de ce que trace cette Plume dont le mouvement répand les brises de Dieu sur toute la création et dont l’immobilité fait paraître l’essence même du silence dans le monde de l’existence. Glorifié soit le Très-Miséricordieux, révélateur d’une générosité si inestimable. Dis : Parce qu’il endura l’injustice, la justice est apparue sur terre et parce qu’il accepta d’être abaissé, la majesté de Dieu brille parmi les hommes.

161

Il vous est interdit de porter des armes, sauf en cas de nécessité, et il vous est permis de vous vêtir de soie. Le Seigneur, par un effet de sa générosité, supprime les anciennes restrictions concernant les vêtements et la taille de la barbe. Il est, en vérité, Celui qui ordonne, l’Omniscient. Qu’il n’y ait rien dans vos manières que des esprits sains et droits ne désapprouvent, et ne soyez pas le jouet de l’ignorant. Heureux qui s’orne du vêtement d’une conduite digne et d’un caractère louable. Il est assurément compté parmi ceux qui aident leur Seigneur par des actes remarquables et exceptionnels.

162

Encouragez le développement des cités de Dieu et de ses contrées, et que les accents joyeux de ses bien-aimés l’y glorifient. En vérité, tout comme la main et d’autres moyens servent à construire maisons et villes, c’est le pouvoir de la parole qui édifie le cœur des hommes. Nous assignons à chaque dessein un moyen de l’accomplir ; servez-vous-en, et placez votre espérance et votre confiance en Dieu, l’Omniscient, le Très-Sage.

163

Heureux l’homme qui professe la croyance en Dieu et en ses signes et qui reconnaît « qu’il ne lui sera pas demandé compte de ses actes ». Dieu a fait de cette reconnaissance l’ornement et le fondement même de toute croyance. C’est d’elle que dépend l’acceptation de toute bonne action. Ne perdez point cela de vue afin que les murmures du rebelle ne vous fassent pas trébucher.

164

S’il décrète licite ce qui fut interdit de temps immémorial et interdit ce qui fut depuis toujours considéré comme permis, nul n’a le droit de contester son autorité. Quiconque hésite, ne serait-ce qu’un instant, doit être considéré comme transgresseur.

165

Quiconque ne reconnaît pas cette vérité sublime et fondamentale et ne peut atteindre ce rang exalté sera agité par les vents du doute, et les propos des infidèles troubleront son âme. Celui qui reconnaît ce principe sera doté de la plus parfaite constance. Honneur à ce rang très glorieux dont le souvenir orne chaque Tablette exaltée. Tel est l’enseignement que Dieu vous donne, un enseignement qui vous délivrera de toute espèce de doute et de perplexité et qui vous permettra d’obtenir le salut en ce monde et dans l’autre. Il est, en vérité, le Magnanime, le Très-Généreux. C’est lui qui envoie les Messagers et fait descendre les Livres pour proclamer : « Il n’est d’autre Dieu que moi, le Tout-Puissant, le Très-Sage ».

166

Ô terre de Káf et Rá !14 En vérité, nous te voyons dans un état qui déplaît à Dieu ; nous voyons émaner de toi ce qui est impénétrable à tous sauf à lui, l’Omniscient, le Très-Informé et nous percevons ce qui se dégage de toi secrètement et furtivement. En nous est gravée sur une Tablette limpide la connaissance de toutes choses. Ne t’attriste pas de ce qui t’advient. Sous peu, Dieu suscitera en ton sein des hommes puissants et valeureux qui magnifieront mon nom avec une telle constance que ne les décourageront ni les propos perfides des religieux ni les insinuations des semeurs de doute. De leurs yeux, ils contempleront Dieu et par leurs vies, ils le rendront victorieux. Ce sont eux qui sont vraiment inébranlables.

167

Ô assemblée de religieux ! lorsque mes versets furent envoyés et que mes signes évidents furent révélés, nous vous trouvâmes derrière les voiles. Quelle chose étrange, en vérité ! Vous vous glorifiez de mon nom et pourtant vous ne me reconnaissez pas au moment où votre Seigneur, le Très-Miséricordieux, apparaît parmi vous avec preuve et témoignage. Nous avons déchiré les voiles. Gardez-vous d’aveugler les gens par un autre voile encore. Brisez les chaînes des vaines imaginations au nom du Seigneur de tous les hommes, et ne faites pas partie des fourbes. Si vous vous tournez vers Dieu et embrassez sa cause, n’y semez pas le désordre et n’évaluez pas le Livre de Dieu à l’aune de vos désirs égoïstes. En vérité, c’est le conseil de Dieu depuis toujours et pour toujours, et cela les témoins et les élus de Dieu, voire chacun de nous, l’attestent solennellement. 14 Kirmán.

168

Souvenez-vous du shaykh qui s’appelait Muh∂ammad-H∆asan, l’un des religieux les plus savants de son temps. Lorsque le Véritable se manifesta, ce shaykh, avec d’autres de son état, le récusa, alors qu’un tamiseur de blé et d’orge l’accepta et se tourna vers le Seigneur. Bien qu’il fût occupé nuit et jour à mettre par écrit ce qu’il pensait être les lois et ordonnances de Dieu, de tout cela pas une seule lettre ne lui fut utile lorsque l’Indépendant apparut, sinon il ne se serait pas détourné d’une Présence qui illumina le visage des élus du Seigneur. Si vous aviez cru en Dieu lorsqu’il s’est révélé, le peuple ne se serait pas détourné de lui, et ce dont vous êtes aujourd’hui témoins ne nous serait pas arrivé. Craignez Dieu et ne soyez pas insouciants.

169

Prenez garde qu’aucun nom ne vous prive de celui qui est le Possesseur de tous les noms, et qu’aucune parole ne vous écarte de cette Souvenance de Dieu, cette Source de sagesse parmi vous. Tournez-vous vers Dieu et recherchez sa protection, ô assemblée de religieux, et ne faites pas de vous un voile entre moi et mes créatures. Ainsi vous exhorte votre Seigneur et il vous commande d’être justes de crainte que vos œuvres ne soient réduites à néant et que vous-mêmes ne soyez oublieux de votre condition. Sera-t-il capable, celui qui nie cette cause, de soutenir la vérité de toute autre cause dans la création tout entière ? Non ! par le Créateur de l’univers ! Pourtant, les gens sont enveloppés d’un voile tangible. Dis : C’est par cette cause que le soleil du témoignage s’est levé, et que l’astre de la preuve répand son rayonnement sur tout ce qui vit sur terre. Craignez Dieu, ô hommes de discernement, et ne soyez pas de ceux qui ne croient pas en moi. Prenez garde que le mot « Prophète » ne vous retienne loin de cette Très-Grande-Nouvelle, ou qu’une référence au vicariat ne vous éloigne de la souveraineté de celui qui est le Vicaire de Dieu, celui qui embrasse tous les mondes. Chaque nom fut créé par sa parole et chaque cause dépend de sa cause irrésistible, puissante et merveilleuse. Dis : Voici le jour de Dieu, jour où rien ne sera mentionné sauf son propre Soi, le Protecteur omnipotent de tous les mondes. Voici la cause qui ébranle toutes vos superstitions et toutes vos idoles.

170

En vérité, nous voyons parmi vous celui qui s’empare du Livre de Dieu et en tire des preuves et des arguments pour renier son Seigneur, tout comme les disciples des autres religions cherchèrent dans leurs Livres saints des raisons pour réfuter celui qui est le Secours, l’Absolu. Dis : Dieu, le Vrai, m’est témoin qu’aucune Écriture du monde ni aucun livre ni aucun texte ne vous seront utiles en ce jour sans ce Livre, le Livre vivant, qui proclame au cœur même de la création : « En vérité, il n’est d’autre Dieu que moi, l’Omniscient, le Très-Sage. »

171

Ô assemblée de religieux ! veillez à ne pas être cause de dissensions dans le pays, comme vous fûtes cause du reniement de cette Foi en ses débuts. Rassemblez le peuple autour de cette parole qui fait s’écrier les pierres : « Le royaume est à Dieu, l’Orient de tous les signes ! » Ainsi vous exhorte votre Seigneur par un effet de sa générosité. Il est, en vérité, le Magnanime, le Munificent.

172

Souvenez-vous de Karím et comment, poussé par ses désirs, il se fit de plus en plus arrogant lorsque nous l’appelâmes à Dieu. Pourtant nous lui avions envoyé ce qui, dans le monde de l'existence, est un délice pour l’œil de la preuve et un accomplissement de la révélation de Dieu à tous les habitants de la terre et du ciel. En signe de la grâce du Possesseur de toutes choses, le Très-Haut, nous lui avons enjoint d’embrasser la vérité. Mais il s’en détourna jusqu’à ce que, par la justice de Dieu, les anges de la colère se saisirent de lui. Nous en fûmes vraiment témoin.

173

Déchirez les voiles de sorte que les hôtes du royaume les entendent se déchirer. Voilà l’ordre de Dieu, dans les jours passés et pour les jours à venir. Heureux l’homme qui observe ce qui lui est commandé et malheur au négligent.

174

Nous n’avons certes pas d’autre but dans ce monde terrestre que de rendre Dieu manifeste et de révéler sa souveraineté ; il me suffit de prendre Dieu à témoin. Nous n’avons certes pas d’autre intention dans le royaume céleste que d’exalter sa cause et de glorifier sa louange, il me suffit de prendre Dieu comme protecteur. Nous n’avons certes pas d’autre désir dans l’empyrée que de célébrer Dieu et ce qu’il envoie ici-bas ; il me suffit d’avoir Dieu comme secours.

175

Soyez heureux, ô savants en Bahá. Par le Seigneur ! vous êtes les vagues du très puissant Océan, les étoiles du firmament de gloire, les étendards du triomphe qui flottent entre ciel et terre. Vous êtes les manifestations de la fermeté parmi les hommes et les aurores de la parole divine pour tous ceux qui vivent sur terre. Heureux qui se tourne vers vous, et malheur à l’obstiné. En ce jour, il incombe à celui qui, des mains du Seigneur son Dieu, le Miséricordieux, a bu à longs traits le vin mystique de la vie éternelle, de battre telle une artère qui palpite dans le corps de l’humanité afin que par lui soient revivifiés le monde et tout os tombé en poussière.

176

Ô peuple du monde ! quand la Colombe mystique aura pris son envol de son sanctuaire de louange à la recherche de son but lointain, sa demeure cachée, adressez-vous pour tout ce que vous ne comprenez pas dans le Livre à celui qui est la Branche issue de cette puissante Souche.

177

Ô plume du Très-Haut ! cours sur la Tablette au commandement de ton Seigneur, le Créateur des cieux, pour évoquer le temps où celui qui est l’Aurore de l’unité divine décida de diriger ses pas vers l’école de l’unité transcendante. Ainsi les cœurs purs pourront sans doute entrevoir un soupçon, fût-il aussi petit que le chas d’une aiguille, des mystères de ton Seigneur, le Tout-Puissant, l’Omniscient, mystères qui se trouvent cachés derrière les voiles. Dis : nous entrâmes en effet dans l’école du sens profond et de l’explication, alors que toutes les choses créées étaient inconscientes. Nous vîmes les mots révélées par le Très-Miséricordieux, nous acceptâmes les versets de Dieu, le Secours, l’Absolu, qu’il nous présenta, et nous entendîmes ce qu’il avait solennellement affirmé dans la Tablette. Assurément cela nous l’avons vu. Et nous avons accédé à son vœu de notre propre chef, car nous avons vraiment le pouvoir de commander.

178

Ô peuple du Bayán ! en vérité, nous entrâmes dans l’école de Dieu alors que vous étiez assoupis. Nous étudiâmes la Tablette alors que vous étiez plongés dans le sommeil. Par le seul vrai Dieu ! nous lûmes la Tablette avant qu’elle soit révélée alors que vous étiez inconscients, et nous eûmes déjà une parfaite connaissance du Livre alors que vous n’étiez pas encore nés. Ces paroles sont à votre mesure et non à celle de Dieu. En témoigne ce qui est enchâssé dans sa connaissance, si vous êtes de ceux qui entendent ; en porte aussi témoignage la langue du Tout-Puissant, si vous êtes de ceux qui comprennent. Par Dieu, si nous levions le voile, vous seriez confondus.

179

Gardez-vous de discuter futilement au sujet du Tout-Puissant et de sa cause car voilà, il apparaît parmi vous investi d’une révélation si grande qu’elle embrasse toutes choses, du passé comme du futur. Si nous abordions notre sujet dans la langue des habitants du royaume, nous dirions : « Vraiment, Dieu créa cette école avant de créer le ciel et la terre, et nous y pénétrâmes avant que soient jointes et liées les lettres S-O-I-S ». Voilà le langage de nos serviteurs en notre royaume ; considérez quelles seraient les paroles proférées par les habitants de notre empyrée, étant donné que nous leur avons enseigné notre savoir et révélé tout ce qui gisait caché dans la sagesse de Dieu. Imaginez alors ce qu’exprimerait la Langue de puissance et de grandeur dans son séjour très glorieux !

180

Cette cause n’est pas un jouet pour vos imaginations futiles ni un espace pour les sots ou les cœurs pusillanimes. Par Dieu, voici l’arène du discernement et du détachement, de la perspicacité et de l’élévation, où nul ne peut éperonner son destrier, sauf les vaillants chevaliers du Miséricordieux qui ont coupé tout attachement au monde de l’existence. En vérité, ils rendent Dieu victorieux sur terre et sont l’orient de son pouvoir souverain parmi les hommes.

181

Prenez garde que ce qui fut révélé dans le Bayán ne vous éloigne de votre Seigneur, le Très-Compatissant. Dieu m’est témoin que le Bayán fut révélé dans l’unique but de célébrer ma louange, si seulement vous le saviez ! Le cœur pur y trouvera juste le parfum de mon amour et mon nom qui abrite tout ce qui voit et qui est vu. Dis : Ô peuple, tournez-vous vers ce que ma Plume très exaltée a écrit. Si vous y humez la fragrance divine, ne vous opposez pas à Dieu et ne vous refusez pas une part de sa bienveillante faveur et de ses multiples dons. Voilà l’avertissement de votre Seigneur. Il est, en vérité, le Conseiller, l’Omniscient.

182

Pour ce que vous ne comprenez pas dans le Bayán, interrogez Dieu, votre Seigneur et le Seigneur de vos ancêtres. S’il le désire, il vous expliquera ce qui y est révélé et vous dévoilera les perles de la sagesse et du savoir divins qui gisent cachées dans l’océan de ses paroles. Il est vraiment au-dessus de tous les noms ; il n’est d’autre Dieu que lui, le Secours, l’Absolu.

183

L’équilibre du monde est bouleversé par l’influence vibrante de ce très grand, de ce nouvel ordre mondial. La vie ordonnée de l’humanité est révolutionnée par l’action de cet unique et merveilleux système, dont les yeux des mortels n’ont jamais vu l’équivalent.

184

Immergez-vous dans l’océan de mes paroles afin d’en pénétrer les secrets et de découvrir toutes les perles de sagesse que recèlent ses profondeurs. Prenez garde à ne pas vaciller dans votre détermination à embrasser la vérité de cette cause, une cause qui permet aux potentialités de la puissance de Dieu de se révéler et à sa souveraineté de s’établir. Le visage rayonnant de joie, hâtez-vous vers Lui. C’est la foi immuable de Dieu, éternelle dans le passé, éternelle dans le futur. Que celui qui cherche la trouve ; quant à celui qui se refuse à la chercher, en vérité, Dieu, au-dessus de ses créatures, se suffit à lui-même et n’a nul besoin d’elles.

185

Dis : Voici la balance infaillible que tient la main de Dieu dans laquelle sont pesés tous ceux qui sont au ciel et sur la terre, et leur sort déterminé, si vous êtes de ceux qui croient et qui reconnaissent cette vérité. Dis : Voici le Témoignage suprême qui établit la validité de chaque preuve à travers les âges, puissiez-vous en être assurés. Dis : Par lui, le pauvre est enrichi, le savant éclairé, et les chercheurs ont la possibilité de s’élever jusqu’à la présence de Dieu. Gardez-vous d’en faire une cause de dissensions parmi vous. Soyez fermes et immuables comme une montagne dans la cause de votre Seigneur, le Puissant, le Dieu d’amour.

186

Dis : Ô source de perversion ! abandonne ton entêtement aveugle et proclame la vérité parmi le peuple. Je jure par Dieu que j’ai pleuré sur toi en te voyant suivre tes passions égoïstes, renonçant à celui qui t’a façonné et t’a donné la vie. Souviens-toi de la tendre miséricorde de ton Seigneur, et rappelle-toi comment nous t’avons nourri jour et nuit pour le service de la cause. Crains Dieu et repens-toi sincèrement. Que le peuple n’ait pas eu une vue claire de ton rang, soit ! mais est-il concevable que toi aussi tu te sois trompé ? Tremble devant ton Seigneur et souviens-toi des jours où tu te tenais devant notre trône, écrivant sous notre dictée les versets envoyés par Dieu, le Protecteur omnipotent, le Seigneur de puissance et de pouvoir. Prends garde que le feu de ta présomption ne te barre l’entrée de la sainte cour de Dieu. Tourne-toi vers lui et n’aie pas peur à cause de tes actes. En vérité, il pardonne à qui il veut en signe de sa générosité. Il n’est pas d’autre Dieu que lui, Celui qui toujours pardonne, le Munificent. Nous t’exhortons uniquement pour l’amour de Dieu. Si tu acceptais ce conseil, tu n’agirais que dans ton propre intérêt ; et si tu le rejetais, ton Seigneur peut, en vérité, se passer de toi et de tous ceux qui, manifestement abusés, t’ont suivi. Vois ! Dieu s’est emparé de celui qui t’a égaré. Reviens vers Dieu, modeste, humble et soumis. En vérité, il te libérera de tes péchés, car ton Seigneur est en toute certitude, l’Indulgent, le Puissant, le Très-Miséricordieux.

187

Voici le conseil de Dieu, si tu pouvais y prêter attention ! Voici la générosité de Dieu, si tu pouvais la recevoir ! Voici la parole de Dieu, si seulement tu la comprenais ! Voici le trésor de Dieu, si seulement tu pouvais comprendre !

188

Voici un Livre qui est devenu la lampe de l’Éternel pour le monde, sa voie droite et sans détour parmi les peuples de la terre. Dis : voici l’Aurore de la connaissance divine, si vous êtes de ceux qui comprennent ; voici l’Orient des commandements de Dieu, si vous êtes de ceux qui saisissent.

189

Ne chargez pas un animal plus qu’il ne peut porter. Nous proscrivons un tel traitement par une interdiction formelle dans le Livre. Soyez les incarnations de la justice et de l’équité parmi la création tout entière.

190

Si une personne ôte accidentellement la vie à une autre, il lui incombe de donner à la famille du défunt une indemnité de cent mithqál d’or. Suivez ce qui vous est enjoint dans cette Tablette, et ne soyez pas de ceux qui en dépassent les limites.

191

Ô membres des parlements du monde ! choisissez une langue unique à l’usage de tous sur la terre et, de même, adoptez une écriture commune. Dieu, en vérité, vous montre clairement ce qui vous profitera et vous rendra indépendants de quiconque. Il est vraiment le Très-Généreux, l’Omniscient, l’Informé. Ce sera la cause de l’unité, si vous pouviez le savoir, et le plus grand moyen de promouvoir l’harmonie et la civilisation, si vous pouviez le comprendre. Nous avons désigné deux signes pour la maturité de l’humanité ; le premier, qui est la fondation la plus solide, nous l’avons consigné dans une autre de nos Tablettes, alors que le second est révélé dans ce Livre merveilleux.

192

Il vous est interdit de fumer de l’opium. Nous proscrivons en vérité cette pratique dans le Livre par une interdiction impérative. Qui en use n’est assurément pas de moi. Craignez Dieu, ô vous qui êtes doués d’entendement !

Questions et réponses

1

QUESTION : Concernant la plus grande Fête.

REPONSE : La plus grande Fête commence en fin d'après-midi, le treizième jour du deuxième mois de l'année selon le Bayán. Pendant le premier, le neuvième et le douzième jour de cette fête, il est interdit de travailler.

2

QUESTION : Concernant la fête des Anniversaires jumeaux.

REPONSE : La naissance de la Beauté d'Abhá eut lieu à l'aurore du deuxième jour du mois de Muharram, (Premier mois du calendrier lunaire islamique) dont le premier jour est marqué par la naissance de son héraut. Aux yeux de Dieu, ces deux jours sont considérés comme n'en formant qu'un.

3

QUESTION : Concernant les versets de mariage (En arabe, les deux versets diffèrent en genre.).

REPONSE : Pour les hommes : "En vérité, nous nous conformerons tous à la volonté de Dieu." Pour les femmes : "En vérité, nous nous conformerons toutes à la volonté de Dieu."

4

QUESTION : S'il arrivait qu'un homme parte en voyage sans spécifier le moment de son retour - en d'autres mots, sans indiquer la période estimée de son absence - et qu'ensuite on n'entende plus parler de lui, que toute trace de lui soit perdue, que devrait faire sa femme ?

REPONSE : S'il avait omis de fixer le moment de son retour, tout en connaissant la stipulation du Kitáb-i-Aqdas à ce sujet, sa femme devrait attendre une année complète, puis elle serait libre soit d'adopter la conduite qui est louable, soit de se choisir un autre mari. Pourtant, s'il n'était pas au courant de cette stipulation, elle devrait prendre patience jusqu'à ce que Dieu daigne lui faire connaître le sort de son époux. Dans ce contexte, la voie la plus louable est l'exercice de la patience.

5

QUESTION : Concernant le saint verset : "Lorsque Nous entendîmes les cris des enfants à naître, Nous doublâmes leur part, diminuant d'autant celles des autres."

REPONSE : Suivant le Livre de Dieu, les biens du défunt sont divisés en deux mille cinq cent vingt parts, le plus petit commun multiple de tous les nombres entiers jusqu'à neuf, ces parts sont ensuite réparties en sept portions, chacune étant allouée à une catégorie particulière d'héritiers, comme mentionné dans le Livre. Par exemple, les enfants reçoivent neuf lots de soixante parts, ce qui fait cinq cent quarante parts en tout. Le sens de la phrase "Nous doublâmes leur part," vient de ce que les enfants reçoivent en plus neuf lots de soixante parts, ce qui leur donne droit à dix-huit lots en tout. Ces parts supplémentaires qu'ils reçoivent sont soustraites des parts des autres catégories d'héritiers. C'est ainsi que, bien qu'il soit révélé par exemple que le conjoint a droit à "huit lots comprenant quatre cent quatre-vingts parts", ce qui équivaut à huit lots de soixante parts, maintenant, en vertu de ce nouvel arrangement, un lot et demi de parts, donc quatre-vingt-dix parts, a été soustrait de la portion du conjoint et redistribué aux enfants. Il en est de même pour les autres. Il en résulte que la somme totale soustraite équivaut aux neuf lots de parts supplémentaires attribués aux enfants.

6

QUESTION : Pour avoir droit à sa part de l'héritage, un frère doit-il descendre du père et de la mère du défunt, ou est-il suffisant pour lui de n'avoir qu'un parent en commun ?

REPONSE : Si le frère descend du père, il recevra sa part de l'héritage dans la mesure prescrite dans le Livre; mais, s'il descend de la mère, il ne recevra que les deux tiers de sa part; le tiers restant revient à la maison de justice. Cette règle s'applique aussi à la soeur.

7

QUESTION : Parmi les clauses concernant l'héritage, il est écrit que: "Si les défunts ne laissent pas de descendance, leur part reviendra à la maison de justice." Dans le cas où d'autres catégories d'héritiers, comme le père, la mère, le frère, la soeur et l'enseignant sont elles aussi absentes, leurs parts de l'héritage doivent-elles aussi revenir à la maison de justice, ou faut-il les traiter d'une autre façon ?

REPONSE : Le verset sacré suffit. Il dit, que sa parole soit exaltée : "Si les défunts ne laissent pas de descendance, leur part reviendra à la maison de justice" etc. et "Si les défunts laissent une descendance, mais aucune autre catégorie d'héritiers mentionnée dans le Livre, elle recevra deux tiers de l'héritage, et le tiers restant reviendra à la maison de justice," etc. Autrement dit, lorsqu'il n'y a pas de descendance, leur part d'héritage reviendra à la maison de justice; et, lorsqu'il y a une descendance mais pas d'autre catégorie d'héritiers, deux tiers de l'héritage vont à la descendance, le tiers restant revenant à la maison de justice. Cette règle a une application tant générale que spécifique, c'est-à-dire que, lorsqu'une quelconque catégorie de ces dernières classes d'héritiers est absente, deux tiers de leur héritage vont à la descendance et le tiers restant à la maison de justice.

8

QUESTION : Concernant la somme de base sur laquelle le huqúqu'lláh est à payer.

REPONSE : La somme de base sur laquelle il faut payer le huqúqu'lláh est de dix-neuf mithqáls d'or : autrement dit, lorsqu'on a acquis de l'argent pour un montant équivalent à cette somme, un paiement du huqúq est dû. De même, il faut payer le huqúq lorsque la valeur, non le nombre, des autres formes de propriété atteint le montant prescrit. On ne paie pas le huqúqu'lláh plus d'une fois. Par exemple, une personne qui a acquis mille mithqáls d'or et qui paie le huqúq n'est pas tenue de faire un autre paiement sur cette somme, mais seulement sur ce qui s'y ajoute par le commerce, les affaires ou activités semblables. Lorsque cette augmentation, c'est-à-dire le profit réalisé, atteint la somme prescrite, on doit appliquer ce que Dieu a décrété. Ce n'est que lorsque le capital change de main qu'il est de nouveau sujet au paiement du huqúq, comme il l'était la première fois. Le Premier Point ordonna que le huqúqu'lláh soit payé sur la valeur de tout ce que quelqu'un possède; mais, dans cette très puissante dispensation, nous en avons exempté l'ameublement de la maison, c'est-à-dire les meubles qui sont nécessaires et la résidence elle-même.

9

QUESTION : Que doit-on payer en premier : le huqúqu'lláh, les dettes du défunt ou les frais des funérailles et de l'enterrement ?

REPONSE : Les funérailles et l'enterrement passent en premier, puis le paiement des dettes, et ensuite le huqúqu'lláh. Si l'avoir du défunt ne suffit pas à couvrir ses dettes, ce qui en reste devrait être distribué en proportion du montant de chaque dette.

10

QUESTION : Le Kitáb-i-Aqdas interdit de se raser la tête, alors que la Súriy-i-Hajj l'impose.

REPONSE : Tous doivent obéir au Kitáb-i-Aqdas; tout ce qui y est révélé est la loi de Dieu pour ses serviteurs. L'injonction aux pèlerins se rendant à la Maison sacrée de se raser la tête a été levée.

11

QUESTION : Si un couple a des rapports pendant son année de patience, puis qu'ensuite ils se séparent de nouveau, doivent-ils recommencer leur année de patience, ou les jours précédant ces rapports peuvent-ils être inclus dans le décompte de l'année de patience ? Et, une fois le divorce prononcé, une autre période d'attente doit-elle être observée ?

REPONSE : Si l'affection revenait dans un couple pendant son année de patience, le lien du mariage est valide, et tout ce qui est commandé dans le Livre de Dieu doit être observé; mais une fois l'année de patience terminée, et ce que Dieu a décrété accompli, une autre période d'attente n'est pas exigée. Les rapports sexuels entre mari et femme sont interdits pendant leur année de patience, et ceux qui commettent cet acte doivent en demander pardon à Dieu; leur punition sera de verser à la maison de justice une amende de dix-neuf mithqáls d'or.

12

QUESTION : Si l'antipathie se développait dans un couple après avoir prononcé les versets du mariage et que la dot a été payée, le divorce peut-il avoir lieu sans observer l'année de patience ?

REPONSE : On peut légitimement divorcer après avoir lu les versets de mariage et avoir payé la dot, mais avant la consommation du mariage. Dans de telles circonstances, il n'est pas nécessaire d'observer une année de patience, mais il n'est pas permis de récupérer la dot.

13

QUESTION : Le consentement des parents des deux côtés est-il une condition préalable au mariage, ou celui des parents d'un seul côté est-il suffisant ? Cette loi est-elle seulement applicable aux vierges ou aux autres également ?

REPONSE : La condition préalable au mariage est le consentement des parents des deux parties et, dans ce domaine, que la fiancée soit vierge ou non ne fait pas de différence.

14

QUESTION : Il a été enjoint aux croyants de se tourner dans la direction de la Qiblih lorsqu'ils récitent leurs prières obligatoires; dans quelle direction devraient-ils se tourner lorsqu'ils offrent d'autres prières et d'autres dévotions ?

REPONSE : Faire face à la direction de la Qiblih est une exigence imposée pour la récitation de la prière obligatoire; mais pour les autres prières et dévotions, on peut suivre ce que le Seigneur miséricordieux a révélé dans le Qur'án : "Où que vous vous tourniez, il y a la face de Dieu."

15

QUESTION : Concernant la commémoration de Dieu dans le Mashriqu'l-Adhkár "à l'heure de l'aube".

REPONSE : Bien que les mots "à l'heure de l'aube" soient utilisés dans le Livre de Dieu, cette commémoration est acceptable pour Dieu dès le point du jour, entre l'aube et le lever du soleil ou même, jusqu'à deux heures après le lever du soleil.

16

QUESTION : La règle disant que le corps d'un défunt ne doit pas être transporté à plus d'une heure de distance s'applique-t-elle à la fois au transport par terre et par mer ?

REPONSE : Ce commandement s'applique aux distances par mer comme par terre, que ce soit une heure de navire ou de train; l'intention est le temps d'une heure, quel que soit le moyen de transport. Cependant, plus l'enterrement a lieu rapidement, et plus il sera convenable et acceptable.

17

QUESTION : Quelle procédure suivre en cas de découverte d'objets perdus ?

REPONSE : Si cet objet est trouvé en ville, sa découverte doit être annoncée une fois par le crieur public. Si le propriétaire de l'objet est ainsi découvert, il faudra le lui remettre; sinon, celui qui a découvert l'objet devra attendre une année et, si, pendant cette période, on découvre le propriétaire, celui-ci devra rembourser à celui qui a découvert son bien les honoraires du crieur, et récupérer ce qui lui appartient; ce n'est qu'une fois l'année écoulée sans que le propriétaire ait été identifié, que le découvreur pourra entrer en possession de l'objet. Si la valeur de cet objet est inférieure ou égale aux honoraires du crieur, le découvreur ne devra attendre qu'une seule journée après le moment de sa découverte, au terme de laquelle il peut s'approprier celle-ci, si le propriétaire ne s'est pas fait connaître. Dans le cas où l'objet est découvert dans une région inhabitée, le découvreur devra attendre trois jours, période après laquelle il est libre de prendre possession de sa découverte si l'identité du propriétaire reste inconnue.

18

QUESTION : En référence aux ablutions : si, par exemple, une personne vient juste de se laver entièrement, doit-elle malgré tout faire ses ablutions ?

REPONSE : La prescription concernant les ablutions doit, dans tous les cas, être observée.

19

QUESTION : Si une personne avait l'intention de quitter son pays et que sa femme y est opposée, et que leur dissension aboutit à un divorce; et si ses préparatifs de voyage prennent plus d'un an, cette période peut-elle être comptée comme année de patience, ou est-ce le jour où le couple se sépare qui compte comme point de départ de cette année ?

REPONSE : Le début du décompte est le jour où le couple se sépare. Donc, s'ils se sont séparés un an avant le départ du mari, sans que le parfum de l'affection se soit renouvelé dans le couple, le divorce peut avoir lieu. Sinon, l'année doit être comptée à partir du jour de son départ, et les conditions indiquées dans le Kitáb-i-Aqdas doivent être observées.

20

QUESTION : Concernant l'âge de la maturité quant aux devoirs religieux.

REPONSE : L'âge de la maturité est quinze ans tant pour les hommes que pour les femmes.

21

QUESTION : Concernant le saint verset : "En voyage, si vous vous arrêtez en quelque lieu sûr pour vous reposer, effectuez... une seule prosternation pour chaque prière obligatoire non dite..."

REPONSE : La prosternation est destinée à compenser la prière obligatoire omise au cours d'un voyage pour des raisons d'insécurité. Si, à l'heure de la prière, le voyageur se trouvait en un lieu sûr, il devrait accomplir cette prière. Cette disposition concernant la prosternation compensatrice s'applique aussi bien chez soi qu'en voyage.

22

QUESTION : Concernant la définition d'un voyage. (Ceci se réfère à la durée minimum d'un voyage qui exempte le voyageur du jeûne)

REPONSE : La définition d'un voyage est de neuf heures d'horloge. Si le voyageur s'arrête en un lieu, en prévoyant d'y rester au moins un mois selon le Bayán, il lui incombe d'observer le jeûne; mais, s'il y reste moins d'un mois, il en est exempté. S'il arrive pendant le jeûne en un lieu où il doit rester un mois selon le Bayán, il ne devrait pas observer le jeûne avant un délai de trois jours, et devrait ensuite l'observer jusqu'à la fin. Mais s'il arrive chez lui, là où jusqu'alors il résidait en permanence, il doit commencer le jeûne dès le premier jour suivant son arrivée.

23

QUESTION : Concernant la punition pour l'adultère, homme ou femme.

REPONSE : A la première infraction, il faut payer neuf mithqáls. En cas de récidive dix-huit, trente-six pour la troisième, et ainsi de suite, chaque amende étant le double de la précédente. Le poids d'un mithqál équivaut à dix-neuf nakhuds en accord avec la stipulation du Bayán.

24

QUESTION : Concernant la chasse.

REPONSE : Il dit, exalté soit-il : "Si vous devez chasser à l'aide d'animaux ou d'oiseaux de proie,...", et ainsi de suite. Sont aussi inclus d'autres moyens tels que les arcs et les flèches, les fusils et d'autres équipements pour la chasse. Pourtant, si des trappes et des pièges sont utilisés et que le gibier meurt avant d'être trouvé, sa consommation est illicite.

25

QUESTION : Concernant le pèlerinage.

REPONSE : Le pèlerinage à l'une des deux Maisons sacrées est obligatoire; mais quant à savoir laquelle, c'est au pèlerin de choisir.

26

QUESTION : Concernant la dot.

REPONSE : Concernant la dot, l'intention est qu'on s'en tienne au minimum qui est de dix-neuf mithqáls d'argent.

27

QUESTION : Concernant le verset sacré : "Cependant, si elle apprend le décès de son mari", etc.

REPONSE : Par "du nombre de mois fixé," d'attente, on entend une période de neuf mois.

28

QUESTION : Une autre question fut posée concernant la part d'héritage de l'enseignant.

REPONSE : Si l'enseignant est décédé, un tiers de sa part d'héritage revient à la maison de justice, et les deux tiers restants vont aux descendants du défunt, et non à ceux de l'enseignant.

29

QUESTION : Une autre question fut posée concernant le pèlerinage.

REPONSE : Par pèlerinage à la Maison sacrée imposé aux hommes, on entend à la fois la très grande Maison de Baghdád et la Maison du Premier Point à Shíráz, le pèlerinage à l'une ou à l'autre de ces maisons est suffisant. Ils peuvent ainsi accomplir leur pèlerinage au lieu qui est le plus proche de leur lieu de résidence.

30

QUESTION : Concernant le verset : "... celui qui prend une femme non mariée à son service, peut le faire avec bienséance."

REPONSE : Cela ne concerne que les services tels qu'accomplis par n'importe quelle autre classe de serviteurs, jeunes ou vieux, en échange de gages; cette jeune fille est libre de choisir un mari quand il lui plaît, car il est interdit d'acheter des femmes ou, pour un homme, d'avoir plus de deux épouses.

31

QUESTION : Concernant le verset sacré : "... le Seigneur a interdit la pratique à laquelle vous aviez précédemment recours lorsque vous divorciez trois fois d'une même femme."

REPONSE : Il est fait ici référence à la loi qui rendait obligatoire qu'un autre homme épouse cette femme avant qu'elle ne puisse être à nouveau mariée à son précédent mari. Cette pratique a été interdite dans le Kitáb-i-Aqdas.

32

QUESTION : Concernant la restauration et la conservation des deux maisons situées dans les lieux jumeaux, et des autres sites dans lesquels le trône a été établi.

REPONSE : Par les deux maisons, on entend la très grande Maison et la Maison du Premier Point. Pour les autres sites, les personnes des régions où ceux-ci sont situés peuvent choisir de préserver soit chacune des maisons où le trône fut établi, soit l'une d'entre elles.

33

QUESTION : Une autre question fut posée concernant l'héritage de l'enseignant.

REPONSE : Si l'enseignant n'est pas du peuple de Bahá, il n'hérite pas. S'il y avait plusieurs enseignants, la part devrait être également divisée entre eux. Si l'enseignant est décédé, ses descendants n'héritent pas de sa part, mais deux tiers vont aux descendants du défunt et le tiers restant revient à la maison de justice.

34

QUESTION : Concernant la résidence assignée exclusivement à la descendance masculine.

REPONSE : S'il y a plusieurs résidences, c'est la plus belle et la plus noble qui est concernée; les autres devant être partagées entre tous les héritiers, comme tout autre sorte de biens. Chaque héritier, quelle que soit sa catégorie, qui est en dehors de la foi de Dieu, est considéré comme inexistant et n'hérite pas.

35

QUESTION : Concernant le Naw-Rúz.

REPONSE : La fête du Naw-Rúz tombe le jour où le soleil entre dans le signe du Bélier, (L'équinoxe de printemps dans l'hémisphère Nord.) même si cela devait arriver moins d'une minute avant le coucher du soleil.

36

QUESTION : Si les jours de commémoration, soit des Anniversaires jumeaux, soit de la Déclaration du Báb, tombent pendant le jeûne, que faut-il faire ?

REPONSE : Si les fêtes célébrant les Anniversaires jumeaux ou la Déclaration du Báb tombent pendant le mois du jeûne, l'ordre de jeûner ne s'appliquera pas ces jours-là.

37

QUESTION : Dans les saintes ordonnances qui gouvernent l'héritage, la résidence et les vêtements personnels du défunt ont été attribués à la descendance masculine. Cette clause ne s'applique-t-elle qu'aux biens du père, ou s'applique-t-elle aussi aux biens de la mère ?

REPONSE : Les vêtements usagés de la mère devraient être partagés à parts égales entre les filles, mais le reste de ses biens, y compris les propriétés, les bijoux et les vêtements neufs, doit être distribué, comme il est révélé dans le Kitáb-i-Aqdas, entre tous ses héritiers. Si cependant la défunte ne laisse pas de filles, ses biens seront tous divisés de la manière indiquée pour les hommes dans le texte saint.

38

QUESTION : Concernant le divorce qui doit être précédé par une année de patience : que faut-il faire si une seule des parties incline à la réconciliation ?

REPONSE : Suivant les commandements révélés dans le Kitáb-i-Aqdas, les deux parties doivent être satisfaites; à moins que les deux ne le veuillent, il ne peut y avoir réunion.

39

QUESTION : A propos de la dot, si le fiancé n'est pas capable de payer la somme en entier, peut-il à la place présenter officiellement une promesse écrite à sa fiancée au moment de la cérémonie de mariage, avec l'assurance qu'il l'honorera lorsqu'il le pourra ?

REPONSE : La permission d'adopter cet usage a été accordée par la Source d'autorité.

40

QUESTION : Si, pendant l'année de patience, le parfum de l'affection ne réapparaît que pour être suivi de nouveau par l'antipathie et si, durant toute l'année de patience, le couple oscille entre l'affection et l'aversion, et que l'année s'achève dans l'antipathie, le divorce peut-il ou non avoir lieu ?

REPONSE : Dans chaque cas, quel que soit le moment où survient l'antipathie, l'année de patience commence ce jour-là, et l'année doit se dérouler entièrement.

41

QUESTION : La résidence et les affaires personnelles du défunt ont été attribuées à sa descendance masculine, et non à la féminine ou aux autres héritiers; si le défunt ne laisse pas de descendance mâle, que faut-il faire ?

REPONSE : Il dit, exalté soit-il : "Si les défunts ne laissent pas de descendance, leur part reviendra à la maison de justice..." Conformément à ce verset sacré, la résidence et les vêtements personnels du défunt reviennent à la maison de justice.

42

QUESTION : L'ordonnance du huqúqu'lláh est révélée dans le Kitáb-i-Aqdas. La propriété sur laquelle le huqúq est à payer comprend-elle la résidence, avec ses équipements fixes et l'ameublement nécessaire, ou en est-il autrement ?

REPONSE : Dans les lois révélées en persan, Nous avons ordonné que dans cette très puissante dispensation, la résidence et les meubles du ménage soient exemptés, c'est-à-dire les meubles nécessaires.

43

QUESTION : Concernant les fiançailles d'une fille avant sa maturité.

REPONSE : Cet usage a été déclaré illicite par la Source d'autorité, de même qu'il n'est pas licite d'annoncer un mariage plus de quatre-vingt-quinze jours avant la cérémonie.

44

QUESTION : Si une personne a, par exemple, cent túmáns, qu'elle paie le huqúq sur cette somme, qu'elle perde la moitié de la somme dans une mauvaise affaire et puis qu'en commerçant, elle regagne ce qu'elle avait perdu et retrouve la somme sur laquelle on doit payer le huqúq : cette personne doit-elle payer le huqúq ou non ?

REPONSE : Dans ce cas, le huqúq n'est pas à payer.

45

QUESTION : Si, après paiement du huqúq, cette même somme de cent túmáns est entièrement perdue puis regagnée par des opérations commerciales ou la gestion d'affaires, le huqúq doit-il être payé une seconde fois ou non ?

REPONSE : Dans ce cas non plus, le paiement du huqúq n'est pas requis.

46

QUESTION : En référence au verset sacré, "Dieu vous a prescrit le mariage" : cette prescription est-elle obligatoire ou non ?

REPONSE : Elle n'est pas obligatoire.

47

QUESTION : Supposons qu'un homme ait épousé une femme en la croyant vierge et qu'il lui ait payé la dot, mais qu'au moment de la consommation du mariage, il devienne évident qu'elle n'est pas vierge, les dépenses encourues et la dot devront-elles être remboursées ou non ? Et, si le mariage avait eu pour condition la virginité, cette condition non remplie invalide-t-elle ce qu'elle conditionnait ?

REPONSE : Dans une telle situation, les dépenses et la dot peuvent être remboursées. La condition non remplie invalide ce qu'elle conditionnait. Pourtant, dissimuler le fait et pardonner méritera, aux yeux de Dieu, une généreuse récompense.

48

QUESTION : "... Nous vous enjoignons d'offrir une fête..." est-ce obligatoire ou non ?

REPONSE : Ce n'est pas obligatoire.

49

QUESTION : Concernant les peines pour l'adultère, la sodomie, le vol, et leurs différents degrés.

REPONSE : La détermination des degrés de ces peines dépend de la maison de justice.

50

QUESTION : Concernant la légitimité ou non du mariage entre personnes d'une même famille.

REPONSE : Ces questions dépendent aussi des mandataires de la maison de justice.

51

QUESTION : Concernant les ablutions, il a été révélé : "Que celui qui ne trouve pas d'eau pour ses ablutions répète cinq fois les mots : "Au "nom de Dieu, le plus Pur, le plus Pur". Est-il permis de réciter ce verset par temps très froid, ou lorsque les mains ou le visage sont blessés ?

REPONSE : Par temps très froid, on peut utiliser de l'eau chaude. Si le visage ou les mains sont blessés, ou que, d'autres raisons telles que souffrances, douleurs, rendent dangereux l'usage de l'eau, on peut réciter le verset mentionné à la place des ablutions.

52

QUESTION : Est-il obligatoire de réciter le verset révélé pour remplacer la prière des signes ?

REPONSE : Ce n'est pas obligatoire.

53

QUESTION : En référence à l'héritage, lorsqu'il y a des frères et des soeurs germains, les demi-frères et demi-soeurs du côté de la mère reçoivent-ils aussi une part ?

REPONSE : Ils ne reçoivent aucune part.

54

QUESTION : Il a dit, exalté soit-il : "Dans le cas où le fils du défunt serait décédé du vivant de son père et laisserait des enfants, ceux-ci hériteraient la part de leur père,..." Que faut-il faire si la fille est décédée du vivant de son père ?

REPONSE : Sa part de l'héritage devrait être distribuée entre les sept catégories d'héritiers selon l'ordonnance du Livre.

55

QUESTION : Si c'est une femme qui décède, à qui ira la part d'héritage de "l'épouse" ?

REPONSE : La part d'héritage de "l'épouse" sera allouée au mari.

56

QUESTION : Concernant les linceuls pour le corps du défunt qui, suivant le décret, doivent être au nombre de cinq : s'agit-il de cinq pièces d'étoffe comme couramment utilisées jusque-là, ou d'un drap équivalent à cinq linceuls ?

REPONSE : il s'agit d'utiliser cinq pièces d'étoffe.

57

QUESTION : Concernant la disparité entre certains versets révélés.

REPONSE : De nombreuses tablettes furent révélées et envoyées dans leur forme originale sans être vérifiées ni revues. En conséquence, comme demandé, elles furent relues à voix haute en la sainte présence et mises en conformité avec les conventions grammaticales en usage, afin de prévenir les chicaneries des opposants à la cause. Une autre raison de cette pratique est que le nouveau style inauguré par le Héraut - puissent toutes les âmes sauf la sienne, être offertes en sacrifice par amour pour lui - était marqué par une grande latitude dans le respect des règles grammaticales. C'est pourquoi, les versets sacrés furent ensuite révélés dans un style qui est, en grande partie, en conformité avec l'usage courant, dans un but de compréhension et de concision de l'expression.

58

QUESTION : Concernant le verset sacré : "En voyage, si vous vous arrêtez en quelque lieu sûr pour vous reposer, effectuez... une seule prosternation pour chaque prière obligatoire non dite" : est-ce une compensation pour la prière obligatoire manquée en raison de circonstances dangereuses, ou la prière obligatoire est-elle complètement suspendue pendant le voyage et la prosternation la remplace-t-elle ?

REPONSE : Si, au moment de la prière obligatoire, on n'est pas en sécurité, on devrait, en arrivant en lieu sûr, accomplir une prosternation pour chaque prière obligatoire manquée et, après la dernière prosternation, s'asseoir en tailleur et lire le verset indiqué. S'il y a un lieu sûr, la prière obligatoire n'est pas suspendue pendant un voyage.

59

QUESTION : Si le moment de la prière arrive après qu'un voyageur s'est arrêté pour se reposer, doit-il réciter la prière, ou effectuer la prosternation à la place ?

REPONSE : Excepté en des circonstances dangereuses, il n'est pas permis d'omettre la prière obligatoire.

60

QUESTION : Si, faisant suite à des prières obligatoires manquées, un certain nombre de prosternations est requis, le verset doit-il être répété après chaque prosternation compensatoire ?

REPONSE : Il suffit de réciter le verset désigné après la dernière prosternation. Les différentes prosternations n'exigent pas de répéter à chaque fois le verset.

61

QUESTION : Si l'on a omis de dire une prière obligatoire chez soi, doit-elle être compensée par une prosternation ?

REPONSE : En réponse à des questions posées précédemment, il fut écrit : "La prosternation compensatoire s'applique chez soi aussi bien qu'en voyage."

62

QUESTION : Si quelqu'un vient d'accomplir des ablutions dans un autre but et qu'arrive l'heure de la prière obligatoire, ces ablutions sont-elles suffisantes ou faut-il les renouveler ?

REPONSE : Ces mêmes ablutions suffisent, il n'est pas besoin de les renouveler.

63

QUESTION : Dans le Kitáb-i-Aqdas, il est enjoint que la prière obligatoire, formée de neuf rak`ahs, soit accomplie matin, midi, et soir. Mais la tablette des prières obligatoires (La tablette contient les trois prières obligatoires actuellement en usage.) semble être différente.

REPONSE : Ce qui fut révélé dans le Kitáb-i-Aqdas concerne une autre prière obligatoire. Il y a quelques années, un certain nombre d'ordonnances du Kitáb-i-Aqdas, dont cette prière obligatoire furent, pour des raisons de sagesse, écrites séparément et envoyées ailleurs avec d'autres écrits sacrés, dans le but de les protéger et de les conserver. C'est plus tard que ces trois prières obligatoires furent révélées.

64

QUESTION : Est-il permis de se fier à des montres et à des pendules pour déterminer l'heure de la prière ?

REPONSE : Il est permis de se fier à des montres et à des pendules.

65

QUESTION : Dans la tablette des prières obligatoires, trois prières sont révélées; les trois doivent-elles être dites ou non ?

REPONSE : Il est ordonné d'offrir une de ces trois prières; quelle que soit celle qui est récitée, elle est suffisante.

66

QUESTION : Les ablutions pour la prière du matin sont-elles encore valables pour la prière de midi ? Et de même, les ablutions pour la prière de midi sont-elles encore valables le soir ?

REPONSE : Les ablutions sont liées à la prière obligatoire pour laquelle elles sont effectuées et doivent être renouvelées pour chaque prière.

67

QUESTION : Concernant la longue prière obligatoire, il est requis de se lever et de se "tourner vers Dieu". Ceci semble indiquer qu'il n'est pas nécessaire de faire face à la Qiblih; est-ce le cas ou non ?

REPONSE : Il s'agit ici de se tourner vers la Qiblih.

68

QUESTION : Concernant le verset sacré : "Récitez les versets de Dieu chaque matin et chaque soir."

REPONSE : Tout qui est descendu du ciel de la parole divine est concerné. La première condition est l'ardeur et l'amour des âmes sanctifiées à lire la parole de Dieu. Lire un verset, ou même un mot, dans un esprit de joie radieuse, est préférable à la lecture de nombreux Livres.

69

QUESTION : En rédigeant son testament, une personne peut-elle affecter une portion de son avoir - en dehors de ce qui est dévolu au paiement du huqúqu'lláh et des dettes - à des oeuvres de charité, ou n'a-t-il le droit que d'allouer une certaine somme pour couvrir les frais des funérailles et d'enterrement, afin que le reste de son bien soit distribué de la façon fixée par Dieu parmi les catégories désignées d'héritiers ?

REPONSE : Une personne a pleine juridiction sur ses biens. Si elle peut s'acquitter du huqúqu'lláh et est libre de dettes, alors tout ce qu'elle écrit dans son testament et toute déclaration ou disposition qu'il contient seront acceptables. Dieu, en vérité, lui a permis d'agir comme elle le désire, avec ce qu'Il lui a accordé.

70

QUESTION : L'usage de la bague d'enterrement est-il enjoint aux seuls adultes ou aux mineurs aussi ?

REPONSE : Elle ne concerne que les adultes. La prière pour les défunts ne concerne aussi que les adultes.

71

QUESTION : Si une personne désire jeûner à un autre moment qu'au mois d'Alá, est-ce permis ou pas ? Et, s'il a fait un voeu ou s'il s'engage à faire un tel jeûne, est-ce valide et acceptable ?

REPONSE : L'ordonnance du jeûne est telle qu'elle a déjà été révélée. Mais si quelqu'un s'engage à offrir un jeûne à Dieu, cherchant ainsi à accomplir un voeu ou à atteindre un autre but, c'est permis aujourd'hui comme dans le passé. Néanmoins, c'est le souhait de Dieu, exaltée soit sa gloire, que les voeux et les engagements soient dirigés vers des objectifs qui profiteront à l'humanité.

72

QUESTION : Une question a encore été posée concernant la résidence et les vêtements personnels : en l'absence de descendants mâles, ces choses doivent-elles revenir à la maison de justice, ou doivent-elles être distribuées comme le reste des biens ?

REPONSE : Deux tiers de la résidence et des vêtements personnels iront aux descendantes, et un tiers ira à la maison de justice dont Dieu a fait le trésor du peuple.

73

QUESTION : Si, à la fin de l'année de patience, le mari refuse le divorce, quelle conduite devrait adopter sa femme ?

REPONSE : A la fin de la période, le divorce prend effet. Pourtant, il est nécessaire qu'il y ait des témoins du début et de la fin de cette période, afin que l'on puisse faire appel à eux pour témoigner en cas de besoin.

74

QUESTION : Concernant la définition de la vieillesse.

REPONSE : Pour les Arabes cela indique l'extrême grand âge; mais pour le peuple de Bahá, elle commence à soixante-dix ans.

75

QUESTION : Concernant la limite du jeûne pour quelqu'un qui voyage à pied.

REPONSE : La limite est fixée à deux heures. Au-delà, il est permis de rompre le jeûne.

76

QUESTION : Concernant l'observance du jeûne par les gens qui font des travaux lourds pendant le mois du jeûne.

REPONSE : Ces personnes sont dispensées du jeûne; pourtant, afin de montrer du respect envers la loi de Dieu et le rang élevé du jeûne, il est louable et convenable de manger frugalement et en privé.

77

QUESTION : Les ablutions accomplies pour la prière obligatoire sont-elles suffisantes pour les quatre-vingt-quinze répétitions du Plus Grand Nom ?

REPONSE : Il n'est pas nécessaire de renouveler les ablutions.

78

QUESTION : Concernant les habits et les bijoux qu'un mari aurait achetés pour sa femme : doivent-ils être distribués après sa mort à ses héritiers, ou sont-ils spécialement destinés à l'épouse ?

REPONSE : A l'exception des vêtements usagés, tout appartient au mari que ce soit des bijoux ou autre chose, sauf ce qui est prouvé avoir été des cadeaux à l'épouse.

79

QUESTION : Concernant le critère de justice pour prouver quelque chose qui dépend du témoignage de deux témoins dignes de foi.

REPONSE : Le critère de justice est une bonne réputation parmi le peuple. Le témoignage de tout serviteur de Dieu, quelle que soit sa foi ou sa croyance, est acceptable devant son trône.

80

QUESTION : Si le défunt n'a ni rempli son obligation du huqúqu'lláh ni payé ses autres dettes, celles-ci devront-elles être acquittées par des déductions à due concurrence sur la résidence, les vêtements personnels et le reste des biens, ou la résidence et les vêtements personnels sont-ils mis de côté pour les descendants mâles et, conséquemment, les dettes doivent-elles être réglées sur le reste des biens ? Et, si le reste des biens n'y suffit pas, comment les dettes devraient-elles être réglées ?

REPONSE : Les dettes impayées et les paiements du huqúq doivent être réglés par le reste des biens, mais si ce n'est pas suffisant, la différence devra être couverte par sa résidence et ses vêtements personnels.

81

QUESTION : Faut-il s'asseoir ou rester debout en offrant la troisième prière obligatoire ?

REPONSE : Il est préférable et plus correct de se tenir debout dans une attitude d'humble respect.

82

QUESTION : Concernant la première prière obligatoire, il a été ordonné : "On devrait l'accomplir à un moment où l'on se trouve dans un état d'humilité et d'adoration ardente." Doit-elle être offerte une fois par vingt-quatre heures ou plus souvent ?

REPONSE : Une fois par vingt-quatre heures est suffisant; c'est ce qu'exprima la Langue du commandement divin.

83

QUESTION : Concernant les définitions de "matin", "midi" et "soir".

REPONSE : Ce sont le lever du soleil, le midi et le coucher du soleil. Les moments autorisés pour les prières obligatoires vont du matin à midi, de midi au coucher du soleil, et du coucher du soleil jusqu'à deux heures après celui-ci. L'autorité est dans la main de Dieu, celui qui porte les deux noms.

84

QUESTION : Est-il permis à un croyant d'épouser une incroyante ?

REPONSE : Epouser quelqu'un et donner en mariage sont tous deux autorisés; ainsi l'a décrété le Seigneur quand il monta sur son trône de générosité et de bonté.

85

QUESTION : Concernant la prière pour les défunts : doit-elle précéder ou suivre l'enterrement ? Et doit-on faire face à la Qiblih ?

REPONSE : La récitation de cette prière devrait précéder l'enterrement; et en ce qui concerne la Qiblih : "Où que vous vous tourniez, il y a la face de Dieu.". (Qur'án, II : 115.)

86

QUESTION : A midi, qui est l'heure de deux des prières obligatoires - la courte prière du milieu de la journée et celle qui doit être offerte le matin, le midi et le soir - est-il nécessaire de pratiquer deux ablutions ou une suffit-elle ?

REPONSE : Il n'est pas nécessaire de renouveler les ablutions.

87

QUESTION : Concernant la dot des villageois qui doit être d'argent : faut-il prendre en compte le lieu d'habitation de la fiancée, du fiancé ou les deux ? Et que faut-il faire si l'un est un citadin et l'autre un villageois ?

REPONSE : La dot est déterminée par le lieu d'habitation du fiancé; si c'est un citadin, la dot est d'or, si c'est un villageois, elle est d'argent.

88

QUESTION : Par quel critère déterminer qui est un citadin, et qui est un villageois ? Si un citadin s'installe dans un village, ou un villageois en ville, dans l'intention d'y résider en permanence, quelle règle appliquer ? Le lieu de naissance est-il le facteur décisif ?

REPONSE : Le critère est la résidence permanente et, suivant l'endroit où elle se situe, l'injonction du Livre devra être observée en conséquence.

89

QUESTION : Dans les saintes tablettes, il a été révélé que, lorsque quelqu'un acquiert l'équivalent de dix-neuf mithqáls d'or, il devrait payer le droit de Dieu sur cette somme. Le montant à payer sur ces dix-neuf (mithqáls) peut-il être expliqué ?

REPONSE : L'ordonnance de Dieu l'a établi à dix-neuf pour cent. C'est sur cette base qu'il faudrait le calculer. On peut alors déterminer la somme due sur ces dix-neuf (mithqáls).

90

QUESTION : Quand la fortune de quelqu'un dépasse dix-neuf mithqáls d'or, doit-il l'augmenter encore de dix-neuf avant de devoir à nouveau le huqúq, ou doit-il le payer sur toute augmentation ?

REPONSE : Au-dessus de dix-neuf, rien n'est dû au huqúq avant d'atteindre un autre dix-neuf.

91

QUESTION : Concernant l'eau pure, quel est le moment où elle est considérée comme usée.

REPONSE : Les petites quantités d'eau, une coupe ou même deux ou trois, doivent être considérées comme usées après un seul lavage du visage et des mains. Mais un kurr (Se réfère à un volume correspondant approximativement à un demi-mètre cube.) d'eau, ou plus reste inchangé après un ou deux lavages du visage, et rien n'empêche de l'utiliser, sauf si l'eau est altérée dans l'un des trois aspects, (Couleur, goût et odeur.) par exemple, si sa couleur a changé, auquel cas elle devrait être considérée comme usée.

92

QUESTION : Dans un traité en persan sur diverses questions, l'âge de la maturité a été fixé à quinze ans; le mariage n'est-il de même autorisé qu'à la maturité, ou est-il permis avant cet âge ?

REPONSE : Puisque le consentement des deux parties est exigé dans le Livre de Dieu, et puisque leur consentement ou l'absence de consentement ne peut être certifié avant la maturité, le mariage n'est pas permis avant ce moment

93

QUESTION : Concernant le jeûne et la prière obligatoire par le malade.

REPONSE : En vérité, je dis que la prière obligatoire et le jeûne occupent un rang exalté aux yeux de Dieu. Cependant, c'est en bonne santé que leur vertu se réalise. En période de mauvaise santé, il n'est pas permis d'observer ces obligations; tel fut de tout temps le commandement du Seigneur, exaltée soit sa gloire. Bénis soient les hommes et les femmes qui y prêtent attention et qui observent ses préceptes. Toute louange soit à Dieu, Lui qui fit descendre les versets et qui est le Révélateur de preuves incontestables.

94

QUESTION : Concernant les mosquées, les chapelles, les temples.

REPONSE : Tout ce qui fut construit pour l'adoration du seul vrai Dieu : les mosquées, les chapelles, les temples, ne doit pas être utilisé pour un autre usage que la commémoration de son nom. C'est une ordonnance de Dieu et quiconque la viole est, en vérité, de ceux qui transgressent. Nul mal ne peut atteindre le bâtisseur, car il a accompli son acte pour l'amour de Dieu, et il a reçu et continuera à recevoir sa juste récompense.

95

QUESTION : Concernant les équipements d'un lieu de travail nécessaire à la pratique de ses affaires ou de sa profession : sont-ils sujets au paiement du huqúqu'lláh ou suivent-ils la même règle que les meubles de l'habitation ?

REPONSE : Ils sont régis par la même règle que les meubles de l'habitation.

96

QUESTION : Concernant l'échange de propriétés tenues en dépôt pour de l'argent, ou d'autres formes de propriétés, afin de les protéger de la dépréciation ou de la perte.

REPONSE : Concernant la question écrite sur l'échange des propriétés tenues en dépôt pour les préserver de la dépréciation ou des pertes, cet échange est permis à condition que le substitut soit de valeur équivalente. Ton Seigneur est vraiment Celui qui explique, l'Omniscient et il est, en vérité, l'Ordonnateur, l'Ancien des jours.

97

QUESTION : Concernant le lavage des pieds en hiver et en été.

REPONSE : Il en va de même dans les deux cas; l'eau chaude est préférable, mais rien n'empêche d'utiliser de l'eau froide.

98

QUESTION : Une autre question sur le divorce.

REPONSE : Puisque Dieu, exaltée soit sa gloire, ne favorise pas le divorce, rien n'a été révélé sur cette question. Cependant, du début de la séparation jusqu'à la fin d'une année, deux personnes, ou plus, doivent être tenues informées à titre de témoins; si, à la fin de cette année, la réconciliation n'a pas lieu, le divorce est prononcé. Il doit être inscrit dans le registre par l'officier judiciaire chargé des affaires religieuses de la localité, nommé par les mandataires de la maison de justice. Observer cette procédure est essentiel pour éviter d'attrister le coeur de ceux qui comprennent.

99

QUESTION : Concernant la consultation.

REPONSE : Si la consultation entre le premier groupe de personnes réunies se termine sans accord, il faudrait en ajouter de nouvelles. Après quoi, des personnes au nombre du Plus Grand Nom, ou plus, ou moins, seront choisies par tirage au sort. On recommencera alors la consultation, et le résultat, quel qu'il soit, sera obéi. Pourtant, si l'accord n'est toujours pas atteint, la même procédure devrait être répétée encore une fois, et la décision de la majorité prévaudra. En vérité, Il guide celui qu'Il veut dans le droit sentier.

100

QUESTION : Concernant l'héritage.

REPONSE : Concernant l'héritage, ce qu'ordonna le Premier Point - puisse l'âme de tout autre que lui être offerte en sacrifice par amour pour lui - est appréciable. Les héritiers existants devraient recevoir leur part de l'héritage, tandis qu'un état de l'héritage restant doit être soumis à la cour du Très-Haut. En sa main est la source de l'autorité; Il ordonne ce qui Lui plaît. A ce sujet, une loi fut révélée en la terre du Mystère, accordant temporairement la part des héritiers manquants aux héritiers existants, jusqu'au moment où la Maison de justice sera établie et où le décret concernant ce sujet sera promulgué. Cependant, l'héritage de ceux qui émigrèrent la même année que l'Ancienne Beauté, a été offert à leurs héritiers; ceci est un bienfait que Dieu leur accorda.

101

QUESTION : Concernant la loi sur la découverte de trésors.

REPONSE : Si un trésor est découvert, un tiers de celui-ci appartient à celui qui l'a trouvé, les deux autres tiers devront être dépensés par les hommes de la Maison de justice pour le bien- être de tout le peuple. Ceci sera mis en pratique après l'établissement de la Maison de justice et jusqu'à ce moment ils seront confiés à la garde de personnes de confiance dans chaque localité ou territoire. Il est, en vérité, le Souverain, l'Ordonnateur, l'Omniscient, l'Informé.

102

QUESTION : Concernant le huqúq sur l'immobilier qui ne rapporte pas de profit.

REPONSE : L'ordonnance de Dieu est que la propriété immobilière qui a cessé de produire un revenu, c'est-à-dire dont le profit ne s'accroît plus, n'est pas soumise au paiement du huqúq. Il est, en vérité, le Souverain, le Munificent.

103

QUESTION : Concernant le verset sacré : "Dans les régions où les jours et les nuits s'allongent, que l'heure de la prière soit déterminée par les horloges..."

REPONSE : Il s'agit ici des territoires éloignés. Dans ces climats cependant, la différence n'est que de quelques heures, et donc cette règle ne s'applique pas.

Dans la tablette à Abá Badí, ce verset sacré fut révélé : "En vérité, nous avons enjoint à chaque fils de servir son père." Tel est le décret que nous avons énoncé dans le Livre.

Et dans une autre tablette furent révélées ces paroles exaltées : ô Muhammad ! L'Ancien des jours a tourné son visage vers toi, il te mentionne et il exhorte le peuple de Dieu à éduquer ses enfants. Si un père négligeait ce très important commandement établi dans le Kitáb-i-Aqdas par la Plume du Roi éternel, il serait déchu des droits paternels et considéré comme coupable devant Dieu. Heureux celui qui grave en son coeur les avertissements du Seigneur et qui s'y tient fermement. En vérité, Dieu enjoint à ses serviteurs ce qui les aidera, leur profitera et les rendra capables de se rapprocher de Lui. Il est l'Ordonnateur, l'Eternel.

Il est Dieu, exalté soit-Il, le Seigneur de majesté et de pouvoir ! Les prophètes et les élus ont tous reçu du seul vrai Dieu, magnifiée soit sa gloire, la mission de nourrir les arbres de l'existence humaine par les eaux vivifiantes de l'intégrité et de l'entendement, afin qu'en puisse sortir ce que Dieu a déposé au coeur de leur être le plus intime. Comme on peut aisément l'observer, chaque arbre produit un fruit particulier, et un arbre stérile n'est bon qu'à mettre au feu. Le but de ces éducateurs, dans tout ce qu'ils ont dit et enseigné, était de préserver le rang exalté de l'homme. Heureux celui qui, au jour de Dieu, s'est fermement tenu à ses préceptes et n'a pas dévié de sa loi fondamentale et véritable. Les fruits qui conviennent le mieux à l'arbre de la vie humaine sont la loyauté et la piété, la véracité et la sincérité; mais le plus important après la reconnaissance de l'unité de Dieu, loué et glorifié soit-Il, est la considération pour les droits dûs à ses parents. Cet enseignement a été mentionné dans tous les Livres de Dieu, et réaffirmé par la Plume la plus exaltée. Considérez ce que le Seigneur miséricordieux a révélé dans le Qur'án, exaltées soient ses paroles : "Adorez Dieu, ne lui ajoutez ni pair ni égal, et soyez bons et charitables avec vos parents..." Voyez comme la tendre bonté envers ses propres parents a été liée à la reconnaissance du seul vrai Dieu ! Heureux ceux qui sont doués d'une sagesse et d'une compréhension véritables, qui voient et qui perçoivent, qui lisent et qui comprennent, et qui observent ce que Dieu a révélé dans les Livres saints du passé et dans cette Tablette incomparable et merveilleuse.

Dans une de ses tablettes il a révélé, exaltées soient ses paroles : En ce qui concerne la zakát, nous avons décrété que vous devriez suivre ce qui fut révélé dans le Qur'án.

Remarques

1

... le doux parfum de mon vêtement... ¶4

Allusion à l'histoire de Joseph dans le Qur'an et dans l'Ancien Testament, dans laquelle l'habit de Joseph apporté par ses frères à leur père Jacob, lui permit d'identifier son fils bien-aimé perdu depuis longtemps. La métaphore du "vêtement" parfumé est fréquemment utilisée dans les écrits baha'is, en référence à la reconnaissance de la manifestation de Dieu et à sa révélation.

Baha'u'llah, dans une de ses tablettes, se décrit lui-même comme le "divin Joseph vendu" par les insouciants "au prix le plus dérisoire". Le Bab, dans le Qayyumu'l-Asma', identifie Baha'u'llah comme étant le "vrai Joseph" et prédit les épreuves qu'il devra endurer aux mains de son frère perfide (voir note 190). De même, Shoghi Effendi trace un parallèle entre l'intense jalousie que la prééminence d'Abdu'l-Baha suscita chez son demi-frère, Mirza Muhammad-`Ali, et la jalousie mortelle "que l'excellence supérieure de Joseph alluma dans le coeur de ses frères".

2

Nous avons plutôt décacheté, avec les doigts de la force et du pouvoir, le vin de choix. ¶5

La consommation de vin et de boissons alcooliques est interdite par le Kitab-i-Aqdas (voir note 144 et note 170).

La référence à l'usage du mot "vin" dans un sens allégorique - en tant que cause d'extase spirituelle - se retrouve non seulement dans la révélation de Baha'u'llah, mais aussi dans la Bible, dans le Qur'an et dans les anciennes traditions hindoues.

Par exemple, dans le Qur'an, il est promis aux justes qu'il leur sera donné à boire du "vin de choix scellé". Dans ses tablettes, Baha'u'llah identifie "le vin de choix" à sa révélation, dont le "parfum chargé de musc" s'est répandu "sur toutes choses créées". Il déclare avoir "descellé" ce "vin", dévoilant ainsi des vérités spirituelles jusqu'alors inconnues, et permettant à ceux qui en boivent à longs traits de "discerner les splendeurs de la lumière de l'unité divine" et de "saisir le but essentiel qui sous-tend les Ecrits de Dieu".

Dans une de ses méditations, Baha'u'llah implore Dieu de fournir aux croyants "le vin de choix de ta grâce, afin qu'ils puissent être oublieux de tous hormis toi, qu'ils puissent se lever pour servir ta cause et être fermes dans leur amour pour toi".

3

Nous vous avons prescrit la prière obligatoire... ¶6

En arabe, il y a plusieurs mots pour prière. Le mot "salat", qui apparaît ici dans l'original, se réfère à une catégorie particulière de prières, dont la récitation à des moments spécifiques de la journée est imposée aux croyants. Afin de différencier cette catégorie des autres sortes de prières, le mot est traduit par "prière obligatoire".

Baha'u'llah déclare que "la prière obligatoire et le jeûne occupent un rang exalté aux yeux de Dieu" (Q&R 93). Abdu'l-Baha affirme que de telles prières "conduisent à l'humilité et à la soumission, à tourner son visage vers Dieu et à lui exprimer sa dévotion," et qu'à travers ces prières, "l'homme communie avec Dieu, cherche à se rapprocher de lui, converse avec le Bien-Aimé de son coeur et atteint des niveaux spirituels".

La prière obligatoire (voir note 9) à laquelle il est fait référence dans ce verset, fut remplacée par les trois prières obligatoires révélées plus tard par Baha'u'llah (Q&R 63). Les textes des trois prières actuellement utilisées, ainsi que les instructions relatives à leur récitation, peuvent être trouvés dans ce volume parmi les textes révélés par Baha'u'llah en supplément au Kitab-i-Aqdas.

Plusieurs points dans Questions et Réponses ont trait à certains aspects des trois nouvelles prières obligatoires. Baha'u'llah précise que chacun peut choisir n'importe laquelle des trois prières obligatoires (Q&R 65). D'autres clauses se trouvent expliquées dans Questions et Réponses, numéros 66, 67, 81 et 82. Les détails de la loi relative à la prière obligatoire se trouvent résumés dans le paragraphe IV. A. 1-17. du Synopsis et Codification.

4

... neuf rak`ahs... ¶6

Un rak`ah consiste en la récitation de versets spécifiquement révélés, accompagnés par une série de génuflexions et autres mouvements prescrits.

La prière obligatoire prescrite à l'origine par Baha'u'llah à ses disciples consistait en neuf rak`ahs. La nature précise de cette prière et les instructions spécifiques quant à sa récitation sont inconnues, cette prière ayant été perdue (voir note 9).

Dans une tablette commentant les prières obligatoires actuelles, Abdu'l-Baha indique que "dans chaque mot et dans chaque mouvement de la prière obligatoire il y a des allusions, des mystères et une sagesse que l'homme ne peut comprendre, et que lettres et parchemins ne peuvent contenir".

Shoghi Effendi explique que les quelques directives simples données par Baha'u'llah sur la façon de réciter certaines prières ont non seulement une signification spirituelle, mais qu'elles aident aussi l'individu "à se concentrer complètement lorsqu'il prie et médite".

5

... à midi, le matin et le soir,... ¶6

En ce qui concerne la définition des mots "matin", "midi" et "soir", moment durant lesquels la prière obligatoire moyenne doit être récitée, Baha'u'llah a dit que ces moments coïncident avec le "lever du soleil, le midi et le coucher du soleil" (Q&R 83). Il précise que les "périodes permises pour les prières obligatoires vont du matin à midi, de midi au coucher du soleil, et du coucher du soleil à deux heures après celui-ci". De plus, Abdu'l-Baha a dit que la prière obligatoire du matin peut être dite dès l'aurore.

La définition de "midi", comme période allant de "midi au coucher du soleil", s'applique à la récitation de la courte prière obligatoire, ainsi qu'à la moyenne.

6

Nous vous en avons dispensé d'un plus grand nombre... ¶6. Dans les dispensations babie et islamique, les exigences quant aux prières obligatoires étaient plus astreignantes que celles relatives à l'accomplissement de la prière obligatoire prescrite dans le Kitab-i-Aqdas et qui consiste en neuf rak`ahs (voir note 4).

Dans le Bayan, le Bab prescrivait une prière obligatoire de dix-neuf rak`ahs, qui devait être accomplie une fois toutes les vingt-quatre heures - à partir de midi, jusqu'au midi du jour suivant.

La prière musulmane se récite cinq fois par jour, à savoir, tôt le matin, à midi, dans l'après-midi, en fin d'après-midi et le soir. Alors que le nombre de rak`ahs varie selon la période de la récitation, un total de dix-sept rak`ahs est offert au cours d'une journée.

7

Lorsque vous voulez accomplir cette prière, tournez-vous vers la cour de ma très sainte présence, ce lieu sacré dont Dieu ... a décrété être le point d'adoration pour les habitants des cités de l'éternité,... ¶6. Le "point d'adoration" c'est-à-dire, le point vers lequel l'adorateur devrait se tourner lorsqu'il offre la prière obligatoire, s'appelle la Qiblih. Le concept de Qiblih a existé dans les religions antérieures. Dans le passé, Jérusalem fut choisie dans ce but. Muhammad déplaça la Qiblih vers La Mecque. Les instructions du Bab dans le Bayan arabe étaient : La Qiblih est, en vérité, Celui que Dieu rendra manifeste; quand il se déplace, la Qiblih se déplace jusqu'à ce qu'il se fixe. Ce passage est cité par Baha'u'llah dans le Kitab-i-Aqdas (¶ 137) et confirmé par ses soins dans le verset ci-dessus. Il a également indiqué que se tourner dans la direction de la Qiblih est une "exigence imposée pour la récitation de la prière obligatoire" (Q&R 14 et Q&R 67). Cependant, pour les autres prières et dévotions, le croyant peut se tourner dans n'importe quelle direction.

8

Et lorsque le Soleil de vérité et de la parole se couchera, tournez vos visages vers ce lieu que Nous vous avons ordonné. ¶6. Baha'u'llah décrète que sa dernière demeure sera la Qiblih après sa mort. Le plus saint Tombeau se trouve à Bahji, `Akka. Abdu'l-Baha décrit ce lieu comme "le Tombeau lumineux", "l'endroit autour duquel l'assemblée d'en haut effectue la circumambulation".

Dans une lettre écrite de sa part, Shoghi Effendi utilise l'analogie de la plante se tournant en direction du soleil, pour expliquer la signification spirituelle que représente le fait de se tourner vers la Qiblih :

... tout comme la plante s'étire vers la lumière du soleil - duquel elle reçoit vie et croissance - de même nous tournons nos coeurs vers la manifestation de Dieu, Baha'u'llah, lorsque nous prions;... nous tournons nos visages ... vers l'endroit de cette terre où reposent ses cendres, comme symbole de cet acte intérieur.

11

... six passages spécifiques ont été envoyés par Dieu, le Révélateur des versets. ¶8

Les passages qui font partie de la prière pour les défunts comportent six fois la salutation Allah-u-Abha (Dieu le Très-Glorieux), chacune suivie de dix-neuf répétitions d'un des six versets spécifiquement révélés. Ces versets sont identiques à ceux de la prière pour les défunts révélés par le Bab dans le Bayan. Baha'u'llah a ajouté une supplique qui précède ces passages.

12

Les poils n'invalident pas votre prière, ni rien de ce que l'esprit a quitté, comme les os, par exemple. Vous êtes libres de porter de la fourrure de zibeline, comme vous porteriez celle de castor, d'écureuil et d'autres animaux. ¶9

Dans certaines dispensations religieuses antérieures, porter sur soi la fourrure de certains animaux ou certains objets était sensé annuler la prière. Ici, Baha'u'llah confirme la déclaration du Bab dans le Bayan arabe, selon laquelle de telles choses n'invalident pas la prière faite par quelqu'un.

13

Nous vous avons ordonné de prier et de jeûner dès le début de la maturité. ¶10

Baha'u'llah définit "l'âge de la maturité en regard des devoirs religieux" "à quinze ans, tant pour les hommes que pour les femmes" (Q&R 20). Pour les détails relatifs à la période du jeûne, voir note 25.

14

... il en a exempté les personnes qui sont affaiblies par la maladie ou par l'âge,... ¶10

Pour ceux qui sont affaiblis par la maladie ou par leur âge avancé, la dispense de réciter les prières obligatoires et de jeûner est expliquée dans Questions et Réponses. Baha'u'llah indique que, "en période de mauvaise santé, il n'est pas permis d'observer ces obligations" (Q&R 93). Dans ce contexte, il définit l'âge avancé à soixante-dix ans (Q&R 74). En réponse à une question, Shoghi Effendi a précisé que les gens qui atteignent l'âge de soixante-dix ans sont exemptés, qu'ils soient faibles ou non.

La dispense de jeûner est également accordée à d'autres catégories spécifiques de personnes, énumérées dans Synopsis et Codification, ¶ IV. B. 5. Voir note 20, note 30 et note 31 pour d'autres explications.

15

... Dieu vous a laissés libres de vous prosterner sur toute surface propre, car Nous avons supprimé les limites fixées à ce propos dans le Livre. ¶10

Les exigences de la prière, dans les dispensations antérieures, comprenaient souvent la prosternation. Dans le Bayan arabe, le Bab appelle les croyants, lorsqu'ils se prosternent, à appliquer le front sur des surfaces de cristal. De même, dans l'islam, certaines restrictions sont imposées quant à la surface sur laquelle il est permis aux musulmans de se prosterner. Baha'u'llah abroge ces restrictions et précise simplement "toute surface propre".

16

Que celui qui ne trouve pas d'eau pour ses ablutions répète cinq fois les mots "Au nom de Dieu, le plus Pur, le plus Pur", et qu'ensuite il commence ses dévotions. ¶10

Les ablutions doivent être accomplies par le croyant en préparation à l'offrande de la prière obligatoire. Elles consistent à se laver les mains et le visage. S'il n'y a pas d'eau disponible, il est prescrit de répéter cinq fois le verset révélé à cet effet, voir note 34 au sujet des ablutions en général.

La disposition relative aux règles à suivre lorsqu'il n'y a pas d'eau disponible a des antécédents dans les dispensations antérieures. On la trouve dans le Qur'an et dans le Bayan arabe.

17

Dans les régions où les jours et les nuits s'allongent, que l'heure de la prière soit déterminée par les horloges ou par d'autres instruments qui marquent le passage des heures. ¶10

Ceci concerne les territoires situés à l'extrême Nord ou Sud, où la durée des jours et des nuits varie de façon marquante (Q&R 64 et Q&R 103). Cette disposition s'applique également au jeûne.

18

Nous vous avons dispensés de l'exigence d'accomplir la prière des signes. ¶11

La prière des signes est une forme particulière de prière obligatoire musulmane, qu'il était prescrit de réciter lors d'événements naturels tels que tremblements de terre, éclipses et autres phénomènes du genre, susceptibles de faire peur et d'être alors interprétés comme des signes ou des actes de Dieu. L'obligation de réciter cette prière a été annulée. A sa place, un baha'i peut dire : "La souveraineté est à Dieu, le Seigneur du visible et de l'invisible, le Seigneur de la création", mais ceci n'est pas obligatoire (Q&R 52).

19

A l'exception de la prière pour les défunts, la pratique de la prière en congrégation a été abrogée. ¶12

La prière en congrégation, dans le sens de prière obligatoire officielle devant être récitée suivant un rite prescrit - comme c'est, par exemple, la coutume en Islam lorsque, dans la mosquée, la prière du vendredi est conduite par un imam - a été abolie dans la dispensation baha'ie. La prière pour les défunts (voir note 10) est la seule prière en congrégation prescrite par la loi baha'ie. Elle doit être récitée par un des membres présents, tandis que les autres personnes se tiennent debout en silence; le lecteur n'a pas de statut spécial. Il n'est pas demandé à l'assemblée de faire face à la Qiblih (Q&R 85).

Les trois prières obligatoires doivent être récitées individuellement, pas en assemblée.

Il n'y a pas de mode prescrit pour la récitation des nombreuses autres prières baha'ies, et tous sont libres d'utiliser ces prières non obligatoires lors de réunions ou individuellement, comme il leur plaît. A ce sujet, Shoghi Effendi déclare que :

... bien que les amis soient en fait libres de suivre leur propre inclination ... ils devraient faire tout leur possible pour qu'en aucune manière, leur pratique ne revête un caractère trop rigide et ne devienne, par là, une institution. C'est là un point que les amis devraient toujours garder à l'esprit, de crainte de dévier de la voie claire indiquée par les enseignements.

20

Dieu a exempté les femmes qui ont leurs règles de la prière obligatoire et du jeûne. ¶13

En période de règles, les femmes sont dispensées de la prière obligatoire et du jeûne; à la place, elles devraient faire leurs ablutions (voir note 34) et répéter quatre-vingt-quinze fois par jour, d'un midi à l'autre, le verset "Glorifié soit Dieu, le Seigneur de splendeur et de beauté". Cette clause a son antécédent dans le Bayan arabe, où une dispense semblable fut accordée.

Dans certaines dispensations religieuses antérieures les femmes, pendant leurs règles, étaient considérées comme rituellement impures, et il leur était interdit d'observer les devoirs de la prière et du jeûne. Le concept d'impureté rituelle a été aboli par Baha'u'llah (voir note 106).

La Maison Universelle de Justice a clairement indiqué que les clauses du Kitab-i-Aqdas accordant l'exemption de certains devoirs et responsabilités sont, comme le mot l'indique, des exemptions, et non des interdictions. Ainsi, tout croyant ou croyante est libre de se prévaloir d'une exemption permise, dans la mesure où il ou elle le désire. Cependant, la Maison de justice conseille au croyant, lorsqu'il décide d'agir ou de ne pas agir ainsi, de faire preuve de sagesse et de réaliser que Baha'u'llah avait de bonnes raisons pour accorder ces exemptions.

L'exemption prescrite de la prière obligatoire, qui a trait à l'origine à la prière obligatoire constituée de neuf rak`ahs, est dorénavant applicable aux trois prières obligatoires qui l'ont remplacée.

21

En voyage, si vous vous arrêtez en quelque lieu sûr pour vous reposer, effectuez - hommes et femmes - une seule prosternation pour chaque prière obligatoire non dite... ¶14

L'exemption de la prière obligatoire est accordée à ceux qui se trouvent dans une telle condition d'insécurité, que la récitation des prières obligatoires n'est pas possible. Que l'on soit en voyage ou à la maison, l'exemption est applicable et fournit un moyen de compenser les prières obligatoires qui n'ont pas été dites en raison de ces circonstances d'insécurité.

Baha'u'llah a déclaré clairement que la prière obligatoire "n'est pas suspendue durant le voyage" tant qu'il est possible de trouver un "lieu sûr" où l'on pourra la réciter (Q&R 58).

Les numéros: Q&R 21,Q&R 58,Q&R 59,Q&R 60 et Q&R 61 dans Questions et Réponses, développent cette clause.

22

Après vos prosternations, asseyez-vous en tailleur,... ¶14

L'expression arabe "haykalu't-tawhid", traduite ici par en tailleur, signifie la "posture d'unité". Elle a traditionnellement signifié une position en tailleur.

23

Dis : Dieu a fait de mon amour caché la clé du Trésor,... ¶15

Il est une tradition islamique bien connue concernant Dieu et sa création :

J'étais un Trésor caché. Je souhaitais être connu. Aussi appelai-je la création à l'existence afin que je puisse me faire connaître.

Des références et des allusions à cette tradition se trouvent partout dans les écrits baha'is. Par exemple, dans l'une de ses prières, Baha'u'llah révèle :

Loué soit ton nom, ô Seigneur mon Dieu ! J'atteste que tu étais un Trésor caché dissimulé dans ton être immémorial, et un mystère impénétrable enchâssé dans ta propre essence. Souhaitant te révéler, tu as appelé à l'existence le plus grand et le plus petit des mondes, et tu as choisi l'homme au-dessus de toutes tes créatures, et tu as fait de lui un signe de ces deux mondes, ô toi qui es notre Seigneur, le plus compatissant !

Tu l'as élevé afin qu'il occupe ton trône devant tous les peuples de ta création. Tu lui as permis de dévoiler tous tes mystères, de briller des lumières de ton inspiration et de ta révélation, et de rendre manifestes tes noms et tes attributs. A travers lui, tu as orné la préface du livre de ta création, ô toi qui es le Souverain de l'univers que tu as façonné.

(Prayers and Meditations of Baha'u'llah, XXXVIII.)

De même, dans Les Paroles cachées, il déclare :

ô fils de l'homme ! J'ai aimé ta création, c'est pourquoi je t'ai créé. Aime-moi donc afin que je puisse mentionner ton nom et que, de l'esprit de vie, je remplisse ton âme.

Abdu'l-Baha, dans son commentaire de la tradition citée ci-dessus, écrivit :

ô voyageur dans le sentier du Bien-Aimé ! Sache que le but principal de cette sainte tradition est de mentionner des phases d'occultation et de manifestation de Dieu dans les Incarnations de la Vérité, qui sont les orients de son être très glorieux. Ainsi, avant que la flamme du feu éternel soit allumée et manifeste, elle existe par elle-même, en elle-même, dans l'identité cachée des manifestations universelles; c'est la phase du "Trésor caché". Lorsque l'Arbre béni est enflammé par lui-même en lui-même, que ce feu divin brûle par son essence en son essence, c'est la phase de "Je souhaitais me faire connaître". Et quand il brille d'une infinité de noms et d'attributs divins, à l'horizon de l'univers, au-dessus des mondes contingents et transcendant tout espace, cela constitue l'émergence d'une nouvelle et merveilleuse création, qui correspond à l'étape de "Alors j'appelai la création à l'existence." Et quand les âmes sanctifiées déchirent les voiles de tous les attachements terrestres et de toutes les conditions matérielles, qu'elles se hâtent vers l'étape de la contemplation de la beauté de la divine présence, qu'elles sont honorées par leur reconnaissance de la manifestation et peuvent témoigner de la splendeur du plus grand Signe de Dieu en leurs coeurs, alors sera rendu manifeste le dessein de la création, qui est la connaissance de celui qui est la Vérité éternelle.

24

ô Plume du Très-Haut ! ¶16

"La Plume du Très-Haut", "la Plume suprême" et "la Plume la plus exaltée" font référence à Baha'u'llah, illustrant sa fonction de révélateur du verbe de Dieu.

25

... Nous vous avons prescrit de jeûner durant une brève période,... ¶16

Le jeûne et la prière obligatoire constituent les deux piliers qui soutiennent la loi révélée de Dieu. Baha'u'llah, dans une de ses tablettes, affirme qu'il a révélé les lois de la prière obligatoire et du jeûne, afin que les croyants puissent, à travers elles, se rapprocher de Dieu.

Shoghi Effendi indique que la période du jeûne, qui implique une abstinence totale de nourriture et de boisson du lever au coucher du soleil, est :

... essentiellement une période de méditation et de prière, de récupération spirituelle, durant laquelle le croyant doit s'efforcer d'effectuer, dans sa vie intérieure, les rajustements nécessaires, de renouveler et de renforcer les forces spirituelles latentes en son âme. C'est pourquoi, sa signification et son but revêtent un caractère essentiellement spirituel. Le jeûne est un symbole et un rappel d'abstinence des désirs égoïstes et charnels.

Il est enjoint à tous les croyants de jeûner dès qu'ils ont atteint l'âge de quinze ans et jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge de soixante-dix ans.

Un résumé des dispositions détaillées relatives à la loi du jeûne et aux catégories de personnes qui en sont exemptées se trouve dans le Synopsis et Codification, ¶ IV. B. 1-6. Pour plus de détails relatifs aux exemptions du jeûne, voir note 14, note 20, note 30 et note 31. La période des dix-neuf jours de jeûne coïncide avec le mois baha'i de `Ala', généralement du 2 au 20 mars, immédiatement après la fin des jours intercalaires (voir note 27 et note 147), elle est suivie par la fête de Naw-Ruz (voir note 26).

26

... à l'issue de laquelle Nous avons fixé pour vous la fête de Naw-Ruz. ¶16

Le Bab a introduit un nouveau calendrier, connu maintenant comme le calendrier badi` ou baha'i (voir note 27 et note 147). Suivant ce calendrier, un jour correspond à la période comprise entre deux couchers de soleil. Dans le Bayan, le Bab ordonna que le mois de `Ala' soit le mois du jeûne, il décréta que le jour de Naw-Ruz marquerait la fin de cette période, et il désigna le Naw-Ruz comme le jour de Dieu. Baha'u'llah confirme le calendrier badi` dans lequel Naw-Ruz est désigné comme une fête.

Le Naw-Ruz est le premier jour de la nouvelle année. Il coïncide avec l'équinoxe de printemps dans l'hémisphère Nord, qui tombe habituellement le 21 mars. Baha'u'llah explique que ce jour de fête doit être célébré le jour précis où le soleil passe dans la constellation du Bélier (c'est-à-dire l'équinoxe vernal), même si cela devait arriver moins d'une minute avant le coucher du soleil (Q&R 35). Ainsi le Naw-Ruz pourrait tomber un 20, 21 ou 22 mars en fonction de l'heure de l'équinoxe.

Baha'u'llah a laissé à la Maison Universelle de Justice le soin de compléter les détails de nombreuses lois. Parmi ceux-ci, un certain nombre se rapportent au calendrier baha'i. Le Gardien a déclaré que la mise en application, à l'échelle mondiale, de la loi concernant le jour de Naw-Ruz, nécessiterait le choix d'un endroit particulier sur terre, qui servira de référence pour fixer le moment de l'équinoxe de printemps. Il a également indiqué que le choix de cet endroit avait été laissé à la discrétion de la Maison Universelle de Justice.

27

Que les jours excédentaires soient placés avant le mois du jeûne. ¶16

Le calendrier badi` est basé sur l'année solaire de 365 jours, 5 heures et quelques 50 minutes. L'année consiste en 19 mois de 19 jours chacun (soit 361 jours) auxquels s'ajoutent 4 jours supplémentaires (5, les années bissextiles). Le Bab n'avait pas fixé de place précise pour les jours intercalaires dans le nouveau calendrier. Le Kitab-i-Aqdas résout cette question en assignant aux jours "excédentaires" une place fixe dans le calendrier, précédant immédiatement le mois de `Ala', la période de jeûne. Pour plus de détails, voir le chapitre relatif au calendrier baha'i dans The Baha'i World, volume XVIII.

28

Nous avons décrété que,... ceux-là seraient les manifestations de la lettre Ha,... ¶16

Connus sous le nom d'Ayyam-i-Ha (les jours de Ha), les jours intercalaires ont le mérite d'être associés avec "la lettre Ha". La valeur numérique de cette lettre arabe dans le système abjad est cinq, qui correspond au nombre potentiel des jours intercalaires.

Dans les Ecrits saints, la lettre "Ha" a reçu plusieurs significations spirituelles, parmi lesquelles celle d'un symbole de l'essence de Dieu.

29

... ces jours de générosité qui précèdent la période de restrictions,... ¶16

Baha'u'llah a enjoint à ses adeptes de consacrer ces jours à la fête, aux réjouissances et à la charité. Dans une lettre écrite de la part de Shoghi Effendi, il est expliqué que "les jours intercalaires sont spécialement réservés à l'hospitalité, au don de présents, etc.".

30

Les voyageurs,... pas tenus de jeûner;... ¶16

La durée minimum d'un voyage qui dispense le croyant de jeûner est définie par Baha'u'llah (Q&R 22 et 75). Les détails de cette clause sont résumés dans Synopsis et Codification, ¶ IV. B. 5. a. i-v.

Shoghi Effendi a précisé que, bien que les voyageurs soient dispensés du jeûne, ils demeurent libres de jeûner s'ils le désirent. Il a également précisé que la dispense s'applique à toute la période du voyage, pas uniquement aux heures passées dans le train ou en voiture, etc.

31

Les voyageurs, les femmes enceintes ou qui allaitent, les malades, ne sont pas tenus de jeûner; ils en ont été dispensés par Dieu, en signe de sa grâce. ¶16

Sont dispensés de jeûner, les malades ou les personnes d'âge avancé (voir note 14), les femmes durant leurs règles (voir note 20), les voyageurs (voir note 30), les femmes enceintes et celles qui allaitent. Cette dispense du jeûne est également étendue aux personnes qui effectuent de lourds travaux, à qui il est conseillé, par ailleurs, "de montrer du respect envers la loi de Dieu et envers le rang élevé du jeûne" en mangeant "frugalement et en privé" (Q&R 76). Shoghi Effendi a précisé que le genre de travaux qui exempterait les gens du jeûne serait défini par la Maison Universelle de Justice.

32

Abstenez-vous de nourriture et de boisson du lever au coucher du soleil... ¶17

Il s'agit de la période du jeûne. Abdu'l-Baha, dans une de ses tablettes, après avoir déclaré que le jeûne consistait en l'abstinence de nourriture et de boisson, indiqua de plus que fumer est une forme de "boisson". En arabe, en effet, le verbe "boire" s'applique également au fait de fumer.

33

Il a été ordonné à chaque croyant en Dieu,... chaque jour,... répète "Allah-u-Abha" quatre-vingt-quinze fois. ¶18

"Allah-u-Abha" est une phrase arabe qui signifie "Dieu le Très-Glorieux". C'est une forme du Plus Grand Nom de Dieu (voir note 137). Il est une tradition dans l'Islam selon laquelle, parmi les multiples noms de Dieu, il en était un qui était le plus grand; pourtant, l'identité de ce Plus Grand Nom était cachée. Baha'u'llah a confirmé que le Plus Grand Nom est "Baha".

Les nombreux dérivés du mot "Baha" sont également considérés comme le Plus Grand Nom. Le secrétaire de Shoghi Effendi, écrivant de sa part, explique que :

Le Plus Grand Nom est le nom de Baha'u'llah. "Ya Baha'u'l-Abha" est une invocation qui signifie : "ô toi Gloire des gloires !" "Allah-u-Abha" est une salutation qui signifie : "Dieu le Très-Glorieux". Les deux se réfèrent à Baha'u'llah. Par Plus Grand Nom, on entend que Baha'u'llah est apparu dans le Plus Grand Nom de Dieu, autrement dit, qu'il est la manifestation suprême de Dieu.

La salutation "Allah-u-Abha" fut adoptée durant la période d'exil de Baha'u'llah à Andrinople. La répétition de "Allah-u-Abha" quatre-vingt-quinze fois doit être précédée par l'accomplissement des ablutions (voir note 34).

34

Faites les ... ablutions pour la prière obligatoire;... ¶18

Les ablutions sont associées de manière spécifique à certaines prières. Elles doivent précéder l'offrande des trois prières obligatoires, la récitation journalière de quatre-vingt-quinze fois "Allah-u-Abha", et la récitation du verset prescrit comme alternative à la prière obligatoire et au jeûne des femmes pendant leurs règles (voir note 20).

Les ablutions prescrites consistent à se laver les mains et le visage en préparation à la prière. Dans le cas de la prière obligatoire de longueur moyenne, celles-ci sont accompagnées de la récitation de certains versets (voir : Quelques textes révélés par Baha'u'llah en supplément au Kitab-i-Aqdas).

Que les ablutions aient une signification qui va au-delà du fait de se laver peut se comprendre du fait que, même si l'on vient de prendre un bain juste avant les prières obligatoires, il sera toujours nécessaire d'effectuer des ablutions (Q&R 18).

Lorsqu'il n'y a pas d'eau disponible pour les ablutions, il est prescrit de réciter cinq fois un verset particulier (voir note 16), cette clause s'étend aux personnes pour qui l'utilisation de l'eau pourrait être physiquement nuisible (Q&R 51).

Les clauses détaillées de la loi relative aux ablutions figurent dans le Synopsis et Codification, ¶ IV. A. 10. a-g., ainsi que dans Questions et Réponses, numéros 51, 62, 66, 77 et 86.

35

Il vous a été interdit de commettre le meurtre... ¶19

L'interdiction de prendre la vie d'autrui est répétée par Baha'u'llah au paragraphe 73 du Kitab-i-Aqdas. Des peines sont prescrites en cas de meurtre prémédité (voir note 86). En cas d'homicide involontaire, il est nécessaire de payer une indemnité précise à la famille du défunt (voir Kitab-i-Aqdas, ¶188).

36

... ou l'adultère,... ¶19

Le mot arabe zina, traduit ici par "adultère", signifie à la fois la fornication et l'adultère. Il s'applique non seulement aux relations sexuelles entre une personne mariée et quelqu'un qui n'est pas son conjoint, mais également à toute relation sexuelle extraconjugale en général. Une des formes de "zina" est le viol. La seule peine prescrite par Baha'u'llah est réservée à ceux qui se livrent à la fornication (voir note 77); les peines réservées aux autres cas d'offense sexuelle seront déterminées par la Maison Universelle de Justice.

37

... à la médisance ou à la calomnie. ¶19

Médire, calomnier et s'appesantir sur les fautes d'autrui a été maintes fois condamné par Baha'u'llah. Dans Les Paroles cachées, Il déclare clairement : "ô fils de l'existence ! Comment peux-tu oublier tes propres défauts et t'occuper de ceux d'autrui ? Celui qui agit ainsi, je le maudis." Et encore : "ô fils de l'homme ! Ne souffle mot des péchés des autres tant que tu es toi-même un pécheur. Si tu transgresses ce commandement, tu seras maudit, et de ceci je porte témoignage". Ce puissant avertissement se trouve réitéré plus tard dans son dernier ouvrage, le Livre de mon alliance : "En vérité je le dis, la langue est faite pour mentionner ce qui est bien, ne la souille pas de paroles inconvenantes. Dieu a pardonné le passé. Dorénavant, chacun devrait prononcer ce qui est séant et convenable, et devrait s'abstenir de la calomnie, des insultes et de tout ce qui est cause de tristesse chez l'homme".

38

Nous avons divisé l'héritage en sept catégories :... ¶20

Les lois baha'ies sur l'héritage ne s'appliquent qu'en cas d'intestat, c'est-à-dire, lorsque l'individu meurt sans avoir laissé de testament. Dans le Kitab-i-Aqdas (¶109), Baha'u'llah demande à chaque croyant d'écrire un testament. Ailleurs, il déclare clairement que l'individu a pleine juridiction sur ses biens, qu'il est libre de déterminer la façon dont ils seront répartis et de désigner ses héritiers, par testament, qu'ils soient baha'is ou non (Q&R 69). A ce sujet, une lettre écrite de la part de Shoghi Effendi explique que :

... bien qu'il soit permis à un baha'i de disposer, dans son testament, de ses biens comme il l'entend, il n'en reste pas moins tenu, moralement et consciemment, de garder toujours à l'esprit, quand il rédige son testament, la nécessité de soutenir le principe de Baha'u'llah relatif à la fonction sociale de la richesse, et à la nécessité qui en découle d'éviter l'accumulation et la concentration des richesses chez quelques individus ou groupes d'individus.

Ce verset de l'Aqdas introduit un long passage dans lequel Baha'u'llah élabore la loi baha'ie sur l'héritage. A la lecture de ce passage, il faut garder à l'esprit que la loi est formulée en présumant que le défunt est un homme; ses dispositions s'appliquent, mutatis mutandis, lorsqu'il s'agit d'une défunte.

Le système d'héritage, qui prévoit le partage des biens du défunt entre sept catégories d'héritiers (enfants, épouse, père, mère, frères, soeurs et éducateurs), repose sur les clauses indiquées par le Bab dans le Bayan. Les principales mesures des lois baha'ies sur l'héritage, en cas d'intestat, sont :

1. Si le défunt est père et que ses biens comportent une résidence personnelle, cette résidence revient au fils aîné (Q&R 34).

2. Si le défunt n'a pas de descendants mâles, les deux tiers de la résidence reviennent aux filles, et le troisième tiers revient à la maison de justice (Q&R 41, Q&R 72). Voir note 42 au sujet des niveaux de l'institution de la maison de justice auxquels cette loi s'applique. (Voir aussi note 44.)

3. Le reste des biens est partagé entre les sept catégories d'héritiers. Pour les détails relatifs au nombre de parts que doit recevoir chaque groupe, se reporter à Questions et Réponses, numéro 5, et Synopsis et Codification, ¶ IV. C. 3. a.

4. S'il y a plus d'un héritier dans l'une de ces catégories, la part allouée à cette catégorie devrait être partagée de façon égale entre eux, qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes.

5. S'il n'y a pas de descendance, la part des enfants revient à la maison de justice (Q&R 7, Q&R 41).

6. Si quelqu'un laisse une descendance, mais que tout ou partie des autres catégories d'héritiers n'existent pas, deux tiers de leur part reviennent aux descendants et un tiers à la maison de justice (Q&R 7).

7. A défaut des ayants droit mentionnés expressément, les deux tiers de l'héritage reviennent aux neveux et nièces du défunt. S'il n'y en a pas, ces mêmes parts reviennent aux oncles et tantes ou, à défaut, à leurs fils et filles. Dans tous les cas, le tiers restant revient à la maison de justice.

8. Si quelqu'un ne laisse aucun des héritiers susmentionnés, l'héritage tout entier revient à la maison de justice.

9. Baha'u'llah déclare que les non-baha'is n'ont aucun droit d'hériter de leurs parents ou de leurs proches (Q&R 34). Shoghi Effendi, dans une lettre écrite de sa part, indique que cette restriction ne s'applique "que lorsqu'un baha'i meurt sans laisser de testament et que, pour cette raison, ses biens devront être partagés suivant les règles indiquées dans l'Aqdas. Sinon, un baha'i est libre de léguer ses biens à n'importe qui, quelle que soit sa religion, à condition toutefois qu'il laisse un testament précisant ses souhaits". Ainsi, il est toujours possible à un baha'i de pourvoir aux besoins de son conjoint non baha'i, de ses enfants ou de ses proches, en laissant un testament.

Des détails complémentaires sur les lois de l'héritage sont résumés dans Synopsis et Codification, ¶ IV. C. 3. a-o.

39

... aux frères, cinq lots,... aux soeurs, quatre lots,... ¶20

Questions et Réponses développe les clauses de la loi, lorsqu'elle se rapporte aux parts d'héritage allouées aux frères et soeurs du défunt. Si le frère ou la soeur est du même père que le défunt, il ou elle héritera de la part entière qui lui a été allouée. Cependant, si le frère ou la soeur est d'un autre père, il ou elle n'héritera que des deux tiers de la part attribuée, le tiers restant revenant à la maison de justice (Q&R 6). De plus, dans le cas où le défunt a des frères et des soeurs germains parmi ses héritiers, les frères et les soeurs utérins n'hériteront pas (Q&R 53). Les frères et les soeurs utérins hériteront bien sûr, de leur propre père.

40

... aux éducateurs,... ¶20

Dans une tablette, Abdu'l-Baha, compare les éducateurs responsables de l'éducation spirituelle de l'enfant au "père spirituel" qui "dote son enfant de la vie éternelle". Il explique que c'est la raison pour laquelle "les éducateurs figurent parmi les héritiers" dans "la loi de Dieu".

Baha'u'llah précise les conditions dans lesquelles l'éducateur ou l'éducatrice hérite ainsi que du lot qu'il ou elle reçoit (Q&R 33).

41

Lorsque Nous entendîmes les cris des enfants à naître, Nous doublâmes leur part, diminuant d'autant celles des autres. ¶20

Dans les lois du Bab sur l'héritage, les enfants du défunt se voyaient allouer neuf lots consistant en cinq cent quarante parts. Cette allocation constituait moins d'un quart de tous les biens. Baha'u'llah doubla leur portion en la portant à mille quatre-vingts parts et réduisit en conséquence celles allouées aux six autres catégories d'héritiers. Il souligna également l'intention précise de ce verset et ses implications quant à la répartition de l'héritage (Q&R 5).

42

... la maison de justice... ¶21

Se référant à la maison de justice dans le Kitab-i-Aqdas, Baha'u'llah ne fait pas toujours formellement la distinction entre la Maison Universelle de Justice et la maison locale de justice, les deux institutions étant prescrites dans ce Livre. Il se réfère généralement simplement à "la maison de justice", laissant toute latitude pour une clarification ultérieure du ou des niveaux de l'institution dans son ensemble, auxquels s'adresse chacune des lois.

Dans une tablette énumérant les revenus du trésor local, Abdu'l-Baha inclut les successions pour lesquelles il n'y a pas d'héritiers, indiquant par là que la maison de justice, dont il est fait mention dans ces passages de l'Aqdas relatifs à l'héritage, est la maison de justice locale.

43

Si le défunt laisse des descendants, mais aucune autre catégorie d'héritiers... ¶22

Baha'u'llah précise que : "Cette règle a une application tant générale que spécifique, c'est-à-dire, que lorsqu'une quelconque catégorie de ces dernières classes d'héritiers est absente, deux tiers de leur héritage vont aux enfants et le tiers restant à la maison de justice" (Q&R 7).

44

Nous avons attribué la résidence et les vêtements personnels du défunt à la descendance masculine, mais ni à la féminine ni aux autres héritiers. ¶25

Dans une tablette, Abdu'l-Baha indique que la résidence et les vêtements personnels du défunt vont à la descendance masculine. Ils vont au fils aîné et, en l'absence du fils aîné, au fils suivant, et ainsi de suite. Abdu'l-Baha explique que cette clause est une expression de la loi de primogéniture, laquelle a été, invariablement, soutenue par la loi de Dieu. Dans une tablette adressée à un disciple de la foi en Perse, il écrit : "Dans toutes les dispensations divines, le fils aîné s'est vu accorder des distinctions extraordinaires. Même le rang de prophète lui a été accordé à la naissance". Cependant, les distinctions accordées au fils aîné sont accompagnées de devoirs concomitants. Ainsi il a, par amour pour Dieu, la responsabilité morale de prendre soin de sa mère et de veiller aux besoins des autres héritiers.

Baha'u'llah clarifie différents aspects de cette partie de la loi sur l'héritage. Il précise que s'il y a plus d'une résidence, la principale et plus importante d'entre elles va à la descendance mâle. Les autres résidences, ainsi que les autres biens du défunt, devront être partagés entre les héritiers (Q&R 34), et il indique qu'en l'absence de descendance mâle, deux tiers de l'habitation principale et des vêtements personnels du père défunt reviennent à la descendance féminine, et un tiers à la maison de justice (Q&R 72). De plus, lorsque la personne disparue est une femme, Baha'u'llah déclare que tous ses vêtements usagés doivent être également répartis entre ses filles. Les vêtements qu'elle n'a pas portés, ses bijoux et ses biens doivent être partagés entre ses héritiers, de même que ses vêtements usagés, dans le cas où elle ne laisse pas de fille (Q&R 37).

45

Dans le cas où le fils du défunt serait décédé du vivant de son père et laisserait des enfants, ceux-ci hériteraient de la part de leur père,... ¶26

Cet aspect de la loi ne s'applique que dans le cas du fils qui meurt avant son père ou sa mère. Si la fille du défunt est décédée en laissant une descendance, sa part devra être partagée entre les sept catégories spécifiées dans le Plus Saint Livre (Q&R 54).

46

Si le défunt laissait des enfants mineurs, leur part d'héritage devrait être confiée à un individu digne de confiance... ¶27

Le mot "amin", traduit dans ce paragraphe par "personne de confiance" et "mandataire", évoque en arabe, toute une série de significations ayant trait principalement à l'idée de loyauté, mais touchant également à des qualités telles que le sérieux, le dévouement, la fidélité, la droiture, l'honnêteté etc. Utilisé dans le langage légal, "amin" indique, entre autres, un mandataire, un garant, un protecteur, un gardien et un détenteur.

47

Le partage des biens ne devrait s'effectuer qu'après avoir payé le huququ'llah, remboursé toutes les dettes, couvert les frais de funérailles et d'inhumation,... ¶28

Baha'u'llah spécifie que l'ordre de préséance pour le règlement de ces dépenses est d'abord les funérailles et les frais d'enterrement, ensuite les dettes du défunt, puis le huququ'llah (voir note 125 ainsi que Q&R 9). Il précise aussi que le montant du règlement de ces frais doit être prélevé d'abord sur le reliquat des biens puis, si cela n'est pas suffisant, sur la résidence et les vêtements personnels du défunt (Q&R 80).

48

Ceci est le savoir caché qui ne changera jamais, car il commence par le chiffre neuf,... ¶29

Dans le Bayan arabe, le Bab décrit sa loi sur l'héritage comme étant "en accord avec une connaissance cachée dans le Livre de Dieu - une connaissance qui ne changera jamais et ne sera jamais remplacée". Il déclare également que les nombres par lesquels la division de l'héritage a été exprimée ont été investis d'une signification dont le but est d'aider à reconnaître Celui que Dieu rendra manifeste.

Le "neuf" mentionné ici est représenté dans le texte arabe par son équivalent dans la notation abjad, la lettre "Ta" (voir Glossaire). C'est le premier élément du partage de l'héritage où le Bab désigne "neuf lots" comme la part des enfants. La signification de neuf réside dans le fait qu'il est l'équivalent numérique du Plus Grand Nom "Baha", dont il est fait allusion dans la suite du verset en tant que "le Nom exalté, caché et manifeste, inviolable et inapprochable". (Voir également note 33.)

49

Le Seigneur a ordonné qu'en chaque ville soit établie une maison de justice... ¶30

L'institution de la maison de justice consiste en collèges élus qui opèrent aux niveaux local, national et international de la société. Baha'u'llah a décrété à la fois la formation de la Maison Universelle de Justice et des maisons locales de justice dans le Kitab-i-Aqdas. Dans son Testament, Abdu'l-Baha prévoit les maisons de justice secondaires (nationales ou régionales) et expose la méthode à suivre quant à l'élection de la Maison Universelle de Justice.

Dans le verset précité, la référence concerne la maison locale de justice, institution qui doit être élue dans une localité dès qu'il y a neuf résidents baha'is adultes, ou plus. Dans ce but, l'âge adulte fut temporairement fixé à vingt et un ans par le Gardien, qui indiqua qu'à l'avenir, celui-ci pourrait être modifié par la Maison Universelle de Justice.

Les maisons de justice locales et secondaires sont connues, pour le moment, comme assemblées spirituelles locales et assemblées spirituelles nationales. Shoghi Effendi a précisé que c'était là une "appellation temporaire" qui,

... lorsque la position et les buts de la foi baha'ie seront mieux compris et pleinement reconnus, sera progressivement supplantée par la désignation permanente et plus appropriée de maison de justice. Non seulement les assemblées spirituelles actuelles seront, dans l'avenir, appelées différemment, mais encore, elles auront la capacité d'ajouter à leurs fonctions actuelles ces pouvoirs, devoirs et prérogatives rendus nécessaires par la reconnaissance de la foi de Baha'u'llah, non seulement comme l'un des systèmes religieux reconnus du monde, mais comme la religion d'Etat d'un pouvoir souverain et indépendant.

50

... au nombre de Baha,... ¶30

L'équivalent numérique abjad de "Baha" est neuf. La Maison Universelle de Justice ainsi que les assemblées spirituelles nationales et locales ont actuellement neuf membres chacune, nombre minimum prescrit par Baha'u'llah.

51

Il leur incombe d'être les personnes de confiance du Miséricordieux parmi les hommes... ¶30

Les pouvoirs et les devoirs généraux de la Maison Universelle de Justice, des assemblées spirituelles nationales et des assemblées spirituelles locales, ainsi que les conditions d'éligibilité des membres, figurent dans les écrits de Baha'u'llah et d'Abdu'l-Baha, dans les lettres de Shoghi Effendi, et dans les explications de la Maison Universelle de Justice. Les principales fonctions de ces institutions sont soulignées dans les statuts de la Maison Universelle de Justice et dans les codex des assemblées spirituelles nationales et locales.

52

... de se consulter... ¶30

Baha'u'llah a établi la consultation comme l'un des principes fondamentaux de sa foi, et il a exhorté les croyants à "se consulter sur tous les sujets". Il décrit la consultation comme "la lampe de direction qui éclaire la voie", et la "source de la compréhension". Shoghi Effendi déclare que le "principe de consultation ... constitue une des lois de base" de l'ordre administratif baha'i.

Dans Questions et Réponses, numéro 99, Baha'u'llah esquisse une approche de la consultation et souligne l'importance d'atteindre l'unanimité lors d'une prise de décision faute de quoi, la décision de la majorité doit prévaloir. La Maison Universelle de Justice a précisé que ce conseil relatif à la consultation avait été révélé avant l'établissement des assemblées spirituelles, et qu'il s'agissait là d'une réponse à une question posée sur les enseignements baha'is relatifs à la consultation. La Maison Universelle de Justice affirme que l'émergence d'assemblées spirituelles vers lesquelles les amis peuvent toujours se tourner pour demander assistance, ne leur interdit nullement de suivre la procédure exposée dans Questions et Réponses. Cette approche peut être utilisée par les amis, s'ils le souhaitent, quand ils désirent se consulter à propos de leurs problèmes personnels.

53

Edifiez dans tous les pays des maisons d'adoration... ¶31

La maison d'adoration baha'ie est consacrée à la louange de Dieu. La maison d'adoration constitue l'édifice central du Mashriqu'l-Adhkar (l'Orient de la louange à Dieu), un complexe qui, lorsqu'il se développera dans l'avenir, comprendra en plus de la maison d'adoration, un certain nombre de dépendances consacrées à des fins sociales, humanitaires, éducatives et scientifiques. Abdu'l-Baha décrit le Mashriqu'l-Adhkar comme "une des institutions les plus vitales du monde", et Shoghi Effendi indique que c'est un exemple tangible d'intégration de "l'adoration et du service baha'i". Anticipant le développement futur de cette institution, Shoghi Effendi envisage que la maison d'adoration et ses dépendances "procurent le soulagement à celui qui souffre, la subsistance au pauvre, l'abri au voyageur, la consolation à l'affligé et l'éducation à l'ignorant". Dans l'avenir, des maisons d'adoration seront construites dans chaque ville et chaque village.

54

Le Seigneur a ordonné à ceux qui le peuvent, de se rendre en pèlerinage à la Maison sacrée. ¶32

Cette ordonnance concerne deux demeures sacrées, la Maison du Bab à Shiraz et la Maison de Baha'u'llah à Baghdad. Baha'u'llah a précisé qu'un pèlerinage à l'une ou l'autre de ces deux maisons satisfait à l'exigence exprimée dans ce passage (Q&R 25, Q&R 29). Dans deux tablettes distinctes, connues sous le titre de Suriy-i-Hajj (Q&R 10), Baha'u'llah prescrit des rites spécifiques pour chacun de ces pèlerinages. En ce sens, l'accomplissement d'un pèlerinage est plus qu'une simple visite de ces deux demeures.

Après le décès de Baha'u'llah, Abdu'l-Baha désigna le tombeau de Baha'u'llah à Bahji comme un lieu de pèlerinage. Dans une tablette, il indique que le "plus saint Tombeau, la Demeure bénie de Baghdad et la Maison vénérée du Bab à Shiraz" sont "consacrés au pèlerinage", et qu'il est "obligatoire" de visiter ces endroits "si on en a les moyens et la capacité, et si nul obstacle ne s'y oppose". Aucun rite n'a été prescrit quant au pèlerinage au plus saint Tombeau.

55

Sa faveur en a exempté les femmes. ¶32

Dans le Bayan, le Bab prescrivit l'ordonnance du pèlerinage, une fois dans leur vie, à ceux de ses disciples qui avaient les moyens financiers d'entreprendre le voyage. Il déclara que cette obligation ne concernait pas les femmes, afin de leur éviter les rigueurs du voyage.

De même, Baha'u'llah a exempté les femmes de ses prescriptions relatives au pèlerinage. La Maison Universelle de Justice a précisé que cette exemption n'est pas une interdiction, et que les femmes sont libres d'effectuer le pèlerinage.

56

... se livrer à une occupation... ¶33

Il est obligatoire pour les hommes et les femmes de se livrer au commerce ou de s'engager dans une profession. Baha'u'llah élève "l'engagement dans un travail" au "rang d'adoration" de Dieu. La signification spirituelle et pratique de cette loi, et la responsabilité mutuelle de l'individu et de la société quant à sa réalisation, sont expliquées dans une lettre écrite de la part de Shoghi Effendi :

En ce qui concerne le commandement de Baha'u'llah relatif à l'engagement des croyants dans quelque profession que ce soit : les enseignements à ce sujet sont très catégoriques, tout particulièrement la déclaration dans l'Aqdas, qui explique clairement que les désoeuvrés qui n'ont aucun désir de travailler, ne peuvent avoir de place dans le nouvel ordre mondial. En corollaire à ce principe, Baha'u'llah déclare plus loin, que la mendicité devrait, non seulement être découragée, mais entièrement éradiquée de la société. Il est du devoir de ceux qui ont la charge de l'organisation de la société, de donner à chaque individu l'opportunité d'acquérir le talent nécessaire à l'exercice d'une profession, quelle qu'elle soit, ainsi que les moyens d'utiliser ce talent, tant pour son bien que pour gagner sa vie. Chaque individu, aussi handicapé ou limité qu'il puisse être, est dans l'obligation de s'engager dans une quelconque profession car le travail, surtout quand il est accompli dans un esprit de service est, selon Baha'u'llah, une forme d'adoration. Il n'a pas seulement un but utilitaire mais il est une valeur en soi, car il nous rapproche de Dieu et nous permet de mieux saisir son dessein pour nous ici-bas. Il est évident, de ce fait, que l'héritage de richesses ne peut dispenser quiconque du travail quotidien".

Dans une de ses tablettes, Abdu'l-Baha déclare que "si une personne est incapable de gagner sa vie, qu'elle est frappée d'une extrême pauvreté ou se trouve sans ressources, alors il incombe aux riches ou aux mandataires de lui fournir une allocation mensuelle destinée à sa subsistance... Par "mandataires" il faut entendre les représentants du peuple, c'est-à-dire les membres de la maison de justice". (Voir également note 162 sur la mendicité.)

En réponse à une question demandant si l'injonction de Baha'u'llah exigeait qu'une épouse et mère travaille aussi, comme son mari, pour gagner sa vie, la Maison Universelle de Justice a expliqué que la directive de Baha'u'llah s'adressait aux amis pour qu'ils se livrent à une occupation qui sera profitable à eux-mêmes et aux autres, et que vaquer aux soins du ménage était un travail hautement honorable, une tâche à grande responsabilité et d'une importance fondamentale pour la société.

En ce qui concerne la retraite des personnes qui ont atteint un certain âge, Shoghi Effendi, dans une lettre écrite de sa part, déclara : "... c'est là une question sur laquelle la Maison Internationale de Justice devra légiférer, car il n'y a aucune disposition à ce sujet dans l'Aqdas".

57

Le baisemain a été interdit dans le Livre. ¶34

Dans un certain nombre de dispensations religieuses antérieures, ainsi que dans certaines cultures, le fait de baiser la main d'un personnage religieux ou d'une personne importante était considéré comme une marque de respect et de déférence envers de telles personnes, et comme un témoignage de soumission à leur autorité. Baha'u'llah interdit le baisemain et, dans ses tablettes, il condamne également des pratiques telles que la prosternation devant une autre personne et d'autres formes de comportement qui abaissent l'individu dans ses relations avec autrui. (Voir aussi note 58.)

58

Il n'est permis à personne de chercher l'absolution auprès d'une autre âme;... ¶34

Baha'u'llah interdit la confession des péchés, ainsi que la recherche de leur absolution auprès d'un être humain. En lieu et place, on devrait implorer le pardon de Dieu. Dans la Tablette de Bisharat, il déclare que : "une telle confession à un tiers engendre l'humiliation et l'abaissement de la personne", et il affirme que Dieu "ne souhaite pas l'humiliation de ses serviteurs".

Shoghi Effendi situe l'interdiction dans son contexte. Son secrétaire a écrit de sa part :

... qu'il nous est interdit de confesser nos péchés et nos manquements à quiconque, comme le font les catholiques à leurs prêtres, ou en public, à la manière de certaines sectes religieuses. Pourtant, si nous désirons spontanément reconnaître que nous avons commis une erreur ou que nous avons un certain défaut de caractère, et que nous voulons demander la clémence ou le pardon de quelqu'un, nous sommes tout à fait libres de le faire.

La Maison Universelle de Justice a également précisé que l'interdiction de Baha'u'llah relative à la confession des péchés n'empêche pas un individu d'admettre ses transgressions au cours de consultations tenues sous l'égide d'institutions baha'ies. De même qu'elle n'exclut pas la possibilité de demander conseil à un ami proche ou à un conseiller professionnel en ce qui concerne de telles matières.

59

Parmi les hommes, il y a celui qui s'assied près de la porte, au milieu des sandales, alors qu'en son coeur il convoite la place d'honneur. ¶36

En Orient, il est traditionnel de retirer ses sandales ou ses chaussures avant de pénétrer dans un lieu de réunion. La partie de la pièce la plus éloignée de l'entrée est considérée comme la tête de cette pièce et une place d'honneur où sont assises les personnes les plus importantes de l'assistance. Les autres se trouvent assises, par ordre décroissant d'importance, en direction de la porte près de laquelle les chaussures et les sandales ont été déposées, et où prennent place les plus modestes.

60

Il y a parmi les hommes celui qui prétend à la connaissance intérieure,... ¶36

Ceci se réfère aux gens qui revendiquent l'accès à la connaissance ésotérique, et dont l'attachement à une telle connaissance leur voile la révélation de la manifestation de Dieu. Ailleurs, Baha'u'llah affirme : "Ceux qui sont les adorateurs de l'idole gravée par leur imagination et qui l'appellent Réalité intérieure, de tels hommes sont, en vérité, comptés parmi les idolâtres".

61

Combien d'hommes se sont retirés dans les régions de l'Inde, se refusant les choses que Dieu a décrétées licites, s'imposant austérités et mortifications... ¶36

Ces versets constituent l'interdiction de la vie monastique et de l'ascétisme, voir Synopsis et Codification, ¶ IV. D. 1. y. iii-iv. Dans les Paroles du paradis, Baha'u'llah développe ces clauses. Il déclare : "Vivre retiré du monde ou pratiquer l'ascétisme n'est pas acceptable en la présence de Dieu", et il appelle les personnes concernées à se "conformer à ce qui causera joie et rayonnement". Il ordonne à ceux qui ont "élu domicile dans les cavernes des montagnes" ou qui se sont "rendus la nuit dans les cimetières" d'abandonner ces pratiques; il les enjoint de ne pas se priver des "bienfaits" de ce monde qui ont été créés par Dieu pour l'humanité. Et dans la Tablette de Bisharat, bien qu'il manifeste sa gratitude pour les "actions pieuses" des moines et des prêtres, Baha'u'llah les appelle en disant : "... qu'ils abandonnent leur vie de solitude et dirigent leurs pas vers le monde ouvert, qu'ils oeuvrent pour leur profit et celui des autres". Il leur accorde aussi la permission "de se marier afin qu'ils puissent mettre au monde un enfant qui fera mention de Dieu".

62

Quiconque prétend à une révélation directe de Dieu avant l'expiration de mille ans révolus... ¶37

La dispensation de Baha'u'llah durera jusqu'à la venue de la prochaine manifestation de Dieu, dont l'avènement n'aura pas lieu avant au moins "mille ans révolus". Baha'u'llah met en garde quiconque donnerait à "ce verset" une autre signification que celle qu'il offre "de toute évidence" et, dans une de ses tablettes, il précise que "chaque année" de cette période de mille ans consiste en "douze mois selon le Qur'an, et en dix-neuf mois de dix-neuf jours chacun, selon le Bayan".

L'annonce à Baha'u'llah de sa révélation dans le Siyah-Chal de Tihran, en octobre 1852, marque la naissance de sa mission prophétique et, par là même, le commencement des mille années ou plus qui doivent s'écouler avant l'apparition de la prochaine manifestation de Dieu.

63

C'est de cela que Nous vous avions averti, lorsque Nous résidions en Iraq puis, plus tard, lorsque Nous étions en la terre du Mystère et maintenant, de ce Lieu resplendissant. ¶37

La "Terre du Mystère" se réfère à Andrinople, et "ce Lieu resplendissant" fait référence à `Akka.

64

Parmi les hommes, il y a celui qui s'enorgueillit de son savoir,... et celui qui, entendant le bruit des sandales qui le suivent, se gonfle dans sa propre estime... ¶41

En Orient, les disciples d'un chef religieux avaient l'habitude de marcher un ou deux pas derrière lui, en signe de déférence.

65

... Nemrod. ¶41

Le Nemrod dont il est fait référence dans ce verset est, tant dans la tradition juive qu'islamique, un roi qui persécuta Abraham et dont le nom devint un symbole de grand orgueil.

66

... Aghsan... ¶42

"Aghsan" (pluriel de Ghusn) est le mot arabe pour "Branches". Ce terme est utilisé par Baha'u'llah pour désigner ses descendants mâles. Il a des implications particulières, non seulement pour l'attribution des biens, mais aussi pour la succession de l'autorité après le décès de Baha'u'llah (voir note 145) et de Abdu'l-Baha. Baha'u'llah, dans le Livre de son alliance, désigna Abdu'l-Baha, son fils aîné, comme le Centre de son alliance et le chef de la foi. Abdu'l-Baha, dans son Testament, désigna Shoghi Effendi, l'aîné de ses petits-fils, comme le Gardien et le chef de la foi.

Ainsi, ce passage de l'Aqdas anticipe la succession d'Aghsan choisis, et donc l'institution du Gardiennat, et il envisage la possibilité d'une interruption dans leur lignée. Le décès de Shoghi Effendi en 1957 précipita la situation prévue dans ce passage, puisque la lignée des Aghsan prit fin avant que la Maison Universelle de Justice ait été établie (voir note 67).

67

... reviendront au peuple de Baha,... ¶42

Baha'u'llah prévoit la possibilité que la lignée des Aghsan s'éteigne avant l'établissement de la Maison Universelle de Justice. Il indiqua que, dans une telle situation, "les dotations reviendraient au peuple de Baha". Le terme "peuple de Baha" a, dans les écrits baha'is, plusieurs sens différents. Dans cet exemple, il est décrit comme ceux "qui ne parlent qu'avec sa permission, et qui ne jugent qu'en accord avec ce que Dieu a décrété dans cette tablette". Au lendemain du décès de Shoghi Effendi en 1957, les Mains de la cause de Dieu dirigèrent les affaires de la cause jusqu'à l'élection de la Maison Universelle de Justice en 1963 (voir note 183).

68

Ne vous rasez pas la tête;... ¶44

Dans certaines traditions religieuses, il est tenu pour désirable de se raser la tête. Se raser la tête est interdit par Baha'u'llah, et il explique clairement que la clause contenue dans sa Suriy-i-Hajj demandant aux pèlerins qui se rendent à la sainte Maison à Shiraz de se raser la tête, a été remplacée par ce verset du Kitab-i-Aqdas (Q&R 10).

69

... il n'est pas convenable de laisser les cheveux dépasser la limite des oreilles. ¶44

Shoghi Effendi a expliqué clairement que, à l'encontre de l'interdiction de se raser la tête, cette loi interdisant de se laisser pousser les cheveux en dessous du lobe de l'oreille, concerne uniquement les hommes. L'application de cette loi requerra des éclaircissements de la part de la Maison Universelle de Justice.

70

Exil et emprisonnement sont décrétés pour le voleur... ¶45

Baha'u'llah déclare qu'il appartient à la Maison Universelle de Justice de déterminer le degré de la peine en fonction de la gravité du délit (Q&R 49). Les punitions réservées au vol sont destinées à un état futur de la société, quand elles auront été complétées et mises en application par la Maison Universelle de Justice.

71

... au troisième délit, placez une marque sur son front afin que, ainsi identifié, il ne puisse être admis ni dans les villes ni dans les contrées de Dieu. ¶45

La marque qui doit être faite sur le front du voleur a pour objet d'avertir les gens de ses inclinations. Tous les détails quant à la nature de la marque, la façon dont elle devra être appliquée, la durée durant laquelle elle devra être portée, les conditions pour lesquelles elle pourra être retirée, ainsi que l'évaluation des différents degrés de gravité du vol, ont été laissés par Baha'u'llah à la discrétion de la Maison Universelle de Justice qui décidera quand appliquer la loi.

72

Quiconque souhaite se servir de vaisselle d'argent ou d'or est libre de le faire. ¶46

Dans le Bayan, le Bab a permis l'utilisation d'ustensiles en or et en argent, abrogeant ainsi la condamnation islamique de leur utilisation, qui ne découle pas d'une injonction explicite du Qur'an, mais de traditions musulmanes. Baha'u'llah confirme ici la règle du Bab.

73

Prenez garde en partageant de la nourriture de plonger les mains dans le contenu des plats ou des coupes. ¶46

Cette interdiction a été définie par Shoghi Effendi comme "plonger la main dans la nourriture". Dans de nombreuses parties du monde, il était coutumier de manger avec les mains en puisant dans un bol commun.

74

Adoptez les usages les plus raffinés. ¶46

C'est là le premier de plusieurs extraits se référant à l'importance du raffinement et de la propreté. Le mot originel arabe "latafah", rendu ici par "raffinement", présente une large gamme de significations aux implications tant spirituelles que physiques, telles qu'élégance, grâce, propreté, courtoisie, politesse, douceur, délicatesse et bienveillance, tout comme le fait d'être discret, raffiné, sanctifié et pur. Conformément au contexte des différents extraits où il apparaît dans le Kitab-i-Aqdas, il a été traduit soit par "raffinement" soit par "propreté".

75

Celui qui est l'Orient de la cause de Dieu n'a pas de partenaire dans la plus grande Infaillibilité. ¶47

Dans la Tablette d'Ishraqat, Baha'u'llah affirme que la plus grande Infaillibilité est limitée aux manifestations de Dieu.

Le chapitre 45 des Leçons de Saint-Jean-d'Acre est consacré à une explication de ce verset de l'Aqdas par Abdu'l-Baha. Dans ce chapitre il souligne, entre autres, que l'essentielle "Infaillibilité" est inséparable des manifestations de Dieu, et il affirme que "tout ce qui émane d'elles est identique à la vérité et conforme à la réalité", qu'"elles ne sont pas à l'ombre des lois précédentes", et que "tout ce qu'elles disent est parole de Dieu, et tout ce qu'elles font est action juste".

76

A chaque père il a été enjoint d'instruire son fils et sa fille dans l'art de lire et d'écrire,...¶48

Dans ses tablettes, Abdu'l-Baha attire non seulement l'attention sur la responsabilité des parents d'éduquer tous leurs enfants, mais il précise aussi clairement que la "formation et la culture des filles sont plus nécessaires que celles des fils", car un jour les filles deviendront des mères, et les mères sont les premières éducatrices de la nouvelle génération. C'est pourquoi, s'il n'est pas possible à une famille d'éduquer tous ses enfants, la préférence devra être accordée aux filles, car c'est à travers les mères éduquées que le bénéfice de la connaissance pourra être le plus efficacement et le plus rapidement répandu à travers la société.

77

Dieu a imposé à celui ou à celle qui commet l'adultère une amende à payer à la maison de justice :... ¶49

Bien que le terme se traduise ici par adultère il se réfère, dans son sens le plus large, au rapport sexuel illégal entre des personnes mariées ou non (voir note 36 pour une définition du terme), Abdu'l-Baha précise que la punition prescrite ici concerne les rapports sexuels entre personnes non mariées. Il indique que ce sera à la Maison Universelle de Justice de déterminer la peine pour un adultère commis par une personne mariée. (Voir également Q&R 49.)

Dans une de ses tablettes, Abdu'l-Baha se réfère à certaines des implications spirituelles et sociales de la violation des lois de moralité et, quant à l'amende décrite ici, il indique que le but de cette loi est de rendre plus clair pour tous qu'un tel acte est honteux aux yeux de Dieu et que, dans le cas où le délit peut être établi et l'amende imposée, le but principal est de dénoncer les coupables - de sorte qu'ils soient couverts de honte et disgraciés aux yeux de la société. Il affirme qu'une telle dénonciation représente, en elle-même, la plus grande punition.

La maison de justice dont il est question dans ce verset est vraisemblablement la maison locale de justice, actuellement connue comme assemblée spirituelle locale.

78

... neuf mithqals d'or, à doubler en cas de récidive. ¶49

Un mithqal est une unité de poids. Le poids du mithqal traditionnel utilisé au Moyen- Orient équivaut à vingt-quatre nakhuds. Cependant, le mithqal utilisé par les baha'is consiste en dix-neuf nakhuds, "en accord avec la stipulation du Bayan" (Q&R 23). Le poids de neuf de ces mithqals équivaut à 32,775 grammes ou 1,05374 onces troy.

Au sujet de l'application de l'amende, Baha'u'llah précise clairement que chaque amende successive équivaut au double de la précédente (Q&R 23); ainsi l'amende infligée progresse de façon géométrique. L'imposition de cette amende est destinée à l'état futur de la société, lorsque la loi sera complétée et appliquée par la Maison Universelle de Justice.

79

Nous avons rendu licite l'écoute de la musique et du chant. ¶51

Abdu'l-Baha a écrit que : "Parmi certaines nations orientales, la musique était considérée comme répréhensible". Bien que le Qur'an ne contienne aucune directive précise à ce sujet, certains musulmans considèrent qu'écouter de la musique est illicite, alors que d'autres tolèrent la musique dans certaines limites et en fonction de conditions particulières.

Il y a un certain nombre de passages dans les écrits baha'is qui louent la musique. Abdu'l-Baha, par exemple, affirme que "chantée ou jouée, la musique est une nourriture spirituelle pour l'âme et pour le coeur".

80

ô vous hommes de justice ! ¶52

Il est expliqué dans les écrits d'Abdu'l-Baha et de Shoghi Effendi que, bien que la qualité de membre de la Maison Universelle de Justice soit réservée aux hommes, femmes et hommes peuvent être élus membres des maisons secondaires et locales de justice (actuellement désignées sous le nom d'assemblées spirituelles nationales et locales).

81

Les peines encourues pour avoir frappé ou blessé quelqu'un dépendent de la gravité de la blessure; pour chaque degré, le Seigneur du jugement a prescrit une certaine indemnité. ¶56

Alors que Baha'u'llah précise que l'importance de la peine dépend de "la gravité de la blessure", il n'y a pas trace de détails qu'il aurait donnés quant à l'importance de l'indemnité à verser selon le degré du délit. C'est à la Maison Universelle de Justice qu'il appartiendra de le faire.

82

En vérité, Nous vous enjoignons d'offrir une fête une fois par mois,... ¶57

Cette injonction est devenue la base pour la tenue de fêtes baha'ies mensuelles, et constitue à ce titre l'institution de la fête des Dix-Neuf jours. Dans le Bayan arabe, le Bab appelle ses disciples à se réunir une fois tous les dix-neuf jours, afin de faire preuve d'hospitalité et de camaraderie. Ici, Baha'u'llah confirme et souligne le rôle unificateur de telles occasions.

Abdu'l-Baha et Shoghi Effendi après lui, ont dévoilé progressivement le sens institutionnel de cette injonction. Abdu'l-Baha a souligné l'importance du caractère spirituel et dévotionnel de ces réunions. Shoghi Effendi, à côté d'une élaboration plus poussée des aspects de dévotion et de rencontre sociale de la fête, a développé l'élément administratif de telles réunions et a, en instituant systématiquement la fête, prévu une période réservée à la consultation sur les affaires de la communauté baha'ie, comprenant le partage de nouvelles et de messages.

En réponse à une question demandant s'il était obligatoire d'obéir à cette injonction, Baha'u'llah déclara que non (Q&R 48). Shoghi Effendi, dans une lettre écrite de sa part, ajoute :

Assister à la fête des Dix-Neuf jours n'est pas obligatoire mais très important, et chaque croyant devrait considérer comme un devoir et un privilège d'être présent à de telles occasions.

83

Si vous devez chasser à l'aide d'animaux ou d'oiseaux de proie, invoquez le nom de Dieu lorsque vous les lâchez à la poursuite de leur proie. Ainsi, tout le gibier qu'ils attraperont vous sera licite, quand bien même l'auriez-vous trouvé mort. ¶60

Par cette loi, Baha'u'llah simplifie beaucoup les pratiques et les règlements religieux du passé relatifs à la chasse. Il déclara également que la chasse à l'aide d'armes telles que, arcs, flèches, fusils et autres armes, fait partie de cette règle, mais que la consommation de gibier trouvé mort dans un piège ou un filet est illicite (Q&R 24).

84

... prenez garde de chasser à l'excès. ¶60

Bien que la chasse ne soit pas interdite par Baha'u'llah, il met en garde contre une chasse excessive. La Maison Universelle de Justice aura, le moment venu, à examiner ce qui constitue un excès en matière de chasse.

85

... il ne lui a donné aucun droit sur la propriété d'autrui. ¶61

L'injonction de témoigner de la bienveillance envers la parenté de Baha'u'llah ne donne pas à celle-ci le droit sur une part des biens d'autrui. Ceci contraste avec l'usage musulman shi`ih, suivant lequel les descendants en ligne directe de Muhammad sont en droit de recevoir une part d'une certaine taxe.

86

Si quelqu'un détruit intentionnellement une maison par le feu, vous le brûlerez aussi; si quelqu'un ôte délibérément la vie à un autre, vous le mettrez à mort lui aussi. ¶62

La loi de Baha'u'llah prescrit la peine de mort pour le meurtre et l'incendie criminel, avec l'alternative de l'emprisonnement à vie (voir note 87).

Dans ses tablettes, Abdu'l-Baha explique la différence entre la vengeance et la punition. Il affirme que les individus n'ont pas le droit de se venger, que la vengeance est méprisable aux yeux de Dieu, et que le motif de la punition n'est pas la vengeance, mais l'imposition d'une peine pour le délit commis. Dans Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, il confirme que c'est le droit de la société que de punir les criminels afin de protéger ses membres et de défendre son existence.

Au sujet de cette clause, Shoghi Effendi, dans une lettre écrite de sa part, donne l'explication suivante :

Dans l'Aqdas, Baha'u'llah décrète la peine de mort pour le meurtre. Cependant, il autorise l'emprisonnement à vie comme alternative. Les deux pratiques seraient en accord avec ses lois. Certains d'entre nous ne sont peut-être pas à même d'en saisir la sagesse lorsqu'elle ne s'accorde pas avec notre propre vision limitée; mais nous devons l'accepter, sachant que sa sagesse, sa miséricorde et sa justice sont parfaites et destinées au salut du monde entier. Si un homme était, à tort, condamné à mort, ne pouvons-nous croire que Dieu Tout-Puissant lui accorderait, pour cette injustice humaine, des milliers de compensations dans l'autre monde ? Vous ne pouvez renoncer à une loi salutaire uniquement parce que, en de rares cas, un innocent pourrait être puni.

Les détails de la loi baha'ie sur la punition du meurtre et de l'incendie criminel, loi destinée à un futur état de la société, n'ont pas été précisés par Baha'u'llah. Les différents détails de la loi, tels que les degrés de gravité du délit, si des circonstances atténuantes sont à prendre en considération, et laquelle des deux peines prescrites fera office de norme, sont laissés à la discrétion de la Maison Universelle de Justice qui, à la lumière des circonstances qui prévaudront alors, décidera de l'entrée en vigueur de la loi. La manière dont la punition devra être appliquée est également laissée à la décision de la Maison Universelle de Justice.

En ce qui concerne l'incendie volontaire, la peine dépendra de la "maison" incendiée. Il y a, de toute évidence, une énorme différence dans le degré du délit, entre la personne qui incendie un entrepôt vide et celle qui met le feu à une école remplie d'enfants.

87

Si vous condamnez l'incendiaire et le meurtrier à un emprisonnement à vie, ce sera permis suivant les clauses du Livre. ¶62

Shoghi Effendi, en réponse à une question posée sur ce verset de l'Aqdas, affirma que bien que la peine capitale soit autorisée, une alternative "l'emprisonnement à vie" a été prévue, "par laquelle les rigueurs d'une telle condamnation peuvent être sérieusement atténuées". Il déclare que "Baha'u'llah nous a donné un choix et, de ce fait, nous a laissés libres d'utiliser notre propre sagesse dans certaines limites imposées par sa loi". En l'absence de guidance spécifique quant à l'application de cet aspect de la loi baha'ie, il appartient à la Maison Universelle de Justice de légiférer sur le sujet dans l'avenir.

88

Dieu vous a prescrit le mariage. ¶63

Dans une de ses tablettes, Baha'u'llah déclare que Dieu, en établissant cette loi, a fait du mariage "une forteresse pour le bien-être et le salut".

Le Synopsis et Codification, ¶ IV. C. 1. a-o., récapitule et synthétise les clauses du Kitab-i-Aqdas et de Questions et Réponses relatives au mariage et aux conditions dans lesquelles il est permis (Q&R 3, Q&R 13, Q&R 46, Q&R 50, Q&R 84, et Q&R 92), à la loi sur les fiançailles, (Q&R 43) au paiement de la dot, (Q&R 12, Q&R 26, Q&R 39, Q&R 47, Q&R 87, et Q&R 88) aux procédures à adopter en cas d'absence prolongée d'un des conjoints, (Q&R 4 et Q&R 27) et aux autres circonstances diverses (Q&R 12 et Q&R 47). (Voir aussi note 89, note 90, note 91, note 92, note 93, note 94, note 95, note 96, note 97, note 98, note 99.)

89

Prenez garde de prendre plus de deux épouses. Celui qui se contente d'une seule femme parmi les servantes de Dieu vivra avec elle dans la tranquillité. ¶63

Bien que le texte du Kitab-i-Aqdas semble permettre la bigamie, Baha'u'llah conseille que tranquillité et satisfaction soient trouvées dans la monogamie. Dans une autre tablette, il souligne l'importance, pour l'individu, d'agir de façon à "trouver le bien-être pour lui-même et pour son épouse". Abdu'l-Baha, l'interprète autorisé des écrits baha'is, déclare qu'en fait, dans le texte de l'Aqdas, la monogamie est enjointe.

Il développe ce thème dans un certain nombre de tablettes, dont la suivante :

Sache que la polygamie n'est pas autorisée par la loi de Dieu, car se contenter d'une seule épouse a été clairement stipulé. Prendre une seconde épouse est conditionné par le respect de l'équité et de la justice envers les deux épouses et ce, en toutes circonstances. Cependant, le respect de la justice et de l'équité envers les deux épouses est totalement impossible. Le fait que la bigamie dépende d'une condition impossible est une preuve évidente de son interdiction absolue. C'est pourquoi il n'est pas permis à un homme d'avoir plus d'une épouse.

Pour la majorité de l'humanité, la polygamie est une très ancienne pratique. L'introduction de la monogamie ne s'effectua que graduellement par l'intermédiaire des manifestations de Dieu. Jésus, par exemple, n'a pas interdit la polygamie, mais a aboli le divorce, sauf en cas de fornication; Muhammad a limité le nombre d'épouses à quatre, mais la pluralité d'épouses fut subordonnée à la justice, et il a réintroduit le divorce; Baha'u'llah qui révéla ses enseignements au sein de la société musulmane, introduisit graduellement le sujet de la monogamie, suivant les principes de la sagesse et en dévoilant progressivement son intention. Le fait qu'il laissa à ses adeptes un interprète infaillible de ses Ecrits lui permit d'autoriser, en apparence, dans le Kitab-i-Aqdas, deux épouses, mais en maintenant une condition qui permit plus tard à Abdu'l-Baha d'expliquer que l'intention de la loi était d'imposer la monogamie.

90

... celui qui prend une femme non mariée à son service, peut le faire avec bienséance. ¶63

Baha'u'llah déclare qu'un homme peut employer une servante pour ses services domestiques. Ce n'était pas permis par l'usage musulman shi`ih, à moins que l'employeur n'établisse un contrat de mariage avec elle. Baha'u'llah insiste sur le fait que le "service" dont il est question dans ce verset est uniquement "tel qu'accompli par n'importe quelle autre classe de serviteurs, jeunes ou vieux, en échange de gages" (Q&R 30). Un employeur n'a aucun droit sexuel sur sa servante. Elle est "libre de choisir un mari quand il lui plaît", car l'achat de femmes est interdit (Q&R 30).

91

Ceci est mon commandement pour vous; suivez-le, telle une aide pour vous-même, selon le Livre. ¶63

Alors que le mariage est prescrit dans le Kitab-i-Aqdas, Baha'u'llah précise qu'il n'est pas obligatoire (Q&R 46). Dans une lettre écrite de sa part, Shoghi Effendi déclara également que "le mariage n'est en aucune sorte une obligation", et il affirma que, "en dernier ressort, c'est à l'individu de décider s'il souhaite mener une vie de famille ou s'il souhaite vivre dans le célibat". Si quelqu'un doit attendre très longtemps avant de trouver un conjoint ou finalement rester célibataire, cela ne signifie pas que la personne soit par là incapable de réaliser le but de sa vie, lequel est fondamentalement spirituel.

92

... Nous l'avons conditionné,... à la permission de leurs parents,... ¶65

Dans une lettre écrite de sa part, Shoghi Effendi a commenté cette clause de la loi :

Baha'u'llah a clairement déclaré que le consentement de tous les parents vivants est exigé pour le mariage baha'i. Ceci s'applique, que les parents soient baha'is ou non, divorcés depuis plusieurs années ou non. Cette loi importante, il l'a décrétée afin de consolider le tissu social, de resserrer plus étroitement les liens du foyer, afin de mettre dans le coeur des enfants une certaine gratitude et un certain respect envers ceux qui leur ont donné la vie et mis leurs âmes sur la route éternelle vers leur créateur.

93

On ne peut contracter mariage sans le paiement d'une dot... ¶66

Le Synopsis et Codification, ¶ IV. C. 1. j. i-v., résume les principales clauses relatives à la dot. Ces clauses ont leurs antécédents dans le Bayan.

La dot doit être payée par le fiancé à la fiancée. Elle est fixée à dix-neuf mithqals d'or pur pour les citadins, et à dix-neuf mithqals d'argent pour les villageois (voir note 94). Baha'u'llah indique que, si, au moment du mariage, le fiancé n'est pas à même de payer la dot en totalité, il lui est permis d'établir une promesse écrite à la fiancée (Q&R 39).

Avec la révélation de Baha'u'llah, nombre de concepts familiers, coutumes et institutions sont redéfinis et prennent une nouvelle signification. C'est le cas de la dot. L'institution de la dot est une pratique très ancienne au sein de nombreuses cultures et prend de nombreuses formes. Dans certains pays, c'est un paiement effectué par les parents de la fiancée au fiancé; dans d'autres, c'est un paiement fait par le fiancé aux parents de la fiancée et appelé "prix de la fiancée". Dans ces deux cas, le montant est souvent assez considérable. La loi de Baha'u'llah abolit toutes ces variantes et convertit la dot en un acte symbolique par lequel le fiancé présente à la fiancée un cadeau d'une certaine valeur limitée.

94

... à dix-neuf mithqals d'or pur pour les citadins, et d'argent pour les villageois. ¶66

Baha'u'llah précise que le critère qui déterminera le paiement de la dot est le lieu de résidence permanente du fiancé, et non celui de la fiancée (Q&R 87, Q&R 88).

95

A celui qui souhaiterait augmenter cette somme, il est interdit de dépasser la limite de quatre-vingt-quinze mithqals... Cependant, s'il s'en tient au minimum, ce sera mieux pour lui, selon le Livre. ¶66

En réponse à une question relative à la dot, Baha'u'llah déclara :

En ce qui concerne ceux qui habitent les villes et les villages, tout ce qui est révélé dans le Bayan est approuvé et devrait être mis à exécution. Cependant, dans le Kitab-i-Aqdas, il est fait mention du niveau le plus bas; c'est à dire aux dix-neuf mithqals d'argent spécifiés dans le Bayan, pour les villageois. Ceci est plus plaisant aux yeux de Dieu, à condition que les deux parties soient d'accord. Le but est de favoriser le bien-être de tous et d'établir la concorde et l'union parmi les gens. C'est pourquoi, plus on montrera de considération envers ces questions, mieux cela sera... Dans le peuple de Baha, chacun doit s'associer et agir l'un envers l'autre avec le plus grand amour et avec la plus grande sincérité. Chacun devrait être soucieux des intérêts de tous, spécialement des amis de Dieu.

Abdu'l-Baha, dans une de ses tablettes, résuma certaines des clauses qui déterminent le niveau de la dot. L'unité de paiement mentionné dans l'extrait ci-dessous est le "vahid". Un vahid équivaut à dix-neuf mithqals.

Il déclara :

Les habitants des villes doivent payer en or et les villageois en argent. Cela dépend des ressources financières dont dispose le fiancé. S'il est pauvre, il paie un vahid; si ses moyens sont modestes, il paie deux vahids; si bon lui semble, trois vahids; s'il est riche, quatre vahids; et s'il est très riche, il donne cinq vahids. C'est, en vérité, une question d'accord entre le fiancé, la fiancée et leurs parents. Quel que soit l'accord auquel ils parviendront, celui-ci devra être appliqué.

Dans cette même tablette, Abdu'l-Baha encouragea les croyants à s'en référer, pour les questions touchant à l'application de cette loi, à la Maison Universelle de Justice, qui a "l'autorité de légiférer". Il souligna que "c'est cette institution qui mettra les lois en application et qui légiférera sur les questions secondaires qui ne sont pas explicites dans le Texte saint".

96

... si l'un de ses serviteurs a l'intention de voyager, il doit fixer pour son épouse un temps pour son retour au foyer. ¶67

Si le mari quitte son épouse sans l'informer de la date de son retour, qu'aucune nouvelle de lui ne parvient à celle-ci, et qu'on a perdu toute trace de lui, Baha'u'llah a déclaré que, si le mari était au courant de la loi prescrite dans le Kitab-i-Aqdas, l'épouse pourra se remarier au bout d'une année révolue. Si, cependant, le mari n'était pas au courant de la loi, l'épouse devra attendre jusqu'à ce qu'elle reçoive de ses nouvelles (Q&R 4).

97

... il convient à la femme d'attendre pendant une période de neuf mois, après laquelle rien n'empêche qu'elle prenne un autre mari;... ¶67

Dans le cas où le mari ne parviendrait pas à rentrer avant la fin de la période fixée ou à signifier un délai à son épouse, celle-ci doit attendre neuf mois, après lesquels elle sera libre de se remarier, bien qu'il soit préférable pour elle d'attendre plus longtemps (voir note 147 au sujet du calendrier baha'i).

Baha'u'llah déclare que si, en de telles circonstances, des nouvelles de "la mort ou du meurtre de son mari" parvenaient à l'épouse, elle doit également attendre neuf mois avant de se remarier (Q&R 27).De plus, dans une tablette, Abdu'l-Baha précise que la période d'attente de neuf mois qui suit l'annonce du décès du mari ne s'applique que si le mari était au loin au moment de son décès, et non s'il meurt à la maison.

98

... elle devrait choisir la voie la plus louable. ¶67

Baha'u'llah définit "la voie la plus louable" comme "l'exercice de la patience" (Q&R 4).

99

... deux témoins dignes de foi,... ¶67

Baha'u'llah fixe le "critère de justice" en ce qui concerne les témoins, comme "une bonne réputation parmi le peuple". Il déclare qu'il n'est pas nécessaire que les témoins soient baha'is puisque "le témoignage de tout serviteur de Dieu, quelle que soit sa foi ou sa croyance, est acceptable devant son trône" (Q&R 79).

100

Si ressentiment ou aversion devaient survenir entre un mari et sa femme, il ne peut pas divorcer, mais doit faire preuve de patience pendant une année entière... ¶68

Dans les enseignements baha'is, le divorce est fortement condamné. Si cependant, l'antipathie ou le ressentiment apparaissent entre les époux, le divorce est permis après la période d'une année entière. Durant cette année de patience, le mari est obligé de pourvoir au soutien financier de sa femme et de ses enfants, et il est vivement conseillé au couple de s'efforcer d'aplanir leurs différends. Shoghi Effendi affirme que le mari, comme la femme "ont le même droit de demander le divorce" quand l'un des partenaires "estime que c'est absolument indispensable".

Dans Questions et Réponses, Baha'u'llah élabore un certain nombre de points relatifs à l'année de patience et à son respect (Q&R 12). Il fixe la date de son commencement (Q&R 19 et Q&R 40), les conditions de réconciliation (Q&R 38), et le rôle des témoins et de la maison de justice locale (Q&R 73 et Q&R 98). En ce qui concerne les témoins, la Maison Universelle de Justice a précisé que, de nos jours, les devoirs des témoins, en cas de divorce, sont remplis par les assemblées spirituelles. Les dispositions détaillées des lois baha'ies sur le divorce sont résumées dans Synopsis et Codification, ¶ IV. C. 2. a-i.

103

... le sperme n'est pas impur. ¶74

Dans un certain nombre de traditions et dans la pratique musulmane shi`ih, le sperme a été déclaré rituellement impur. Baha'u'llah rejette ici ce concept. (Voir également ci-après note 106.)

104

Tenez-vous fermement à la corde du raffinement... ¶74

Abdu'l-Baha fait référence à l'effet que "pureté et sainteté, propreté et raffinement" ont sur l'exaltation de "la condition humaine et le développement de la réalité intérieure de l'homme". Il déclare : "Le fait d'avoir un corps pur et sans tache exerce une influence sur l'esprit de l'homme". (Voir également note 74.)

105

Lavez tout ce qui est souillé à l'aide d'une eau n'ayant subi d'altération dans aucun de ses trois aspects;... ¶74

Les "trois aspects" dont il est question dans ce verset sont les changements de couleur, de goût ou d'odeur de l'eau. Baha'u'llah donne une indication supplémentaire concernant l'eau pure et le moment à partir duquel elle est considérée impropre à l'utilisation (Q&R 91).

106

... Dieu ... a aboli le concept "d'impureté", par lequel certaines choses et personnes étaient tenues pour impures. ¶75

Le concept "d'impureté" rituelle, tel qu'il était compris et pratiqué dans certaines sociétés tribales et dans les communautés religieuses de certaines dispensations antérieures, fut aboli par Baha'u'llah. Il déclare qu'au travers de sa révélation "toutes choses créées furent immergées dans la mer de la purification". (Voir également note 12, note 20 et note 103.)

107

... premier jour du Ridvan,... ¶75

Référence à l'arrivée de Baha'u'llah et de ses compagnons dans le jardin de Najibiyyih, en dehors de la ville de Baghdad, ultérieurement appelé le Jardin du Ridvan par les baha'is. Cet événement, qui eut lieu trente et un jours après Naw-Ruz, en avril 1863, marqua le début de la période durant laquelle Baha'u'llah déclara sa mission à ses compagnons. Dans une tablette, il se réfère à sa déclaration comme "le jour de suprême félicité", et il décrit le Jardin du Ridvan comme "l'endroit d'où il répandit sur la création tout entière les splendeurs de son nom, le Très-Miséricordieux". Baha'u'llah passa douze jours dans ce jardin avant son départ pour Istanbul, le lieu vers lequel il avait été banni.

La déclaration de Baha'u'llah est célébrée chaque année par les douze jours de la fête du Ridvan, décrite par Shoghi Effendi comme "la plus sainte et la plus significative des fêtes baha'ies" (voir note 138 et note 140).

108

... le Bayan... ¶77

Le Bayan, le Livre Mère de la dispensation babie, est le titre donné par le Bab à son livre des lois; ce titre s'applique également à l'ensemble de ses écrits. Le Bayan persan est l'oeuvre doctrinale majeure et le répertoire principal des lois prescrites par le Bab. Le contenu du Bayan arabe est analogue mais plus court et moins important. Décrivant le Bayan persan dans Dieu passe près de nous, Shoghi Effendi indique qu'il devrait être considéré "principalement comme un panégyrique du Promis plutôt que comme un code de lois et d'ordonnances appelé à devenir un guide permanent pour les générations futures".

Abdu'l-Baha a écrit : "Le Bayan a été remplacé par le Kitab-i-Aqdas", sauf en ce qui concerne les lois qui furent confirmées et mentionnées dans le Kitab-i-Aqdas.

109

... la destruction des livres. ¶77

Dans la Tablette d'Ishraqat Baha'u'llah, se référant au fait que le Bab avait établi les lois du Bayan en les soumettant à son approbation, déclare qu'il a mis certaines lois du Bab en vigueur "en les incorporant dans le Kitab-i-Aqdas en termes différents", alors qu'il en a abandonné d'autres.

Au sujet de la destruction des livres, le Bayan ordonnait aux disciples du Bab de détruire tous les livres à l'exception de ceux qui étaient écrits pour défendre la cause et la religion de Dieu. Baha'u'llah abroge cette loi spécifique du Bayan.

Quant à la nature et la sévérité des lois du Bayan Shoghi Effendi, dans une lettre écrite de sa part, fournit le commentaire suivant :

Les lois et les injonctions rigoureuses révélées par le Bab ne peuvent être appréciées et comprises à leur juste valeur que si elles sont interprétées à la lumière de ses propres déclarations quant à la nature, au but et au caractère de sa propre dispensation. Comme ces déclarations le révèlent clairement, la dispensation babie avait essentiellement le caractère d'une révolution religieuse et, en fait, sociale; c'est pourquoi, elle devait être de courte durée, mais chargée d'événements tragiques, de réformes drastiques et radicales. Ces mesures énergiques imposées par le Bab et ses disciples furent prises dans le but de saper les fondations mêmes de l'orthodoxie shi`ih, et donc de préparer la venue de Baha'u'llah. Afin d'affirmer l'indépendance de la nouvelle dispensation et de préparer aussi le terrain pour la proche révélation de Baha'u'llah, le Bab devait révéler des lois très rigoureuses, même si la plupart d'entre elles ne furent jamais appliquées. Mais le seul fait qu'il les révéla fut en soi une preuve du caractère indépendant de sa dispensation et suffit à créer une agitation d'une telle étendue et à susciter, de la part du clergé, une opposition telle, qu'elle le conduisit à provoquer son martyre.

110

Nous vous avons permis d'étudier les sciences qui vous sont profitables, et non celles qui finissent en vaines discussions;... ¶77

Les écrits baha'is enjoignent l'acquisition des connaissances et l'étude des arts et des sciences. Les baha'is sont exhortés à respecter les érudits et les personnes de talent, et ils sont mis en garde contre la poursuite d'études qui ne mènent qu'à de futiles disputes. Dans ses tablettes, Baha'u'llah conseille aux croyants d'étudier les sciences et les arts "utiles" qui servent "au progrès et à l'avancement" de la société, et il les met en garde contre les sciences qui "commencent par des mots et finissent par des mots". Shoghi Effendi, dans une lettre écrite de sa part, compara les sciences qui "commencent par des mots et finissent par des mots" à des "excursions stériles dans l'ergotage métaphysique" et, dans une autre lettre, il expliqua que ce que Baha'u'llah entendait à l'origine par de telles "sciences" était "ces traités et commentaires théologiques qui encombrent l'esprit humain plutôt que de l'aider à atteindre la vérité".

111

... Celui qui conversait avec Dieu... ¶80

C'est là un titre traditionnel, juif et islamique, de Moïse. Baha'u'llah déclare qu'avec la venue de sa révélation "l'oreille humaine a eu le privilège d'entendre ce que lui, qui conversait avec Dieu, a entendu sur le Sinaï".

112

... Sinaï... ¶80

La montagne où la loi fut révélée par Dieu à Moïse.

113

... l'Esprit de Dieu... ¶80

Ceci est un des titres utilisés dans les écrits islamiques et baha'is pour désigner Jésus-Christ.

114

... Carmel ... Sion... ¶80

Le Carmel, le "Vignoble de Dieu", est en Terre sainte la montagne où sont situés le tombeau du Bab et le siège du centre administratif mondial de la foi.

Sion est une colline de Jérusalem, le site traditionnel du tombeau du roi David, et le symbole de Jérusalem en tant que cité sainte.

115

... cette arche cramoisie,... ¶84

L'"arche cramoisie" fait référence à la cause de Baha'u'llah. Ses disciples sont désignés comme les "compagnons de l'arche cramoisie", loués par le Bab dans le Qayyumu'l-Asma'.

116

ô empereur d'Autriche ! Celui qui est l'Aurore de la lumière de Dieu se trouvait dans la prison d'`Akka lorsque tu te mis en route pour visiter la mosquée El-Aqsa. ¶85

François Joseph (Franz Josef, 1830-1916), empereur d'Autriche et roi de Hongrie, fit un pèlerinage à Jérusalem en 1869. Alors qu'il était en Terre sainte, il ne profita pas de l'occasion pour s'enquérir de Baha'u'llah qui, à ce moment-là, était prisonnier à `Akka (Saint-Jean-d'Acre).

La mosquée El-Aqsa, littéralement, la mosquée la "plus éloignée", à laquelle il est fait référence dans le Qur'an, a été identifiée au mont du Temple à Jérusalem.

117

... ô roi de Berlin ! ¶86

Le kaiser Guillaume 1er (Wilhelm Friedrich Ludwig, 1797-1888), septième roi de Prusse, fut acclamé premier empereur d'Allemagne en janvier 1871 à Versailles, en France, à la suite de la victoire de l'Allemagne sur la France lors de la guerre franco-prussienne.

118

... celui dont la puissance dépassait ta puissance et dont le rang surpassait ton rang ? ¶86

Référence à Napoléon III (1808-1873), empereur des Français, qui fut considéré par de nombreux historiens comme le monarque le plus éminent de son temps en Occident.

Baha'u'llah adressa deux tablettes à Napoléon III; dans la seconde, il prophétisa clairement que son royaume serait "plongé dans la confusion", que son "empire lui échapperait des mains", et que son peuple connaîtrait de grandes "commotions".

Moins d'un an après, Napoléon III subit une retentissante défaite face au kaiser Guillaume 1er, lors de la bataille de Sedan en 1870. Il fut exilé en Angleterre où il mourut trois ans plus tard.

121

ô rives du Rhin ! ¶90

Dans une de ses tablettes rédigée avant la première guerre mondiale (1914-1918), Abdu'l-Baha expliqua que lorsque Baha'u'llah mentionnait sa vision des rives du Rhin "couvertes de sang", celle-ci se rapportait à la guerre franco-prussienne (1870-1871), et que des souffrances plus nombreuses étaient encore à venir.

Dans Dieu passe près de nous, Shoghi Effendi déclare que le "traité d'une sévérité accablante" imposé à l'Allemagne après sa défaite lors de la première guerre mondiale "provoqua les "lamentations [de Berlin]" qui, un siècle plus tôt, avaient été prédites de manière si inquiétante".

122

... ô terre de Ta,... ¶91

"Ta" est la lettre initiale de Tihran, capitale de l'Iran. Baha'u'llah a souvent choisi de désigner certains endroits par l'initiale de leur nom. Conformément au système de calcul abjad, la valeur numérique de Ta est neuf, qui équivaut à la valeur numérique du nom Baha.

123

... en faisant naître en tes murs la manifestation de sa gloire,... ¶92

Ceci se rapporte à la naissance de Baha'u'llah à Tihran le 12 novembre 1817.

124

ô terre de Kha ! ¶94

Référence à la province iranienne du Khurasan et des régions avoisinantes, qui comprend la ville d'`Ishqabad (Ashkhabad).

125

Si quelqu'un acquiert cent mithqals d'or, dix-neuf d'entre eux appartiennent à Dieu et doivent Lui être remis,... ¶97

Ce verset instaure le huququ'llah, le droit de Dieu, l'offrande d'une part fixée suivant la valeur des biens du croyant. Cette offrande fut faite à Baha'u'llah en tant que manifestation de Dieu puis, après son ascension, à Abdu'l-Baha au titre de Centre de son alliance. Dans son testament, Abdu'l-Baha stipula que le huququ'llah devait être offert "par l'intermédiaire du Gardien de la cause de Dieu". Comme il n'y a plus de Gardien maintenant, il est offert par l'intermédiaire de la Maison Universelle de Justice, en tant que tête de la foi. Ce fonds est utilisé tant pour la promotion de la foi de Dieu et de ses intérêts, que pour ses différents buts philanthropiques. L'offrande du huququ'llah est une obligation spirituelle, dont l'accomplissement fut laissé à la conscience de chaque baha'i. Alors que les exigences de la loi sur le huquq sont rappelées à la communauté, aucun croyant ne peut être sollicité individuellement pour son paiement.

Dans Questions et Réponses, un certain nombre de points expliquent davantage cette loi. Le paiement du huququ'llah est basé sur le calcul de la valeur des biens de l'individu. Si une personne possède des biens équivalents au moins à la valeur de dix-neuf mithqals d'or (Q&R 8), c'est une obligation spirituelle de payer dix-neuf pour cent du montant total et ce, une fois seulement, au titre de huququ'llah (Q&R 89). Par la suite, chaque fois que ses revenus, après règlement de toutes les dépenses, augmentent la valeur de ses biens d'un montant d'au moins dix-neuf mithqals d'or, elle doit payer dix-neuf pour cent de cette augmentation, et il en va de même pour chaque nouvelle augmentation (Q&R 8, Q&R 90).

Certaines catégories de biens, telle sa résidence, sont exemptées du payement du huququ'llah (Q&R 8, Q&R 42, Q&R 95), et des clauses spécifiques prévoient les cas de pertes financières (Q&R 44, Q&R 45), l'échec d'investissements destinés à rapporter un profit (Q&R 102), et le paiement du huquq en cas de décès d'une personne (Q&R 9, Q&R 69, Q&R 80). (Dans ce dernier cas, voir note 47.)

De nombreux extraits de tablettes, Questions et Réponses, et d'autres écrits relatifs à la signification spirituelle du huququ'llah et aux détails de sa mise en application ont été publiés dans une compilation intitulée Huququ'llah.

126

De nombreuses requêtes de croyants relatives aux lois de Dieu,... sont parvenues jusqu'à Notre trône. En conséquence, Nous avons révélé cette Sainte Tablette et l'avons revêtue du manteau de sa loi afin que, par bonheur, le peuple puisse observer les commandements de leur Seigneur. ¶98

"Durant un certain nombre d'années", déclare Baha'u'llah dans une de ses tablettes, "des pétitions de différents pays, sollicitant les lois de Dieu, parvinrent en la plus sainte Présence, mais Nous avons retenu Notre plume jusqu'à ce que le temps fixé soit venu". Ce n'est que plus de vingt ans après la naissance de sa mission prophétique dans le Siyah-Chal de Tihran que Baha'u'llah révéla le Kitab-i-Aqdas, répertoire des lois de sa dispensation. Même après sa révélation, il retint l'Aqdas pendant un certain temps avant de l'envoyer aux amis en Perse. Ce délai, divinement délibéré de la révélation des lois fondamentales de Dieu pour cet âge, ainsi que la mise en oeuvre ultérieure et graduelle de leurs dispositions, illustrent le principe de la révélation progressive qui s'applique de manière identique au sein du ministère de chaque prophète.

127

... le sanctuaire cramoisi... ¶100

Se rapporte à la ville-prison d'`Akka. Dans les écrits baha'is, le mot "cramoisi" est utilisé dans différents sens allégoriques et symboliques. (Voir aussi note 115.)

128

... le Sadratu'l-Muntaha... ¶100

Littéralement "le jujubier le plus éloigné" traduit par Shoghi Effendi comme "l'arbre au-delà duquel il n'y a plus de passage". Ce terme est utilisé dans l'islam, par exemple dans le récit du voyage nocturne de Muhammad, comme un symbole marquant le point des cieux au-delà duquel ni hommes ni anges ne peuvent passer dans leur approche vers Dieu et donc, pour fixer les limites de la connaissance divine telle qu'elle est révélée à l'humanité. D'où son utilisation fréquente dans les écrits baha'is pour désigner la manifestation de Dieu en personne. (Voir également note 164.)

129

... le Livre Mère... ¶103

Le terme "Livre Mère" est généralement utilisé pour désigner le livre central d'une dispensation religieuse. Dans le Qur'an et dans les hadiths islamiques, le terme est utilisé pour désigner le Qur'an lui-même. Dans la dispensation babie, le Bayan est le Livre Mère, et le Kitab-i-Aqdas est le Livre Mère de la dispensation de Baha'u'llah. De plus, le Gardien, dans une lettre écrite de sa part, a déclaré que ce concept pouvait également être utilisé comme un "terme collectif désignant l'ensemble des enseignements révélés par Baha'u'llah". Dans un sens plus large, ce terme est également utilisé pour désigner le recueil divin de la révélation.

130

Quiconque interprète ce qui est envoyé du ciel de la révélation et en altère le sens évident... ¶105

Dans plusieurs de ses tablettes, Baha'u'llah affirme la différence entre les versets allégoriques, qui sont sujets à interprétation, et les versets qui ont trait à des sujets tels que les lois et les ordonnances, l'adoration et les observances religieuses, dont les sens sont évidents et réclament l'acquiescement de la part des croyants.

Comme expliqué dans les note 145 et note 184, Baha'u'llah désigna Abdu'l-Baha, son fils aîné, comme son successeur et l'interprète de ses enseignements. Abdu'l-Baha à son tour désigna son petit-fils aîné, Shoghi Effendi, pour lui succéder en tant qu'Interprète des saintes écritures et comme Gardien de la cause. Les interprétations de Abdu'l-Baha et de Shoghi Effendi sont considérées comme étant divinement guidées et s'imposent aux baha'is.

L'existence d'interprétations qui font autorité n'empêche pas les individus de s'engager dans l'étude des enseignements et d'atteindre ainsi à une interprétation ou à une compréhension personnelle. Il y a cependant dans les écrits baha'is, une distinction clairement tracée entre l'interprétation qui fait autorité et la compréhension à laquelle parvient chaque individu par l'étude des enseignements. Les interprétations individuelles basées sur la compréhension des enseignements constituent le fruit du pouvoir rationnel de l'homme et peuvent très bien contribuer à une compréhension plus étendue de la foi. De telles vues manquent néanmoins d'autorité. En présentant leurs idées personnelles, les individus sont mis en garde de ne pas s'écarter de l'autorité des paroles révélées, de ne pas nier ou combattre l'interprétation qui fait autorité, et de ne pas s'engager dans la controverse; ils devraient plutôt offrir leurs réflexions comme une contribution à la connaissance, en précisant clairement que ce n'est que leur propre point de vue.

131

... ne pas approcher les bassins publics des bains persans;... ¶106

Baha'u'llah interdit l'utilisation des bassins que l'on trouve dans les bains publics traditionnels de Perse. Dans ces bains, il était d'usage, pour de nombreuses personnes, de se laver dans le même bassin dont l'eau n'était changée qu'à de rares intervalles. De ce fait, l'eau se trouvait altérée, souillée, contraire à l'hygiène, et avait une odeur particulièrement nauséabonde.

132

Evitez de même, les bassins malodorants des cours des maisons persanes,... ¶106

La plupart des maisons en Perse avaient, dans leur cour, un bassin qui servait de réservoir pour l'eau utilisée pour se laver, pour faire la lessive et pour d'autres tâches domestiques. Comme l'eau du bassin était stagnante et n'était habituellement changée qu'au bout de plusieurs semaines, elle avait tendance à dégager une odeur très déplaisante.

133

Il vous est interdit d'épouser les femmes de vos pères. ¶107

Se marier avec sa belle-mère est, ici, explicitement interdit. Cette interdiction s'applique également au mariage avec son beau-père. Lorsque Baha'u'llah exprime une loi concernant l'homme vis-à-vis de la femme, celle-ci s'applique mutatis mutandis à la femme vis-à-vis de l'homme, à moins que le contexte ne le permette pas.

Abdu'l-Baha et Shoghi Effendi confirmèrent que, bien que les belles-mères (seconde épouse du père) soient la seule catégorie parentale mentionnée dans le texte, ceci ne signifie pas que toutes les autres unions au sein d'une famille soient permises. Baha'u'llah déclare qu'il appartient à la Maison de Justice de légiférer "concernant la légitimité ou non du mariage entre personnes d'une même famille" (Q&R 50). Abdu'l-Baha écrivait que plus la parenté par le sang au sein du couple était éloignée, mieux c'était, car de tels mariages constituent la base du bien-être physique de l'humanité et conduisent à l'amitié parmi le genre humain.

134

... du sujet des garçons. ¶107

Le mot traduit ici par "garçon" implique, dans ce contexte et dans l'original arabe, la pédérastie. Shoghi Effendi a interprété cette référence comme une interdiction de toutes relations homosexuelles.

Les enseignements baha'is sur la moralité sexuelle basent toute la structure de la société humaine sur le mariage et la famille, et sont destinés à protéger et à consolider cette institution divine. Ainsi, la loi baha'ie limite les relations sexuelles permises à celles qui existent entre un homme et la femme à laquelle il est marié.

Dans une lettre écrite de sa part, Shoghi Effendi déclare :

Quelles que soient la ferveur et la qualité d'un amour entre personnes d'un même sexe, c'est une erreur que de lui permettre de s'exprimer dans l'acte sexuel. Dire que cet amour est idéal n'est pas une excuse. Baha'u'llah interdit absolument l'immoralité sous toutes ses formes et, en dehors du fait qu'elles sont contre nature, il considère les relations homosexuelles de la même façon. En être affligé constitue un lourd fardeau pour une âme consciencieuse. Mais, par les conseils et l'aide de médecins, au prix d'un effort sérieux et déterminé, et par la prière, une âme peut surmonter ce handicap.

Baha'u'llah stipule qu'il appartiendra à la Maison Universelle de Justice de fixer les peines relatives à l'adultère et à la sodomie, en fonction du degré de l'offense (Q&R 49).

135

Il n'est permis à personne de marmotter des versets sacrés en public en marchant dans la rue ou sur la place du marché. ¶108

Ceci est une allusion à la pratique de certains ecclésiastiques et chefs religieux de dispensations antérieures qui, avec hypocrisie et affectation, et afin de s'attirer la louange de leurs disciples, murmuraient de façon ostentatoire des prières dans les lieux publics pour démontrer leur piété. Baha'u'llah interdit une telle conduite et souligne l'importance de l'humilité et de la dévotion sincère à Dieu.

136

Il a été enjoint à chacun de rédiger un testament. ¶109

Selon les enseignements de Baha'u'llah, l'individu a le devoir de rédiger un testament, et est libre de disposer de ses biens comme il l'entend (voir note 38).

Baha'u'llah affirme qu'en rédigeant son testament, "une personne a pleine juridiction sur ses biens", puisque Dieu a autorisé l'individu "à agir comme elle le désire avec ce qu'Il lui a accordé" (Q&R 69). Il y a, dans le Kitab-i-Aqdas, des clauses prévues pour la répartition de l'héritage en cas d'intestat (voir note 38, note 39, note 40, note 41, note 42, note 43, note 44, note 45, note 46, note 47, note 48).

137

... du Plus Grand Nom,... ¶109

Comme expliqué dans la note 33, le Plus Grand Nom de Dieu peut prendre différentes formes, toutes basées sur le mot "Baha". En Orient, les baha'is ont répondu à cette injonction de l'Aqdas en inscrivant en tête de leur testament des phrases telles que "ô toi, Gloire du Très-Glorieux", "Au nom de Dieu, le Très-Glorieux", ou "Il est le Très-Glorieux" etc.

138

Toutes les fêtes atteignent leur couronnement dans les deux plus grandes Fêtes, et dans les deux autres fêtes qui tombent les jours jumeaux... ¶110

Ce passage établit les quatre grandes fêtes de l'année baha'ie. Les deux premières, désignées par Baha'u'llah comme "les deux plus grandes Fêtes" sont : premièrement, la fête du Ridvan, qui commémore la déclaration de Baha'u'llah de sa mission prophétique, dans le jardin du Ridvan à Baghdad, durant douze jours d'avril/mai 1863, et à laquelle il se réfère en tant que "reine des Fêtes"; et, deuxièmement, la déclaration du Bab, qui eut lieu à Shiraz en mai 1844. Les premier, neuvième et douzième jours de la fête du Ridvan sont des jours saints (Q&R 1), de même que le jour de la déclaration du Bab.

Les "deux autres fêtes" sont les anniversaires de la naissance de Baha'u'llah et du Bab. Dans le calendrier lunaire musulman, celles-ci tombent deux jours consécutifs, respectivement, la naissance de Baha'u'llah le second jour du mois de Muharram 1233 A. H. (12 novembre 1817) et la naissance du Bab, le premier jour du même mois 1235 A. H. (20 octobre 1819). C'est pourquoi on les appelle les "Anniversaires jumeaux", et Baha'u'llah déclare qu'aux yeux de Dieu, ces deux jours sont comptés comme un seul (Q&R 2). Il déclare que, s'ils tombaient durant le mois du jeûne, l'ordre de jeûner ne s'appliquerait pas à ces jours-là (Q&R 36). Le calendrier baha'i étant un calendrier solaire (voir note 26 et note 147), il appartient à la Maison Universelle de Justice de décider si les Anniversaires jumeaux devront être célébrés selon le calendrier solaire ou lunaire.

139

... le premier jour du mois de Baha,... ¶111

Dans le calendrier baha'i le premier mois de l'année et le premier jour de chaque mois portent le nom de "Baha". Ainsi, le jour de Baha du mois de Baha est le Nouvel An baha'i - le Naw-Ruz - qui fut désigné comme une fête par le Bab, et qui est confirmé ici par Baha'u'llah (voir note 26 et note 147).

En plus des sept jours saints ordonnés dans ces passages du Kitab-i-Aqdas, l'anniversaire du martyre du Bab fut, du vivant de Baha'u'llah, également commémoré comme un jour saint et, en corollaire, Abdu'l-Baha ajouta la commémoration de l'ascension de Baha'u'llah, portant à neuf le nombre total de jours saints. Deux autres anniversaires qui sont célébrés, mais durant lesquels le travail n'est pas suspendu sont le Jour de l'alliance et l'Anniversaire de l'ascension de Abdu'l-Baha. Voir le paragraphe sur le calendrier baha'i dans The Baha'i World, volume XVIII.

140

La plus grande Fête est, en effet, la reine des Fêtes... ¶112

Une référence à la fête du Ridvan (voir note 107 et note 138).

141

Dans le passé, Dieu avait donné à chaque croyant le devoir d'offrir aux pieds de Notre trône des cadeaux inestimables provenant de ses possessions. Maintenant, ... Nous les avons libérés de cette obligation. ¶114

Ce passage abroge une clause du Bayan qui décrétait que tous les objets incomparables dans leur genre devraient, à l'apparition de Celui que Dieu rendra manifeste, être remis à ce dernier. Le Bab expliquait que, puisque la manifestation est elle-même incomparable, tout ce qui était sans pareil dans son genre devrait lui être réservé de plein droit, à moins qu'il n'en décide autrement.

142

... l'aube,... ¶115

Se référant à la participation aux prières de l'aube dans le Mashriqu'l-Adhkar, la maison d'adoration baha'ie, Baha'u'llah expliqua que si le moment précisé dans le Livre de Dieu est "l'aube", en fait cette participation aux prières est acceptable à tout moment à partir du "point du jour, entre l'aube et le lever de soleil, ou même jusqu'à deux heures après le lever du soleil" (Q&R 15).

143

Ces Tablettes sont ornées du sceau de Celui qui fait se lever l'aube, qui élève sa voix entre les cieux et la terre. ¶117

Baha'u'llah affirme de façon répétée l'intégrité absolue de ses Ecrits en tant que parole de Dieu. Certaines de ses tablettes portent aussi la marque de l'un de ses sceaux. The Baha'i World, volume V, p. 4, contient la photographie de plusieurs sceaux de Baha'u'llah.

144

Il est inadmissible que l'homme, qui fut doté de raison, consomme ce qui la lui dérobe. ¶119

Il y a, dans les écrits baha'is, de nombreuses références sur l'interdiction de consommer du vin ou d'autres boissons alcooliques, et qui décrivent les effets nuisibles de telles boissons enivrantes sur l'individu. Dans une de ses tablettes, Baha'u'llah déclare :

Prenez garde d'échanger le vin de Dieu contre votre propre vin, car il abrutira votre raison et détournera votre visage de la face de Dieu, le Très-Glorieux, l'Incomparable, l'Inaccessible. Ne vous en approchez pas, car cela vous a été interdit par le commandement de Dieu, le Suprême, le Tout-Puissant.

Abdu'l-Baha explique que l'Aqdas interdit "les boissons légères et les boissons fortes", et il déclare que la raison de l'interdiction de ces boissons enivrantes est due au fait que "l'alcool égare la raison et affaiblit le corps".

Shoghi Effendi, dans des lettres écrites de sa part, déclare que cette interdiction n'exclut pas seulement la consommation de vin, mais de "tout ce qui dérange la raison", et il explique que l'utilisation de l'alcool n'est permise que lorsqu'elle fait partie d'un traitement médical mis en oeuvre sur le conseil d'"un médecin compétent et consciencieux, qui peut avoir à le prescrire pour la guérison d'un mal particulier".

145

... tournez votre visage vers celui qui est le Dessein de Dieu, celui qui est la Branche issue de cette Antique Racine. ¶121

Baha'u'llah fait allusion ici à Abdu'l-Baha comme son successeur et appelle les croyants à se tourner vers lui. Dans le Livre de l'alliance, son testament, Baha'u'llah dévoile l'intention de ce verset. Il déclare : "L'objet de ce verset sacré n'est autre que la plus Grande Branche". La "plus Grande Branche" est un des titres conférés par Baha'u'llah à Abdu'l-Baha. (Voir également note 66 et note 184.)

146

Dans le Bayan, il vous a été interdit de Nous poser des questions. ¶126

Le Bab interdit à ses disciples de poser des questions à Celui que Dieu rendra manifeste (Baha'u'llah), à moins que ces questions ne lui soient soumises par écrit et qu'elles touchent à des sujets dignes de son rang élevé (voir Sélection des Ecrits du Bab).

Baha'u'llah lève cette interdiction du Bab. Il invite les croyants à poser des questions "qui vous sont nécessaires", et les avise de s'abstenir de poser des "questions futiles" du genre de celles qui préoccupaient "les hommes des temps anciens".

147

Le nombre de mois dans une année est fixé à dix-neuf dans le Livre de Dieu. ¶127

L'année baha'ie, suivant le calendrier badi`, consiste en dix-neuf mois de dix-neuf jours chacun, auxquels s'ajoutent quelques jours intercalaires (quatre pour une année ordinaire, et cinq pour une année bissextile) entre le dix-huitième et le dix-neuvième mois, de manière à ajuster le calendrier à l'année solaire. Le Bab nomma les mois selon certains attributs de Dieu. Le Nouvel An baha'i, le Naw-Ruz, est fixé astronomiquement et coïncide avec l'équinoxe de mars (voir note 26). Pour plus de détails incluant les noms des jours, des semaines et des mois, voir dans The Baha'i World, volume XVIII, le paragraphe relatif au calendrier baha'i.

148

Le premier d'entre eux fut orné de ce nom qui abrite toute la création. ¶127

Dans le Bayan persan, le Bab octroya le nom de "Baha" au premier mois de l'année (voir note 139).

149

Le Seigneur a décrété que les défunts devraient être enterrés dans des cercueils... ¶128

Dans le Bayan, le Bab prescrivait que le défunt soit enterré dans un cercueil de cristal ou de pierre polie. Shoghi Effendi, dans une lettre écrite de sa part, expliquait que la signification de cette clause était de témoigner du respect envers le corps humain qui "fut un temps exalté par l'âme immortelle de l'homme".

En résumé, la loi baha'ie pour l'enterrement des défunts établit qu'il est interdit de transporter le corps à plus d'une heure de voyage du lieu du décès; que le corps devrait être enveloppé dans un linceul de soie ou de coton, et qu'à son doigt devrait être passée une bague portant l'inscription : "Je vins de Dieu et je retourne à Lui, détaché de tout sauf de Lui, me tenant fermement à son nom, le Miséricordieux, le Compatissant" . Le cercueil devrait être de cristal, de pierre ou de bois noble et dur. Une prière spécifique pour le défunt (voir note 10) est prescrite, et doit être récitée avant l'inhumation. Comme l'ont affirmé Abdu'l-Baha et le Gardien, cette loi exclut l'incinération des défunts. La prière officielle et la bague sont destinées à être utilisées pour ceux qui ont atteint l'âge de la maturité, c'est-à-dire quinze ans (Q&R 70).

En ce qui concerne la matière qui doit être utilisée pour la confection du cercueil, l'esprit de la loi dit que les cercueils devraient être d'une matière aussi durable que possible. D'où l'explication de la Maison Universelle de Justice, qui dit qu'en plus des matériaux spécifiés dans l'Aqdas, il n'y a pas d'objection à utiliser, pour le cercueil, le bois le plus dur qui soit disponible, ou le béton. Pour le moment, les baha'is sont libres de faire leurs propres choix en cette matière.

150

... le Point du Bayan... ¶129

Le "Point du Bayan" est un des titres par lequel le Bab fait référence à lui-même.

151

... le défunt devrait être enveloppé dans cinq draps de soie ou de coton. ¶130

Dans le Bayan, le Bab précisait que le corps du défunt devrait être enveloppé dans cinq draps de soie ou de coton. Baha'u'llah confirme cette clause et, de plus, stipule que : "Pour ceux dont les moyens sont limités, un seul drap d'une de ces matières suffira".

Lorsque l'on demanda à Baha'u'llah si les "cinq draps", dont il était question dans la loi signifiaient "un drap équivalant à cinq linceuls d'un seul tenant" ou "cinq pièces d'étoffe comme couramment utilisées jusqu'ici", il répondit que l'intention était d'"utiliser cinq pièces d'étoffe" (Q&R 56).

En ce qui concerne la façon dont le corps devrait être enveloppé, il n'y a rien dans les écrits baha'is qui définisse comment envelopper le corps, que l'on utilise "cinq linceuls" ou qu'il n'y en ait qu'"un seul". Actuellement, les baha'is sont libres d'utiliser leur jugement en la matière.

152

Il vous est interdit de transporter le corps du défunt à une distance de plus d'une heure de trajet de la cité;... ¶130

Le but de ce commandement est de limiter la durée du voyage à une heure, sans tenir compte des moyens de transport choisis pour porter le corps sur le lieu d'inhumation. Baha'u'llah affirme que plus tôt on effectuera l'enterrement, et "plus il sera convenable et acceptable" (Q&R 16).

Le lieu du décès peut être considéré comme englobant la cité ou la ville où la personne est décédée; c'est pourquoi le voyage d'une heure peut être calculée à partir des limites de la ville jusqu'à l'endroit de l'inhumation. L'esprit de la loi de Baha'u'llah est que le défunt, ou la défunte, soit enterré près du lieu de son décès.

153

Dieu a levé les restrictions, sur les voyages, imposées par le Bayan. ¶131

Le Bab apporta aux voyages certaines restrictions qui devaient être respectées jusqu'à l'avènement du Promis du Bayan, moment auquel les croyants devraient se rendre, même à pied, à sa rencontre, car parvenir en sa présence était le fruit et le but même de leur existence.

154

Magnifiez et exaltez les deux Maisons dans les lieux jumeaux sacrés, ainsi que les autres sites où le trône de votre Seigneur,... fut établi. ¶133

Baha'u'llah identifie les "deux maisons" comme étant sa maison de Baghdad, qu'il désigne comme la "plus grande Maison", et la maison du Bab à Shiraz; toutes deux ayant été décrétées par lui, lieux de pèlerinage (voir Q&R 29, Q&R 32, et note 54).

Shoghi Effendi expliqua que les "autres sites où le trône de votre Seigneur... fut établi", fait référence à ces endroits où la personne de la manifestation de Dieu a résidé. Baha'u'llah déclare que "les personnes des régions où celles-ci sont situées peuvent choisir de préserver soit chacune des maisons où le trône fut établi, soit l'une d'elles" (Q&R 32). Les institutions baha'ies ont identifié, répertorié et, lorsque c'était possible, acquis et restauré plusieurs sites historiques associés aux manifestations jumelles.

155

Prenez garde que ce qui fut inscrit dans le Livre vous empêche d'écouter le Livre vivant... ¶134

Le "Livre" est le récit de la parole révélée des manifestations de Dieu. Le "Livre vivant" a trait à la personne de la manifestation.

Ces mots contiennent une allusion à une déclaration du Bab dans le Bayan persan au sujet du "Livre vivant", qu'il identifie à Celui que Dieu rendra manifeste. Dans une de ses tablettes, Baha'u'llah lui-même déclare : "Le Livre de Dieu est descendu sous la forme de ce jeune homme".

Dans ce verset de l'Aqdas, et à nouveau au paragraphe 168 de l'Aqdas, Baha'u'llah fait référence à lui-même en tant que le "Livre vivant". Il met en garde les "disciples de toute autre religion" contre la recherche "dans leurs Livres saints, des raisons" pour réfuter les déclarations du "Livre vivant". Il avertit les gens de ne pas permettre que ce qui fut inscrit dans le "Livre" les empêche de reconnaître son rang et de se tenir fermement à ce qui se trouve dans cette nouvelle révélation.

156

... hommage à cette révélation de la plume de celui qui fut mon héraut,... ¶135

L'"hommage" que Baha'u'llah cite dans ce passage vient du Bayan arabe.

157

"La Qiblih est, en vérité, Celui que Dieu rendra manifeste; quand il se déplace, la Qiblih se déplace, jusqu'à ce qu'il se fixe." ¶137

Pour toute explication sur ce verset, voir note 7 et note 8.

158

"Il est illégal d'épouser quelqu'un qui ne croit pas au Bayan. Si l'une des deux parties d'un mariage embrassait cette cause, ses possessions deviendraient illicites pour l'autre..." ¶139

Le passage du Bayan que Baha'u'llah cite ici attire l'attention des croyants sur l'imminence de la venue de "Celui que Dieu rendra manifeste". Son interdiction du mariage avec un non-babi, et sa clause suivant laquelle les biens de l'époux ou de l'épouse qui a embrassé la foi ne peuvent licitement revenir au conjoint non babi, furent clairement gardées en suspens par le Bab et, avant même qu'elles puissent prendre effet, elles furent annulées par Baha'u'llah. En citant cette loi, Baha'u'llah relève le fait qu'en la révélant, le Bab avait clairement prévu la possibilité que la cause de Baha'u'llah devienne éminente avant celle du Bab lui-même.

Dans Dieu passe près de nous, Shoghi Effendi indique que le "Bayan devrait être considéré avant tout comme un panégyrique du Promis, plutôt que comme un code de lois et d'ordonnances destiné à devenir un guide permanent pour les générations futures". "Volontairement sévère dans les statuts et règlements qu'il imposait", continue-t-il, "révolutionnaire par les principes qu'il instillait, fait pour réveiller le clergé et le peuple de leur torpeur séculaire, et pour porter un coup soudain et fatal à des institutions obsolètes et corrompues, il proclamait, par ces stipulations rigoureuses, l'avènement du jour attendu, le jour où "Celui qui appelle, enjoindra à une tâche austère", quand il "détruira tout ce qui était avant lui, "de même que l'Apôtre de Dieu avait détruit les voies "de ceux qui le précédèrent" (voir aussi note 109).

159

... le Point du Bayan... ¶140

Un des titres du Bab.

160

"En vérité, il n'y a pas d'autre Dieu que moi,..." ¶143

Les écrits baha'is renferment de nombreux passages qui élucident la nature de la manifestation et sa relation avec Dieu. Baha'u'llah souligne la nature unique et transcendante de la divinité. Il explique que "puisqu'il ne peut y avoir aucun lien de rapport direct entre l'unique vrai Dieu et sa création", Dieu ordonne que, "en chaque âge et en chaque dispensation, une âme pure et sans tache soit rendue manifeste dans les royaumes de la terre et du ciel". Cet "être mystérieux et éthéré", la manifestation de Dieu, possède une nature humaine qui appartient au "monde de la matière", et une nature spirituelle "née de la substance de Dieu Lui-même". Il est également investi d'un "double rang" :

Le premier rang, qui a trait à sa plus profonde réalité, le représente comme quelqu'un dont la voix est la voix de Dieu Lui-même... Le second rang est le rang humain, illustré par les versets suivants : "Je ne suis qu'un homme comme vous". "Dis : Loué soit mon Seigneur ! Suis-je plus qu'un homme, un apôtre ?"

Baha'u'llah affirme également qu'au royaume spirituel règne une "unité essentielle" entre toutes les manifestations de Dieu. Elles révèlent toutes la "Beauté de Dieu", manifestent ses noms et ses attributs, et donnent la parole à sa révélation. A ce sujet, il déclare :

Si une seule des manifestations de Dieu qui embrasse tout déclarait : "Je suis Dieu", certes, elle dit la vérité, il n'y a aucun doute à ce sujet. Car il a été démontré à maintes reprises que c'est au travers, de leur révélation, de leurs attributs et de leurs noms, que la révélation de Dieu, de son nom et de ses attributs sont rendus manifestes dans le monde.

Alors que les manifestations révèlent les noms et les attributs de Dieu et sont les moyens par lesquels l'humanité a accès à la connaissance de Dieu et à sa révélation, Shoghi Effendi déclare que les manifestations "ne devraient jamais ... être identifiées avec cette réalité invisible, l'essence de la Divinité elle-même". Au sujet de Baha'u'llah, le Gardien a écrit que le "temple humain qui fut le véhicule d'une révélation si irrésistible", ne doit pas être identifié avec la "réalité" de Dieu.

En ce qui concerne le caractère unique du rang de Baha'u'llah et la grandeur de sa révélation, Shoghi Effendi affirme que les prophéties relatives au "jour de Dieu", que l'on trouve dans les écrits sacrés des dispensations antérieures, sont accomplies par l'avènement de Baha'u'llah :

Pour Israël, il fut ni plus ni moins que l'incarnation du "Père éternel", "Le Seigneur des armées" descendu avec "dix mille de ses saints"; pour la chrétienté, le Christ revenu "dans la gloire du Père"; pour l'islam shi`ih, le retour de "l'imam Husayn"; pour l'islam sunni, la descente de "l'Esprit de Dieu" (Jésus-Christ); pour les zoroastriens, le "Shah-Bahram promis"; pour les hindous, la "réincarnation de Krishna"; pour les bouddhistes, le "cinquième Bouddha".

Baha'u'llah décrit le rang de "divinité" qu'il partage avec toutes les manifestations de Dieu comme

... le rang dans lequel on meurt à soi-même pour vivre en Dieu. La divinité, chaque fois que je la mentionne, indique mon parfait et total effacement personnel. C'est le rang où je n'ai aucun contrôle sur mon propre bonheur ou malheur, pas plus que sur ma vie ou ma résurrection.

Et, considérant sa propre relation avec Dieu, il atteste :

Lorsque je considère, ô mon Dieu, la relation qui me lie à toi, je suis poussé à proclamer à toutes choses créées "en vérité je suis Dieu !" et lorsque je considère ma propre personne, voilà que je la trouve plus grossière que l'argile !

161

... paiement de la zakat. ¶146

La zakat est mentionnée dans le Qur'an comme un acte de charité régulier imposé aux musulmans. A la longue, le concept évolua en une forme de "taxe-aumône" qui imposait l'obligation de donner une part définie de certaines catégories de revenus, au-delà de limites spécifiées, pour soulager le pauvre, pour réaliser différents buts charitables, et pour assister la foi de Dieu. La limite d'exemption variait selon différents produits, tout comme le pourcentage à payer sur la partie imposable.

Baha'u'llah déclare que la loi baha'ie de la zakat suit "ce qui fut révélé dans le Qur'an" (Q&R 107). Mais du fait que les questions telles que les limites des exemptions, les catégories de revenus concernés, la fréquence des paiements et l'échelle des taux pour les différentes catégories de zakat ne sont pas mentionnées dans le Qur'an, ces questions devront être réglées, à l'avenir, par la Maison Universelle de Justice. Shoghi Effendi a indiqué qu'en attendant une telle législation, les croyants devraient, suivant leurs moyens et leurs possibilités, contribuer régulièrement au fonds baha'i.

162

Il est illicite de mendier, et il est interdit de donner au mendiant. ¶147

Dans une tablette, Abdu'l-Baha explique la signification de ce verset. Il déclare que "la mendicité est interdite et faire la charité aux gens qui font de la mendicité leur profession, est également défendu". De plus, il fait remarquer dans la même tablette que : "L'objectif est de déraciner complètement la mendicité. Cependant, si quelqu'un est incapable de gagner sa vie, est tombé dans une extrême pauvreté ou a besoin d'aide, alors il incombe aux riches ou aux députés de lui fournir une allocation mensuelle pour sa subsistance... Par "députés", il faut entendre les représentants du peuple, c'est-à-dire les membres de la maison de justice".

L'interdiction de faire la charité aux mendiants n'empêche ni les individus ni les assemblées spirituelles d'accorder une aide financière aux pauvres et aux nécessiteux, ni de leur fournir des occasions favorables pour l'acquisition des compétences qui leur permettraient de gagner leur vie (voir note 56).

163

... une amende ... avait été prescrite,... à quiconque avait causé de la peine à autrui;... ¶148

Baha'u'llah abroge la loi du Bayan persan relative au paiement d'une amende en réparation d'une peine causée à son voisin.

164

... l'Arbre sacré. ¶148

L'"Arbre sacré" est une référence au Sadratu'l-Muntaha, "l'arbre au-delà duquel il n'y a pas de passage" (voir note 128). Son emploi ici est symbolique et désigne Baha'u'llah.

165

Récitez les versets de Dieu chaque matin et chaque soir. ¶149

Baha'u'llah déclare que la chose essentielle "requise" pour la récitation des "versets de Dieu" est le "désir ardent et l'amour" des croyants "à lire la parole de Dieu" (Q&R 68).

Baha'u'llah déclare que, par "versets de Dieu", il faut entendre "tout ce qui a été envoyé du ciel de la parole divine". Shoghi Effendi, dans une lettre adressée à un croyant de l'Est, précisa que le terme "versets de Dieu" ne comprend pas les écrits d'Abdu'l-Baha; il indiqua de même que ce terme ne s'applique pas à ses propres écrits.

166

Il vous a été enjoint de renouveler le mobilier de votre maison après chaque période de dix-neuf années;... ¶151

Baha'u'llah confirme l'injonction du Bayan arabe relative au renouvellement, tous les dix-neuf ans, du mobilier de la maison, à condition que l'on soit à même de le faire. Abdu'l-Baha lie cette ordonnance à un encouragement au raffinement et de la propreté. Il explique que le but de la loi est que l'on devrait changer les meubles qui ont vieilli, qui ont perdu de leur lustre et qui suscitent la répugnance. Ceci ne s'applique pas aux choses rares ou de grande valeur, aux antiquités ou aux bijoux.

167

Lavez-vous les pieds... ¶152

Dans le Kitab-i-Aqdas, les croyants sont exhortés à prendre un bain régulièrement, à porter des vêtements propres et à être, de façon générale, l'essence de la propreté et du raffinement. Le Synopsis et Codification, ¶ IV. D. 3. y. i-vii., résume les clauses pertinentes de la loi. En ce qui concerne le lavage des pieds, Baha'u'llah déclare qu'il est préférable d'utiliser de l'eau chaude; cependant, les laver dans de l'eau froide est également permis (Q&R 97).

169

Le jeu... ¶155

Les activités sujettes à cette interdiction n'ont pas été précisées dans les écrits de Baha'u'llah. Comme Abdu'l-Baha et Shoghi Effendi l'ont indiqué, il appartiendra à la Maison Universelle de Justice de préciser les détails de cet interdit. En réponse à la question de savoir si les loteries, les paris tels que ceux sur les courses de chevaux ou les matches de football, le loto et autres, entrent dans le cadre de cette interdiction de jouer, la Maison Universelle de Justice a indiqué que c'était là une question qui sera examinée en détail dans l'avenir. Entre-temps, il est conseillé aux assemblées et aux individus de ne pas faire de ces questions un problème, et de les laisser à la bonne conscience de chaque croyant.

La Maison de justice a décidé qu'il n'était pas approprié de rassembler des fonds pour la foi au travers de loteries, de tombolas et de jeux de hasard.

170

... l'usage de l'opium ... toute substance qui produit apathie et torpeur... ¶155

Cette interdiction de l'usage de l'opium se trouve réitérée par Baha'u'llah dans le paragraphe final du Kitab-i-Aqdas. A ce sujet, Shoghi Effendi déclara qu'une des exigences d'"une vie chaste et sainte" est "l'abstinence totale ... de l'opium et de drogues similaires qui créent l'accoutumance". L'héroïne, le haschich et autres dérivés du cannabis telle la marijuana, tout comme les agents hallucinogènes comme le LSD, le peyotl et les substances similaires, sont considérés comme tombant sous cette interdiction.

Abdu'l-Baha écrivit :

Quant à l'opium, il est infect et exécrable. Dieu nous protège du châtiment qu'Il inflige à son utilisateur. Suivant le texte explicite du Plus Saint Livre, il est interdit, et son usage est absolument condamné. La raison montre que fumer de l'opium est une sorte d'insanité, et l'expérience atteste que l'utilisateur est complètement coupé du royaume humain. Que Dieu vous protège tous de perpétrer un acte aussi hideux que celui-ci, un acte qui ruine les fondations mêmes de ce que signifie être humain, et qui dépossède son utilisateur pour toujours et à jamais. Car l'opium s'accroche à l'âme au point que la conscience de l'utilisateur meurt, que sa raison se trouve annihilée, et ses perceptions érodées. Il fait d'un vivant un mort. Il éteint la chaleur naturelle. On ne peut concevoir de plus grand dommage que celui infligé par l'opium. Heureux ceux qui ne prononcent même pas son nom. Songez alors combien son utilisateur est misérable.

ô vous amoureux de Dieu ! En ce cycle du Dieu Tout-Puissant, violence et force, contrainte et oppression sont toutes et chacune condamnées. Il est pourtant obligatoire d'empêcher l'utilisation de l'opium par tous les moyens possibles afin que, par bonheur, la race humaine puisse être délivrée de ce plus puissant des fléaux. Sinon, malheur et misère à celui qui aura manqué à son devoir envers son Seigneur.

Dans une de ses tablettes, Abdu'l-Baha a déclaré au sujet de l'opium : "l'utilisateur, l'acheteur et le vendeur sont tous privés de la bonté et de la grâce de Dieu".

Abdu'l-Baha a écrit encore dans une autre tablette :

Quant au haschich, vous avez indiqué que certains Persans s'étaient accoutumés à son usage. Dieu Miséricordieux ! C'est là, la pire de toutes les drogues, et son interdiction est explicitement révélée. Son emploi cause la désintégration de la pensée et la complète torpeur de l'âme. Comment quelqu'un pourrait-il rechercher le fruit de l'arbre infernal et, en le prenant, être amené à démontrer les qualités d'un monstre ? Comment pourrait-on user de la drogue interdite et se priver ainsi des bénédictions du Très-Miséricordieux ?

L'alcool consume la raison et pousse l'homme à commettre des actes absurdes, mais cet opium, ce fruit immonde de l'arbre infernal et ce haschich pernicieux éteignent la raison, gèlent l'esprit, pétrifient l'âme, gâchent le corps et laissent l'homme frustré et égaré.

Il faut noter que l'interdiction ci-dessus, relative à la consommation de certaines catégories de drogues, n'interdit pas leur utilisation lorsqu'elles sont prescrites par des médecins qualifiés, dans le cadre d'un traitement médical.

171

... le "mystère du grand renversement dans le signe du Souverain"... ¶157

Shaykh Ahmad-i-Ahsa'i (1753-1831), qui fut le fondateur de l'école shaykhie et le premier des "Astres jumeaux qui annoncèrent l'avènement de la foi du Bab", prophétisa qu'à l'apparition du Promis, toutes choses seraient inversées, que le dernier serait le premier et le premier le dernier. Baha'u'llah, dans une de ses tablettes, se réfère aux "symbole et allusion" du "mystère du grand renversement dans le signe du Souverain". Il déclare : "Par ce renversement, Il a abaissé l'exalté et exalté celui qui se trouvait abaissé", et il rappelle qu'"au temps de Jésus, ce sont ceux qui se distinguaient par leur savoir, les hommes de lettres et de religion qui le renièrent, alors que les humbles pêcheurs se hâtaient pour être admis dans le royaume". (Voir également note 172.) Pour de plus amples informations sur Shaykh Ahmad-i-Ahsa'i, voir La Chronique de Nabil, chapitres 1 et 10.

172

... le "Six" suscité du fait de cet "Alif droit". ¶157

Dans ses écrits, Shaykh Ahmad-i-Ahsa'i attacha une grande importance à la lettre arabe "Vav". Dans sa Chronique, Nabil déclare que cette lettre "symbolisait, pour le Bab, l'avènement d'un nouveau cycle de révélation divine et que Baha'u'llah, depuis, y a fait allusion dans certains passages du Kitab-i-Aqdas en tant que "mystère du grand renversement" et "le signe du Souverain".

Le nom de la lettre "Vav" consiste en trois lettres : Vav, Alif, Vav. Suivant le calcul abjad, la valeur numérique respective de chacune de ces lettres est 6, 1, et 6. Shoghi Effendi, dans une lettre écrite de sa part à un croyant de l'Est, fournit une interprétation de ce verset de l'Aqdas. Il déclare que l'"Alif dressé" se rapporte à l'avènement du Bab. La première lettre, avec sa valeur de six, qui précède l'Alif, est le symbole des dispensations et manifestations antérieures au Bab, alors que la troisième lettre, dont la valeur numérique est également six, représente la suprême révélation de Baha'u'llah, qui fut rendue manifeste après l'Alif.

173

Il vous a été interdit de porter des armes, sauf en cas de nécessité,... ¶159

Baha'u'llah confirme une injonction contenue dans le Bayan, qui rend illégal le port d'armes, à moins que celui-ci ne soit nécessaire. Quant aux circonstances dans lesquelles le port d'armes pourrait s'avérer "indispensable" pour un individu, Abdu'l-Baha l'autorise au croyant en situation dangereuse, pour sa protection. Shoghi Effendi, dans une lettre écrite de sa part, a indiqué également qu'en cas d'urgence, quand il n'y a pas de force légale proche à laquelle on peut faire appel, il est légitime pour un baha'i de défendre sa vie. Il existe un certain nombre d'autres situations où les armes sont nécessaires et peuvent être utilisées légitimement; par exemple, dans les pays où l'on chasse pour se nourrir et pour se vêtir, ainsi que dans les sports comme le tir à l'arc, le tir d'adresse et l'escrime.

Au niveau social, le principe de la sécurité collective énoncé par Baha'u'llah (voir Extraits des Ecrits de Baha'u'llah, chapitre CXVII) et développé par Shoghi Effendi (voir les Lettres du Gardien dans L'Ordre mondial de Baha'u'llah) ne présuppose pas l'abolition de l'usage de la force, mais prescrit "un système dans lequel la force est mise au service de la justice", et qui prévoit l'existence d'une force internationale pour la sauvegarde de la paix qui "protégera l'unité organique de la fédération tout entière". Dans la Tablette de Bisharat, Baha'u'llah exprime l'espoir que "les armes de guerre à travers le monde puissent être converties en instruments de reconstruction, et que les dissensions et les conflits puissent être écartés du monde".

Dans cette même tablette, Baha'u'llah souligne l'importance de la fraternité entre les disciples de toutes les religions; il déclare aussi que "la loi de la guerre sainte a été rayée du Livre".

174

... et il vous est permis de vous vêtir de soie. ¶159

Suivant la pratique islamique, le port de la soie par les hommes était généralement interdit, sauf en période de guerre sainte. Cette interdiction, qui ne reposait pas sur des versets du Qur'an, fut abrogée par le Bab.

175

Le Seigneur,... a supprimé les anciennes restrictions concernant les vêtements et la taille de la barbe. ¶159

De nombreuses règles sur l'habillement trouvaient leur origine dans les lois et les pratiques traditionnelles des religions du monde. Par exemple, le clergé shi`ih adopta pour lui-même une coiffure et des vêtements distinctifs et, à une certaine époque, interdit au peuple le port de vêtements européens. La pratique musulmane, dans son désir de répandre la coutume du Prophète, introduisit également un certain nombre de restrictions quant à la taille de la moustache et la longueur de la barbe.

Baha'u'llah leva de telles restrictions sur le vêtement et la barbe. Il laisse ces questions à la "discrétion" de l'individu et, en même temps, il appelle les croyants à ne pas transgresser les limites de la bienséance et à exercer la modération dans tout ce qui touche à l'habillement.

176

ô Terre de Kaf et Ra ! ¶164

Kaf et Ra sont les deux premières consonnes de Kirman, le nom d'une ville et d'une province d'Iran.

177

... Nous percevons ce qui se diffuse secrètement et furtivement de toi. ¶164

Ce passage a trait aux intrigues d'un groupe d'azalis, disciples de Mirza Yahya, (voir note 190), associé à la ville de Kirman. Parmi eux se trouvaient Mulla Ja`far, son fils Shaykh Ahmad-i-Ruhi et Mirza Aqa Khan-i-Kirmani (tous deux gendres de Mirza Yahya), ainsi que Mirza Ahmad-i-Kirmani. Ils ne cherchèrent pas seulement à ébranler la foi, mais se mêlèrent aux intrigues politiques qui culminèrent dans l'assassinat de Nasiri'd-Din Shah.

178

Souvenez-vous du shaykh qui répondait au nom de Muhammad-Hasan,... ¶166

Shaykh Muhammad-Hasan, un des principaux interprètes de l'islam shi`ih, rejeta le Bab. Auteur d'écrits volumineux sur la jurisprudence shi`ih, sa mort est signalée aux alentours de 1850. Nabil, dans sa Chronique, décrit la rencontre qui eut lieu à Najaf entre Mulla `Aliy-i-Bastami, une des Lettres du Vivant, et Shaykh Muhammad-Hasan. Au cours de la réunion, Mulla `Ali annonça la manifestation du Bab et loua la puissance de sa révélation. A l'instigation du shaykh, Mulla `Ali fut sur le champ déclaré hérétique et expulsé de la réunion. Il fut jugé, transféré à Istanbul, et condamné aux travaux forcés.

179

... qu'un tamiseur de blé et d'orge... ¶166

Ceci est une allusion à Mulla Muhammad Ja`far Gandum-Pak-Kun, la première personne d'Isfahan à accepter la foi du Bab. Il est cité dans le Bayan persan, et loué comme l'un de ceux qui "revêtirent la robe de disciple". Dans sa Chronique, Nabil décrit l'acceptation sans réserve du message par le "tamiseur de blé", et son plaidoyer zélé en faveur de la nouvelle révélation. Il rejoignit la compagnie des défenseurs du fort de Shaykh Tabarsi et périt durant ce siège.

180

Prenez garde que le mot "prophète" ne vous retienne loin de cette très Grande Nouvelle,... ¶167

Baha'u'llah avertit les gens doués "de discernement" de ne pas permettre à leurs interprétations des écrits saints de les empêcher de reconnaître la manifestation de Dieu. La dévotion envers leur fondateur fit que les croyants de toutes les religions eurent tendance à considérer sa révélation comme la parole finale de Dieu, et de rejeter ainsi la possibilité de l'apparition d'un prophète ultérieur. Ceci fut le cas pour le judaïsme, le christianisme et l'islam. Baha'u'llah rejette la validité de ce concept de finalité, tant pour les dispensations passées que pour la sienne. En ce qui concerne les musulmans, il a écrit dans le Kitab-i-Iqan que le "peuple du Qur'an ... a permis aux mots "Sceau des prophètes" de voiler leurs yeux, d'obscurcir leur entendement et de les priver de la grâce de toutes ses multiples bontés !" Il affirme que "ce sujet fut ... une épreuve sévère pour toute l'humanité", et se lamente sur le sort de "ceux qui, s'accrochant à ces mots, n'ont pas cru en lui qui est leur véritable révélateur". Le Bab se réfère à ce même sujet lorsqu'il met en garde : "Ne laissez pas de noms vous séparer, comme le ferait un voile, de celui qui est leur Seigneur. même le nom de prophète, car un tel nom n'est qu'une création de sa parole".

181

... qu'une référence à la "vice-royauté" ne vous éloigne de la souveraineté de celui qui est le vice-roi de Dieu... ¶167

Le mot traduit ici par "vice-royauté" est, dans l'original arabe, "vilayat", qui a toute une série de significations, y compris "vice-royauté", "gardiennat", "protectorat" et "successorat". Il est utilisé en rapport avec Dieu Lui-même, sa manifestation, ou ceux qui sont les successeurs désignés d'une manifestation.

Dans ce verset de l'Aqdas, Baha'u'llah met en garde contre le fait de laisser de tels concepts nous empêcher de voir la "souveraineté" de la nouvelle manifestation divine, le véritable "vice-roi de Dieu".

182

Souvenez-vous de Karim... ¶170

Haji Mirza Muhammad Karim Khan-i-Kirmani (1810 circa 1873) s'était auto-désigné chef de la communauté shaykhie après la mort de Siyyid Kazim, le successeur désigné de Shaykh Ahmad-i-Ahsa'i (voir note 171 et note 172). Il se consacra à la promotion des enseignements de Shaykh Ahmad. Les opinions qu'il exprima devinrent le sujet de controverses, tant parmi ses partisans que parmi ses opposants.

Considéré comme un des savants éminents et des auteurs prolifiques de son temps, il écrivit de nombreux livres et épîtres dans les différents domaines de l'érudition cultivée à l'époque. Il s'opposa activement au Bab et à Baha'u'llah, et utilisa ses traités pour attaquer le Bab et ses enseignements. Dans le Kitab-i-Iqan, Baha'u'llah condamne le ton et la teneur de ses écrits et choisit pour en faire la critique, un des ouvrages renfermant des allusions négatives sur le Bab. Shoghi Effendi le définit comme "démesurément ambitieux et hypocrite" et décrit comment, "à la demande expresse du shah il avait, dans un traité, vicieusement attaqué la foi nouvelle et ses doctrines".

183

... ô vous les savants en Baha. ¶173

Baha'u'llah fait l'éloge des savants parmi ses disciples. Dans le Livre de son alliance, il a écrit : "Bénis sont les dirigeants et les savants parmi le peuple de Baha". Se référant à cette déclaration, Shoghi Effendi écrivit :

En ce cycle saint, les "savants" sont d'une part, les Mains de la cause de Dieu et d'autre part, les enseignants et les diffuseurs de ses enseignements qui n'ont pas le même rang que les Mains, mais qui ont atteint une position éminente dans le travail d'enseignement. Quant aux "dirigeants", ce mot se réfère aux membres des maisons locales, nationales et internationale de justice. Les devoirs de chacune de ces âmes seront définis dans l'avenir.

Les Mains de la cause de Dieu étaient des personnes désignées par Baha'u'llah et chargées de diverses tâches, en particulier de la protection et de la propagation de sa foi. Dans Memorials of the Faithful, Abdu'l-Baha se réfère à d'autre croyants éminents comme Mains de la cause et dans son Testament, il inclut une clause appelant le Gardien de la foi à nommer des Mains de la cause à sa discrétion. Shoghi Effendi, dans un premier temps, éleva au rang de Mains de la cause à titre posthume un certain nombre de croyants, et durant les dernières années de sa vie, il nomma un total de trente-deux croyants de tous les continents à cette position. Dans la période comprise entre le décès du Gardien en 1957 et l'élection de la Maison Universelle de Justice en 1963, les Mains de la cause dirigèrent les affaires de la foi en tant que régisseurs en chef de la fédération mondiale embryonnaire de Baha'u'llah (voir note 67). En novembre 1964, la Maison Universelle de Justice décida qu'elle ne pouvait légiférer pour rendre possible la désignation de Mains de la cause. A la place, et par une décision de la Maison de justice de 1968, les fonctions des Mains de la cause quant à la protection et à la propagation de la foi furent étendues dans le futur par la création des Corps continentaux de conseillers et en 1973, par l'établissement du Centre international d'enseignement, qui a son siège en Terre Sainte.

La Maison Universelle de Justice nomme les conseillers membres du Centre international d'enseignement et les conseillers continentaux. Les membres des corps auxiliaires sont nommés par les conseillers continentaux. Toutes ces personnes rentrent dans le cadre de la définition de "savants" donnée par Shoghi Effendi dans la déclaration citée plus haut.

184

... adressez-vous pour tout ce que vous ne comprenez pas dans le Livre à celui qui est la Branche issue de cette puissante Souche. ¶174

Baha'u'llah investit Abdu'l-Baha du droit d'interpréter ses Ecrits saints (voir également note 145).

185

... l'école de la transcendante unicité. ¶175

Dans ce verset et dans ceux qui lui font immédiatement suite, Baha'u'llah affronte une des raisons pour lesquelles certains babis rejetèrent sa revendication d'être le Promis du Bayan. Leur rejet reposait sur une tablette adressée par le Bab à "Celui qui sera rendu manifeste", et au dos de laquelle le Bab avait écrit : "Puissent les regards de Celui que Dieu rendra manifeste, illuminer cette lettre à l'école première". Cette tablette est publiée dans Sélection des Ecrits du Bab.

Ces babis maintinrent que, puisque Baha'u'llah avait deux ans de plus que le Bab, il ne lui était pas possible de recevoir cette tablette "à l'école première".

Baha'u'llah explique ici que la référence se rapporte à des événements qui se passent dans les mondes spirituels, au-delà de ce plan d'existence.

187

ô peuple du Bayan ! ¶176

Référence aux disciples du Bab.

188

... soient jointes et liées les lettres du mot "sois"... ¶177

Shoghi Effendi, dans des lettres écrites de sa part, expliqua la signification des "lettres S, O, I, S". Elles constituent le mot "Sois" qui, déclare-t-il, "signifie le pouvoir créateur de Dieu qui, par son commandement, appelle toutes choses à l'existence" et "le pouvoir de la manifestation de Dieu, sa grande force créatrice spirituelle".

L'impératif "sois" dans l'original arabe est le mot "kun", qui se compose des deux lettres : "kaf" et "nun". Shoghi Effendi les a traduites comme ci-dessus. Ce mot a été utilisé dans le Qur'an comme l'ordre de Dieu appelant la création à l'existence (Note de l'éditeur : Les écrits de Shoghi Effendi contenaient les lettres "B" et "E" formant en anglais l'impératif "be", dont la traduction française est "sois". Ce mot de deux lettres en anglais convenait parfaitement pour rendre l'impératif, qui en arabe est également de deux lettres. Malheureusement nous n'avons pas cet avantage en français.).

189

... ce nouvel ordre mondial. ¶181

Dans le Bayan persan, le Bab déclara : "Heureux celui qui fixe son regard sur l'ordre de Baha'u'llah et qui rend grâce à son Seigneur. Car il sera assurément rendu manifeste. Dieu, en vérité, l'a irrévocablement décrété dans le Bayan". Shoghi Effendi identifie cet "ordre" avec le système que Baha'u'llah envisage dans l'Aqdas, dans lequel il témoigne de son effet révolutionnaire sur la vie de l'humanité, et révèle les lois et principes qui régissent son fonctionnement.

La physionomie du "nouvel ordre mondial" se trouve esquissée dans les écrits de Baha'u'llah et d'Abdu'l-Baha, dans les lettres de Shoghi Effendi et de la Maison Universelle de Justice. Les institutions de l'ordre administratif baha'i actuel, qui constituent les "bases structurales" de l'ordre mondial de Baha'u'llah, parviendront à maturité et évolueront en fédération mondiale baha'ie. A ce sujet, Shoghi Effendi affirme que l'ordre administratif, "dès que ses parties composantes, ses institutions organiques, commenceront à fonctionner avec efficacité et vigueur, fera valoir sa revendication et démontrera sa capacité à être considéré non seulement comme le noyau, mais comme le seul modèle du nouvel ordre mondial appelé à embrasser, dans la plénitude des temps, l'humanité tout entière".

Pour toute information complémentaire sur l'évolution de ce nouvel ordre mondial, voir par exemple, les Lettres de Shoghi Effendi publiées dans L'Ordre mondial de Baha'u'llah.

190

ô source de perversion ! ¶184

Ceci se réfère à Mirza Yahya, connu sous le nom de Subh-i-Azal (Matin d'éternité), un demi-frère plus jeune de Baha'u'llah, qui se dressa contre lui et s'opposa à sa cause. Mirza Yahya fut désigné par le Bab comme figure de proue de la communauté babie en attendant l'imminente manifestation du Promis. A l'instigation de Siyyid Muhammad-i-Isfahani, (voir note 192), Mirza Yahya trahit la confiance du Bab, proclama être son successeur et intrigua contre Baha'u'llah, tentant même de le faire assassiner. Lorsque Baha'u'llah, à Andrinople, lui déclara formellement sa mission, Mirza Yahya répondit en allant jusqu'à avancer sa propre revendication d'être le récipiendaire d'une révélation indépendante. Ses prétentions furent, en fait, rejetées par tous, à l'exception de quelques-uns qui furent dès lors connus sous le nom d'azalis (voir note 177). Il est décrit par Shoghi Effendi comme l'"Archibriseur de l'alliance du Bab" (voir Dieu passe près de nous, chapitre X).

191

Souviens-toi ... comment nous t'avons nourri jour et nuit pour le service de la cause. ¶184

Dans Dieu passe près de nous, Shoghi Effendi fait allusion au fait que Baha'u'llah, qui avait treize ans de plus que Mirza Yahya, le conseilla et veilla sur lui de sa jeunesse à sa maturité.

192

Dieu s'est emparé de celui qui t'a égaré. ¶184

Une référence à Siyyid Muhammad-i-Isfahani, décrit par Shoghi Effendi comme "l'Antéchrist de la révélation baha'ie". C'était un homme au caractère corrompu et ayant une grande ambition personnelle, qui poussa Mirza Yahya à s'opposer à Baha'u'llah et à se proclamer lui-même prophète (voir note 190). Bien que partisan de Mirza Yahya, Siyyid Muhammad fût exilé avec Baha'u'llah à `Akka. Il continua à exciter l'opinion publique et à comploter contre Baha'u'llah. En décrivant les circonstances de sa mort, Shoghi Effendi écrivit dans Dieu passe près de nous :

Un nouveau danger, c'était évident, menaçait à présent la vie de Baha'u'llah. Bien qu'il eût rigoureusement interdit à ses fidèles, à plusieurs reprises, tant verbalement que par écrit, toute action de représailles contre leurs bourreaux, et qu'il eût même renvoyé à Beyrouth un Arabe converti, irresponsable, qui méditait de venger les torts endurés par son chef bien-aimé, sept de ses compagnons recherchèrent et tuèrent clandestinement trois de leurs persécuteurs, parmi lesquels se trouvaient Siyyid Muhammad et Aqa Jan.

La consternation qui s'empara d'une communauté déjà accablée fut indescriptible. L'indignation de Baha'u'llah ne connut plus de bornes. Dans une tablette révélée peu de temps après que cet acte eut été commis, Baha'u'llah exprima ainsi son émotion : "S'il nous fallait faire mention de ce qui nous est arrivé, les cieux se fendraient et les montagnes s'écrouleraient". "Ma captivité", écrit-il en une autre occasion, "ne peut me faire de mal. Ce qui peut me faire du mal, c'est la conduite de ceux qui m'aiment, qui se réclament de moi, et qui pourtant commettent ce qui fait gémir mon coeur et ma plume".

193

Choisissez une seule langue ... adoptez une écriture commune. ¶189

Baha'u'llah enjoint l'adoption d'une langue et d'une écriture universelles. Ses écrits envisagent un processus en deux étapes. La première étape doit consister en la sélection d'une langue existante, ou d'une langue inventée, qui sera alors enseignée dans toutes les écoles du monde comme langue auxiliaire aux langues maternelles. Les gouvernements du monde, par l'intermédiaire de leurs parlements, sont invités à effectuer cette promulgation capitale. La seconde étape, dans un avenir lointain, serait l'adoption finale d'une seule langue et d'une écriture commune à tous les habitants de la terre.

194

Nous avons désigné deux signes pour la maturité de la race humaine :... ¶189

Le premier signe de la maturité de la race humaine dont il est question dans les Ecrits de Baha'u'llah, est l'émergence d'une science décrite comme cette "philosophie divine" qui comprendra la découverte d'une approche radicalement différente de la transmutation des éléments. C'est là une indication des splendeurs du développement prodigieux de la connaissance dans l'avenir.

En ce qui concerne le "second" signe, dont Baha'u'llah indique qu'il a été révélé dans le Kitab-i-Aqdas, Shoghi Effendi déclare que Baha'u'llah, "... dans son Plus Saint Livre, a enjoint le choix d'une seule langue et l'adoption d'une écriture commune destinées à être utilisées par tous les habitants de la terre, une injonction qui, lorsqu'elle sera respectée devrait, comme il l'affirme lui-même dans ce Livre, être l'un des signes de "la maturité de la race humaine".

La déclaration suivante de Baha'u'llah permet de mieux saisir encore ce processus de l'entrée de l'humanité dans l'âge adulte et de son cheminement vers la maturité :

Un des signes de la maturité du monde est que nul n'acceptera de porter le poids de la royauté. La royauté ne trouvera personne qui souhaite porter seul son poids. Ce jour sera le jour où la sagesse sera manifestée parmi le genre humain.

Shoghi Effendi a associé l'âge adulte de la race humaine à l'unification de l'humanité tout entière, à l'établissement d'une fédération mondiale, et à une stimulation sans précédent de "la vie intellectuelle, morale et spirituelle de la race humaine tout entière".

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